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Crédit : AFP

LNH

«Je ne sais pas comment j’aurais pu surmonter ça sans Mario» - Pierre Larouche

«Je ne sais pas comment j’aurais pu surmonter ça sans Mario» - Pierre Larouche

Louis Jean

Publié 27 avril 2020
Mis à jour 27 avril 2020

Question quiz. Qui détient le record de buts en une saison à la position de centre chez les Canadiens de Montréal?   

Ce Québécois est aussi le premier joueur à avoir marqué 50 buts avec deux équipes différentes. Wayne Gretzky, Jaromir Jagr, Teemu Selanne, Alexander Mogilny, Pavel Bure et Pat Lafontaine ont réussi l'exploit par la suite.  

La réponse: Pierre Larouche. Il a en effet marqué 50 buts en 1979-1980 dans l'uniforme du Tricolore. Quarante ans plus tard, ce record tient toujours.   

«On m’en parle souvent, m'a-t-il dit lorsque joint à son domicile de Pittsburgh. C’est certain que c’est quelque chose de spécial. Je jouais avec Guy Lafleur et Steve Shutt. Guy avait aussi marqué 50 buts cette année-là et Shutt 48. On avait une équipe très offensive. C’est certain que ce que je retiens surtout, ce sont les coupes Stanley, mais ç'a été des moments mémorables avec le Canadien.»   

D’ailleurs, «Lucky Pierre», comme on l’a surnommé à sa première année à Pittsburgh, a atteint le plateau de 50 buts à deux reprises dans la LNH.   

«Je crois vraiment que tout arrive pour une raison dans la vie, a-t-il indiqué. La première fois que j’ai marqué 50 buts, j’étais le 16e joueur de l’histoire à atteindre ce plateau. Je suis né le 16 novembre et je portais le numéro 16 lorsque je jouais avec Sorel dans la LHJMQ. C’est comme si les astres étaient alignés.»   

Une très courte rencontre avec Pollock   

Deux fois champion de la coupe Stanley avec les Canadiens, Larouche a vécu un rêve d’enfant en jouant pour le CH.   

«On gagnait bien notre vie, mais on ne jouait pas pour l’argent dans ce temps-là, a-t-il avoué. Je gagnais 40 000 $ à ma première saison dans la LNH, mais pour moi c’était tout un contraste par rapport aux 10 $ par semaine dans la LHJMQ. Ma grosse saison avec le Canadien, je faisais 75 000 $.   

«Je me souviens d’une négociation de contrat avec le directeur général Sam Pollock. J’avais connu une bonne saison et on avait gagné la coupe Stanley. À cette époque, on n'allait pas négocier avec un avocat ou un agent, on était seul avec le DG. Les gars m’avaient dit de me préparer des arguments à l’avance.   

«Lorsque je suis arrivé dans le bureau de Pollock, il m’a complimenté et m’a parlé de ma contribution. Avant même que j’aie le temps d’amorcer la négociation, il m’a présenté un contrat et m'a rappelé que le Canadien avait gagné 21 coupes avant moi. C’en était terminé de ma négociation. Les gars m’ont bien taquiné!»   

L'effet Mario Lemieux   

Plus de 30 ans après avoir accroché ses patins, Larouche demeure très impliqué dans le hockey. Depuis 1999, il habite à Pittsburgh, la ville où il a amorcé sa carrière. Le natif de Taschereau, en Abitibi, a pu voir l’équipe renaître de ses cendres grâce à Mario Lemieux.   

«Lorsque Mario a décidé d’acheter l’équipe, il a dit aux partisans qu’il allait rebâtir par le repêchage, mais qu’il avait besoin de leur appui, a expliqué Larouche. Ils lui ont fait confiance et ç'a permis d’aller chercher Marc-André Fleury, Evgeni Malkin, Kristopher Letang, Jordan Staal et Sidney Crosby.   

«Ce n’était pas évident parce qu’on se faisait souvent battre 7-0 ou 8-1. Mais les partisans ont supporté l’équipe par respect pour Mario. Plusieurs joueurs auraient pu partir, mais ils respectaient tellement Mario. Ç'a pris cinq ou six ans, mais il a livré la marchandise.   

«En cette crise de la COVID-19, lui et Ron Burkle (le co-propriétaire des Penguins) continuent de payer le salaire des employés. C’est ça Mario Lemieux. Il a le cœur gros comme la province de Québec.»   

Influencé par deux grands Québécois   

«Quand je pense à ma carrière, c’est intéressant de voir l’impact que Mario et Guy (Lafleur) ont eu sur moi, a indiqué Larouche. Guy a été mon garçon d’honneur à mon mariage. J’ai beaucoup appris de lui. Et puis Mario a eu une grande influence dans ma vie. C’est un homme exceptionnel et je me considère choyé de dire qu’il est mon meilleur ami.   

«Je ne sais pas comment j’aurais pu surmonter le décès de mon épouse, qui a été emportée par le cancer il y a trois ans, sans Mario. La façon dont lui et Nathalie, son épouse, ont élevé leurs enfants en dit long. Ce sont des parents et des personnes exemplaires.»   

Lemieux était une verte recrue lorsque les deux hommes se sont liés d’amitié. Ils ont établi un lien tellement fort que Larouche jure que l’ancienne vedette des Penguins le ménageait sur la glace.   

«J’ai une photo sur une mise en jeu où la rondelle est sur la glace et ni Mario, ni moi, n’avons bougé notre bâton. Il ne voulait pas me faire mal paraître!   

«Je me souviens d’un avantage numérique, lorsque je jouais pour le Rangers de New York... Mario avait la rondelle et il s’en venait vers moi. Je lui ai jeté un regard qui voulait dire de ne pas faire de niaiseries! Il a pivoté et s’est moqué de Ron Greschner avant d’aller marquer un but. Pour moi, il était tellement impressionnant comme joueur. Il me faisait penser à Jean Béliveau tellement il jouait avec grâce sur la patinoire.»   

Une équipe qui a tout pour gagner   

Conseiller de Lemieux et des Penguins, Larouche ne manque pas un match de l’équipe. Il discute régulièrement avec les joueurs pour leur partager des conseils et leur dire ce qu’il voit du haut de la loge.   

«Je crois que les Penguins ont tout ce qu’il faut pour gagner encore cette année. L’équipe jouait de l’excellent hockey avant la pause. Matt Murray était en grande forme. Cet arrêt forcé va permettre à certains joueurs blessés comme Jake Guentzel de revenir au jeu. Ça ne va qu’aider l’équipe.»   

Mais comme c’était le cas lorsque Lemieux jouait, tout passe par Sidney Crosby.   

«Je l’ai vu la semaine passé. Il attend juste le retour du hockey. Il fait du patin à roues alignées. Je lui ai dit de faire attention et de ne pas se péter la gueule!»   

Quand le hockey reprendra, Larouche sera fidèle à son poste, comme au cours des deux dernières décennies, aux côtés de son bon ami Mario, prêt à encourager les Penguins.