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«Je devais faire cet arrêt»

«Je devais faire cet arrêt»

Louis Jean

Publié 24 avril 2020
Mis à jour 24 avril 2020

À Montréal, la coupe Stanley remportée par les Canadiens en 1993 est souvent, avec raison, directement associée à Patrick Roy.

Plusieurs oublient cependant qu’à l’autre bout de la patinoire, devant le filet des Kings, un certain Kelly Hrudey avait lui aussi tout donné pour permettre à son équipe d’être compétitive jusqu’à la fin. 

Voyez l'essentiel de ma discussion avec l'ancien patineur dans la vidéo ci-dessus.

J’ai récemment eu l’occasion, lors d’un généreux entretien que m’a offert l’ex-gardien de but, de m’entretenir avec lui. 

D’entrée de jeu, le sympathique homme, originaire d’Edmonton, a bien voulu revenir sur la confrontation finale de 1993. 

«Évidemment, le match numéro un de la série contre Montréal a été spécial. Nous avions triomphé par la marque de 4-1. Je dois cependant avouer qu’après ce match, je n’ai aucun souvenir positif concernant cette série.»

Retour sur « l’affaire McSorley »

Soyez honnêtes : vous m’en auriez voulu d’avoir discuté avec Kelly Hrudey sans revenir avec lui sur « l’affaire McSorley ». 

Le 3 juin 1993, au Forum, les Kings et le CH s’affrontent à l’occasion du deuxième match de la série finale. 

Vainqueurs lors du match initial, les Kings et Hrudey ne sont plus qu’à quelques instants de prendre les devants 2-0 dans la série. Ils détiennent une mince avance de 2-1 avec deux minutes à écouler à la partie.

Lors d’un arrêt de jeu et suivant les conseils de son capitaine Guy Carbonneau, Jacques Demers demande que l’on mesure le bâton du défenseur des Kings, Marty McSorley. Kerry Fraser s’exécute et surprise! Il envoie McSorley au banc des pénalités pour avoir utilisé un bâton illégal.

Le Tricolore déploie son avantage numérique. Éric Desjardins, auteur du seul but des siens dans la partie, sème l’hystérie dans le Forum en marquant avec 1 :13 à faire au temps réglementaire. 

On connaît tous la suite... Alors qu’il n’y a que quelques secondes d’écoulées à la période de prolongation, Desjardins, encore lui, trompe Hrudey pour la troisième fois de la soirée et permet au CH de créer l’égalité 1-1 dans la série. 

«J’étais convaincu que nous allions écouler cette pénalité», lance Hrudey, visiblement encore un peu ébranlé. 

«Je ne rejetterai jamais la faute sur le bâton illégal. Je devais faire cet arrêt. Je devais arrêter ce tir de Desjardins en fin de match. J’étais pris avec le gros John LeClair devant moi et Desjardins a décoché un tir dans le haut du filet.»

Hrudey a ensuite lancé un commentaire empreint de sagesse, qui témoigne très bien de la longue expérience qu’il a eue dans la Ligue nationale de hockey. 

«Peu importe si l’appel d’un officiel est bon ou mauvais, cela ne doit jamais affecter vos émotions. Jamais!»

Des fleurs pour Luc Robitaille 

Même si la défaite est encore douloureuse pour Hrudey, il a tenu a louanger le travail de son ancien coéquipier, Luc Robitaille. 

Lors de la campagne de 1992-1993, le Québécois avait connu la meilleure saison de sa carrière en vertu d’une récolte de 125 points, dont 63 filets. 

«Il n’avait marqué qu’une fois lors de la série contre les Maple Leafs. Mais il avait inscrit deux buts dans le premier match contre le CH. Je savais qu’il serait fantastique. Il était toujours à son meilleur lorsqu’il jouait chez lui.»