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«LDT» raconte son expérience dans un CHSLD

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«Jouer au Super Bowl, par rapport au fait de retourner dans le système médical durant une pandémie, c’est totalement différent. En février, je savais que plus de 100 millions de personnes allaient regarder le match et je voulais gagner. Quand tu vas aider, c’est un devoir en tant que médecin et citoyen. Ce n’est pas le moment de jouer au héros et d’être impulsif.» 

C’est dans ses mots que le garde à droite des Chiefs de Kansas City, Laurent Duvernay-Tardif, a raconté lundi au magazine Sports Illustrated son expérience en première ligne dans un CHSLD de Saint-Jean-sur-Richelieu, au cours des derniers jours.  

Le docteur avait remporté le Super Bowl par 31-20 face aux 49ers de San Francisco le 2 février, s’est offert des vacances bien méritées et depuis, la vie a basculé en pleine pandémie de la COVID-19. 

À son retour au Québec, après deux semaines d’isolement, il a proposé ses services à la santé publique, qui a préféré initialement lui confier un rôle de porte-parole pour reléguer le message auprès des jeunes. Or, depuis ce weekend, il a été mis à contribution dans un rôle d’infirmier et de préposé aux bénéficiaires. 

«Il faut prendre ça au sérieux quand vient le temps de te laver les mains, de ne rien toucher. Je sais que ça semble ridicule, ce sont des choses très simples. Mais quand tu te retrouves dans une institution de soins de longue durée où il y a des cas, tu sais que tu seras exposé si tu ne prends pas toutes les précautions. Tu sais qu’il y a des risques», confie-t-il dans un texte fleuve sur le site SI.com. 

Un visage connu 

Évidemment, dans son nouvel environnement de travail, Duvernay-Tardif ne passe pas inaperçu. 

«C’est étrange de penser qu’il y a 10 semaines, je jouais dans le plus grand match sportif qui soit. Je me le suis fait rappeler quand je me suis retrouvé aux installations. Quelqu’un qui m’entraînait m’a dit : "C’est toi le joueur de football, n’est-ce pas?" Quand j’ai répondu "oui", il m’a dit : "Et tu viens juste de gagner le Super Bowl!" "En effet, que je lui ai dit, et maintenant je veux seulement aider"», raconte le diplômé de l’Université McGill dans l’article qu’il signe. 

Duvernay-Tardif explique que son premier quart de travail s’est déroulé vendredi et qu’il a tôt fait de décrocher du reste. 

«Je me sentais nerveux la soirée d’avant, mais un bon stress, comme à la veille d’un match. J’ai pris soin de tout préparer l’équipement à apporter. À ce moment-là, je ne savais même pas que les Chiefs venaient de repêcher un porteur de ballon en première ronde, Clyde Edwards-Helaire, un futur coéquipier pour qui je vais bloquer. 

«J’étais épuisé après ma première journée, mais j’avais déjà hâte d’y retourner», ajoute-t-il. 

L’accord des Chiefs 

Avant de se lancer, Duvernay-Tardif a dû vérifier auprès de son employeur, les Chiefs, que son contrat ne l’empêchait pas d’intervenir en première ligne. 

«Ils ont été incroyables. Ils sont fiers du fait que je souhaite aider. Ils ont dit qu’ils allaient me soutenir», indique le joueur de ligne offensive de 29 ans. 

«En premier lieu, je me suis inscrit pour un cours rapide, où j’ai revu la base concernant le port de la blouse chirurgicale et toutes les étapes de désinfection. C’est ce qui est plus important que tout, pour se protéger et pour protéger les patients. Je savais que je me retrouverais dans un établissement de soins de longue durée parce que c’est là qu’on a besoin d’aide au Québec et au Canada. Nous avons été durement frappé dans ces endroits.» 

Autre implication  

Duvernay-Tardif est par ailleurs impliqué dans un comité avec l’Association des joueurs de la NFL afin d’évaluer différents scénarios quant au retour éventuel du football. 

«On regarde comment les équipes vont s’entraîner, comment elles vont voyager et de quelle manière les matchs pourront être présentés. Puisque la NFL est une ligue pleine de ressources, tous les scénarios sont sur la table. 

«Il est trop tôt pour dire quand le sport reviendra ou ce à quoi ça ressemblera. Tout ce que je peux dire c’est que si nous ne recommençons pas en septembre, en sachant l’importance que le football a pour une nation et à quel point il y a de l’argent derrière cette énorme industrie, c’est qu’il y aura alors des problèmes bien plus gros que de ne pas jouer au football», conclut-t-il.

(Dans la vidéo ci-dessus, voyez l’entrevue accordée récemment par «LDT».)