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Repêchage 2020 de la LNH

Et si on refaisait le repêchage de 2009...

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La dernière fois que le repêchage de la Ligue nationale de hockey s’est déroulé à Montréal, c’était en 2009.        

Encore aujourd’hui, les partisans des Canadiens se rappellent de toute la frénésie entourant la sélection tant attendue d’un produit québécois au premier tour (18e au total) : l’attaquant Louis Leblanc, appelé 18e au total sous les acclamations d’une foule hyper enthousiaste. Tout ça pour un joueur qui aura finalement disputé seulement 50 matchs avec le CH...                  

Ce n’est cependant pas ce qu’il faudrait retenir de cette séance, mais plutôt le fait que la cuvée 2009 était d’une qualité exceptionnelle.         

Comme le repêchage est loin d’être une science exacte, en examinant les choix effectués il y a 11 ans, on constate cependant certaines erreurs, mais aussi de bons coups après-coup.         

Refaisons-le en s’inspirant du même exercice réalisé par le site LNH.com avec l’aide de 30 experts en la matière.         

Deux évidences         

Si l’attaquant John Tavares reste un tout premier choix incontesté après toutes ces années (par les Islanders de New York, faut-il le rappeler...), c’est aussi le cas pour le deuxième, le défenseur Victor Hedman, encore propriété du Lightning de Tampa Bay.         

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Par contre, on peut débattre du dernier membre du top 3. En fait, pas tant que ça!        

3 - Ryan O’Reilly        

Originalement, l’honneur est revenu à Matt Duchene. Or, si c’était à recommencer, parions que l’Avalanche du Colorado jetterait plutôt son dévolu sur Ryan O’Reilly.         

Qu’à cela ne tienne, les anciens Nordiques ont eu le luxe de pouvoir choisir ces deux attaquants successivement à cet encan!         

Ce qui est étonnant dans le cas d’O’Reilly, c’est qu’il a été ignoré par toutes les équipes au premier tour. Il a fallu attendre la 33e sélection pour entendre enfin son nom. Il ferait donc un prodigieux bond de 30 places si c’était à refaire!         

Duchene compte certes 30 points que plus que lui (589 contre 559), mais O’Reilly se démarque par ses récents accomplissements. Au cours des 12 derniers mois, il a en effet aidé les Blues de St. Louis à remporter la Coupe Stanley pour la première fois de leur histoire, décrochant au passage le titre de joueur le plus utile des séries éliminatoires, en plus de participer au match des étoiles et d’empiler 61 points (12 buts, 49 aides) dans les 71 premières rencontres de la saison actuellement suspendue.         

Son excellence dans les deux sens du jeu a contribué à ce que les Blues trônent en tête dans la section Centrale et dans toute l’Association de l’Ouest au moment de l’interruption des activités, le 12 mars.         

Seul Tavares a produit plus qu’eux depuis leur début dans le circuit Bettman. Et de loin! Il affiche au compteur presqu’un point par match (769 en 814 rencontres).         

Que le vrai débat commence!         

C’est à partir du quatrième élu que les opinions divergent. Chose certaine, Evander Kane ne partirait pas aussi rapidement! Le polarisant attaquant devrait cette fois prendre son mal en patience...        

4 - Matt Duchene        

Si certains observateurs, comme ceux du site officiel de la LNH, auraient préféré Brayden Schenn à Kane, le TVASports.ca opterait davantage pour Duchene.         

Ce dernier est assurément moins polyvalent et physique que Schenn (sélectionné cinquième), mais il produit bien plus. On note quand même une différence nette de 159 points (430 contre 589 pour Duchene). Ce qui équivaut à deux solides saisons de 80 points!         

5 - Oliver Ekman-Larsson        

Pour boucler notre top 5, allons-y avec (roulement de tambour...) un deuxième défenseur, en l’occurrence Oliver Ekman-Larsson, choisi à l’époque sixième par les Coyotes de Phoenix (de l’Arizona de nos jours).         

Il est l’arrière le plus utilisé de la cuvée 2009 avec un temps de glace moyen de 24 minutes 29 secondes. C’est une minute de plus que Hedman (23:35), deuxième de sa promotion à ce chapitre.         

Pour ce qui est des points, il n’est devancé que par Hedman avec 364 contre 473.        

Le quart-arrière des «Yotes» est également très résistant. Il a raté seulement 17 matchs depuis sa première saison complète, en 2011-2012.         

6 - Evander Kane         

Bon, Kane a assez poireauté... Au sixième rang, c’est le temps de le repêcher!         

S’il fait souvent parler de lui pour les mauvaises raisons (il domine d’ailleurs tous les autres joueurs choisis en 2009 pour les minutes de pénalité avec 946, sans compter ses suspensions), il n’a rien à envier à des joueurs nommés plus haut sur le plan des statistiques. Il se classe troisième du groupe pour les buts avec 242 (loin derrière Tavares (345), mais à seulement trois de Duchene) et cinquième pour les points (457).         

Justement, avant la pause forcée causée par la COVID-19, Kane était en voie de connaître une deuxième saison de suite d’au moins 30 buts (il en avait enfilé 26).        

7 - Brayden Schenn          

Pour la septième position, après hésitation, allons-y avec Schenn. C’est ici que s’arrête sa chute!          

Aucun autre joueur encore disponible n’a fracassé, comme lui, la barre des 400 points (430).         

Qui plus est, Schenn est efficace partout sur la glace et il sait utiliser son physique à bon escient.         

Day 2 of the floor during rounds of the 2009 NHL Entry Draft at the Bell Centre in Montreal Saturday June 27, 2009.s
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Hoffman sort de sa cachette!         

Comme dans tout repêchage, certaines cartes autrefois cachées se révèlent être d’intéressants atouts des années plus tard. On peut certainement placer Mike Hoffman dans cette catégorie. Dans son cas, il était plus que caché, il était enfoui profondément!         

8 - Mike Hoffman         

Sélectionné au cinquième tour (129e au total) par les Sénateurs d’Ottawa il y a 11 ans, l’attaquant appartenant maintenant aux Panthers sortirait bien avant en 2020. Faisons-lui faire un vertigineux saut de 121 places... jusqu’à la 8e!         

Comme Kane, Hoffman se dirigeait allégrement vers une deuxième saison d’affilée d’au moins 30 buts. Il n’était qu’à une réussite d’atteindre ce plateau, après avoir établi un sommet personnel en 2018-2019 avec 36 buts.         

D’ailleurs, s’il n’avait pas percé autant tardivement, Hoffman aurait amassé beaucoup plus de points. Limité à 493 matchs, soit exactement 300 de moins que Duchene (!), il totalise tout de même 359 points.         

Cet exemple n’est pas un hasard : en calculant le pourcentage de point par match, on arrive sensiblement au même résultat dans les deux cas!         

Si Hoffman était parvenu à faire plus rapidement sa place dans la LNH, il faudrait lui ajouter au bas mot 200 points. Mais bon, on connaît l’expression «avec des si»...         

De la suite dans les idées...         

Pour poursuivre dans la même veine, à l’image de Hoffman, Tyson Barrie a aussi dû ronger son frein avant d’être sélectionné. Mais pas aussi longtemps quand même!         

9 - Tyson Barrie         

Choisi 64e (non mais quel repêchage pour l’Avalanche!), il occupe le neuvième rang de notre «re-repêchage».        

Et pour cause! Barrie a le même ratio de point par match que Hedman (0,62), le meilleur parmi les défenseurs du millésime 2009.        

Il a donc un autre point en commun avec Hoffman. S’il s’était lui aussi développé avant... Bon, passons au 10e échelon!         

10 - Nazem Kadri         

Il y a encore un lien pour celui-ci. Barrie et notre 10e choix, Nazem Kadri, ont été échangés l’un contre l’autre le 1er juillet dernier. En fait, il y avait d’autres joueurs impliqués dans la transaction, mais ils en étaient les deux pièces maîtresses.         

Mine de rien, Kadri est cinquième de sa classe pour les buts (180) et septième pour les points (393). Il a notamment marqué 32 buts deux saisons de suite, en 2016-2017 et en 2017-2018.         

Autre argument en sa faveur : il peut autant jouer un rôle offensif que servir à ralentir les meilleurs attaquants adverses avec son style «rentre-dedans». Il se considère d’ailleurs ainsi : «je retire une grande fierté d’être un joueur complet, d’être à la fois physique et de produire des points».        

11 - Tomas Tatar         

Maintenant, partisans des Canadiens, rassurez-vous, on n’a pas oublié Tomas Tatar!          

Par contre, pour être honnête, si ce n’était du «facteur Montréal», son nom serait positionné bien plus bas dans notre liste.         

Force est d’admettre que sa valeur a considérablement augmenté depuis qu’il a été échangé au CH par les Golden Knights de Vegas, où l’expérience a été tout sauf un succès avec une piètre récolte de six points en 20 matchs.        

On le pensait (à tort) sur la pente descendante à son arrivée dans la métropole québécoise, mais «Tuna» y a plutôt repris vie. Après avoir engrangé 58 points, un record personnel, à sa première saison, il avait déjà dépassé cette marque après 68 matchs cette année, avec 61. Quel est le plein potentiel de Tatar?        

Tatar produit même plus que Max Pacioretty, contre qui il a été échangé en septembre 2018, avec 119 points contre 106 pour «Patch». Considérant que les Canadiens ont obtenu le prometteur Nick Suzuki, auteur de 41 points à ses premiers coups de patin dans la LNH, et un choix de deuxième tour (l’attaquant Samuel Fagemo, qui roule sa bosse en Suède) dans cette même transaction, c’est un véritable vol de la part de Marc Bergevin.        

12 - Ryan Ellis         

Ça prenait un autre arrière dans notre top 15 et Ryan Ellis était l’homme tout indiqué pour combler ce besoin.         

Même si Nick Leddy le coiffe au fil d’arrivée pour les points (305 contre 252), Ellis est proportionnellement plus productif et il lui est supérieur à tous points de vue.         

C’est le prototype parfait du défenseur. Preuve de la fiabilité d’Ellis dans son territoire, seul Hedman affiche un meilleur différentiel (+116 contre +113) que lui parmi les joueurs repêchés en 2009.         

Ses qualités offensives ont également été démontrées au fil de ses 11 années de loyauté avec les Predators de Nashville.        

13 - Reilly Smith         

Craig Smith est le 15e pointeur de cette cohorte avec 330, mais un autre attaquant avec le même nom de famille est encore meilleur.        

Reilly Smith totalise 354 points, tout en disputant 84 rencontres de moins, ce qui correspond à environ une saison en entier.         

Son ratio de point par match (0,61) le classe d’ailleurs 10e, ce qui le place devant Tatar et les deux joueurs qui concluent notre top 15. Nous tairons donc leurs noms pour l’instant...         

De plus, Smith mène tous les attaquants de cet encan pour la fiche des plus et des moins, à +99.         

Autre élément à ne pas négliger : il se montre toujours à la hauteur dans les séries éliminatoires, comme ses 41 points en 45 matchs en témoignent.         

Il s’est signalé particulièrement en 2018 avec 22 points en 20 rencontres, aidant grandement les «Chevaliers Dorés» à accéder à la finale de la Coupe Stanley.        

14 - Kyle Palmieri         

Sans être flamboyant, Kyle Palmieri accumule sa part de points année après année. Son total de 338 lui confère le 14e rang.        

Plus reconnu comme un franc-tireur qu’un fabricant de jeux, c’est au chapitre des buts qu’il se démarque. L’attaquant des Devils du New Jersey a inscrit au moins 24 buts à ses cinq plus récentes saisons, dont celle en cours (il en avait déjà 25 à la mi-mars).         

Depuis ses débuts dans la LNH, il a trouvé 175 fois le fond du filet, bon pour le septième rang de sa promotion. Du lot, 59 ont été obtenus en supériorité numérique, ce qui fait de Palmieri le quatrième meilleur.         

15 - Chris Kreider         

Pour conclure ce top 15, prenons un mal-aimé des partisans des Canadiens : Chris Kreider.         

Il était l’un des joueurs les plus susceptibles d’être échangés avant la dernière date limite, mais il a finalement décidé de demeurer fidèle aux Rangers de New York en acceptant une lucrative prolongation de contrat (45,5 millions $ pour sept ans) avec le club qui l’a choisi au 19e rang en 2009.         

Kreider n’est peut-être pas le joueur le plus prolifique du groupe (16e pour les points avec 316, 12e pour les buts avec 157), mais ses attributs physiques et son inestimable combativité lui donnent un avantage certain sur la concurrence.          

D’autres perles rares dénichées tard         

On a parlé précédemment de Hoffman et de Barrie, mais d’autres perles rares ont trouvé preneur tard. Le quatrième tour s’est révélé spécialement payant.          

Les «Preds» y ont eu la main heureuse avec leurs deux choix : l’attaquant Craig Smith (98e) et le défenseur Mattias Ekholm (102e), qui sont encore partie intégrante de l’équipe.         

Smith a même failli être intégré à notre top 15.         

Anders Lee, réclamé 151e, soit le premier du sixième tour, a lui aussi été exclu de peu de notre palmarès.          

Pour continuer avec les lointaines sélections, cinq autres exemples sautent aux yeux : Cody Eakin (85e), Casey Cizikas (92e), David Savard (94e), Marcus Foligno (104e), Sami Vatanen (106e), tous des joueurs établis dans le circuit Bettman.         

Finissions notre tour d’horizon avec un attaquant sorti premier... au septième et dernier tour! Qui est-il? On vous le donne en mille : il s’agit d’Erik Haula.        

Contrairement à Tatar, il s’est éclaté dans «la Ville du Vice» en 2017-2018 avec 29 buts et 55 points. Les blessures qu’il a subies depuis l’ont toutefois considérablement ralenti.         

Voici le repêchage original de 2009 (1er tour) :   

  1. John Tavares (NY Islanders)       
  2. Victor Hedman (Tampa Bay)       
  3. Matt Duchene (Colorado)       
  4. Evander Kane (Atlanta)       
  5. Brayden Schenn (Los Angeles)       
  6. Oliver Ekman-Larsson (Phoenix)       
  7. Nazem Kadri (Toronto)      
  8. Scott Glennie (Dallas)      
  9. Jared Cowen (Ottawa)       
  10. Magnus Paajarvi (Edmonton)       
  11. Ryan Ellis (Nashville)      
  12. Calvin de Haan (NY Islanders)      
  13. Zack Kassian (Buffalo)      
  14. Dmitri Kulikov (Floride)       
  15. Peter Holland (Anaheim)      
  16. Nick Leddy (Minnesota)      
  17. David Rundblad (St. Louis)      
  18. Louis Leblanc (Montréal)      
  19. Chris Kreider (NY Rangers)      
  20. Jacob Josefson (New Jersey)       
  21. John Moore (Columbus)       
  22. Jordan Schroeder (Vancouver)       
  23. Tim Erixon (Calgary)       
  24. Marcus Johansson (Washington)       
  25. Jordan Caron (Boston)       
  26. Kyle Palmieri (Anaheim)        
  27. Philippe Paradis (Caroline)       
  28. Dylan Olsen (Chicago)      
  29. Carter Ashton (Tampa Bay)      
  30. Simon Després (Pittsburgh)