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Passer d'élève de Patrick Roy à médecin

Passer d'élève de Patrick Roy à médecin

Louis Jean

Publié 23 avril
Mis à jour 23 avril

Il y a à peine sept ans, Marc-Antoine Carrier donnait ses derniers coups de patin à la ligne bleue des Remparts de Québec. Aujourd’hui, les enjeux de sa mission vont au-delà d’une conquête en éliminatoires.   

L’uniforme qu’endosse «Doc» Carrier ne ressemble en rien au maillot des «Diables rouges», qu’il a troqué pour un sarrau, alors que le Lévisien est parmi cinq médecins à patrouiller les corridors de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.    

«Tous ceux qui travaillent dans le système de la santé font leur part. Je ne me considère pas comme un héros», dit-il dans une entrevue par vidéo que vous pouvez voir, ci-dessus.  

«On couvre les consultations à l’urgence, mais les patients hospitalisés aussi. Nous sommes les premiers appelés par le personnel infirmier s’il y a des inquiétudes par rapport aux patients en dehors des soins intensifs.»  

Dr Carrier veille sur les personnes aux prises avec différents symptômes, explique-t-il, mais pas celles infectées par la COVID-19, qui passent aux médecins spécialistes.  

N’empêche que l’homme de 28 ans témoigne de scènes difficiles dans les couloirs en cette période qu’il qualifie de «difficile».  

«À Québec, on a été un peu épargné en comparaison avec d’autres endroits dans le monde. Reste qu’il y a quand même plusieurs personnes admises avec la COVID positive. C’est un beau moment pour être dans les hôpitaux, car on voit une grande vague de solidarité.  

«C’est beau de pouvoir faire ma part.»  

Quand le plan B devient le plan A  

Revenons au profil de hockeyeur. «Doc» avait du cœur avant de devenir cardiologue (pardonnez le jeu de mots!) et il souhaitait d’abord et avant tout faire carrière dans la Ligue nationale. Jamais repêché dans la LNH, il s’est lancé dans sa deuxième passion.  

«Lorsque j’avais sept ou huit ans, je disais que la LNH était mon plan A et que la médecine était mon plan B. Comme mon père, qui est interniste à Montmagny.  

«Il jouait pour les Juniors de Verdun avec Pat Lafontaine, Pat Brisson, etc. J’ai suivi dans ses pas.»  

Comme le paternel, également un ancien défenseur, qui a été repêché par les Flyers de Philadelphie en 1983, la médecine s’est avérée le choix de carrière le plus valorisant.  

«Plus ma carrière avançait, plus je me rendais compte que je n’étais pas au niveau pour faire le saut chez les professionnels. Entrer en médecine était donc devenu mon plan A.»  

Jouer sous ordres du bouillant Roy, dont la réputation n’est plus à faire, a aussi contribué à l’éthique de travail du jeune docteur.   

«Le hockey forme le futur. Dans ma préparation pour devenir médecin, ça m’a permis de devenir très humain. D’avoir une très bonne discipline.  

«De jongler avec le hockey dans le junior majeur en menant des études, c’est une belle formation. Une belle école de vie. Ça nous a bien formé et bien préparé pour les difficultés de la formation médicale.»