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Crédit : TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Tennis

Coup de massue pour Tennis Canada

Publié | Mis à jour

Une très mauvaise nouvelle attendait mardi 85 des 120 employés de Tennis Canada, qui ont appris que leurs services n’étaient plus requis.

Après l’annonce, le 11 avril, du report à l’an prochain de la Coupe Rogers qui devait se dérouler à Montréal du 8 au 16 août, une restructuration au sein de l’organisation était inévitable; la faute à la COVID-19.

Le tournoi montréalais, qui devait accueillir cette année l’élite féminine de la spécialité, est une vache à lait pour Tennis Canada. Et la situation risque d’être encore plus catastrophique si le volet masculin de l’événement, prévu à Toronto pendant la même période, subit le même sort.

Le même sort à Toronto?

Au bout du fil, Eugène Lapierre n’a pas caché son immense tristesse en apprenant qu’il perdait 70 pour cent de ses effectifs. Pas moins de 40 pour cent des employés ont été mis à pied et 30 pour cent sont confinés à un arrêt temporaire. Ceux qui restent, la plupart des cadres, auraient accepté une réduction de salaire de 25 pour cent, selon nos informations.

«Ça n’a pas été une belle journée, a dit le vice-président de Tennis Canada et directeur de la Coupe Rogers dans une entrevue au "Journal de Montréal". Mais on voyait ça venir. Avec la perte du tournoi de Montréal, il fallait prendre ces décisions difficiles. On a pris les devants, a-t-il poursuivi. Reste maintenant à savoir ce qui va arriver à Toronto.»

Lapierre ne cache pas que la venue des meilleures raquettes de l’ATP dans la Ville Reine cet été est loin d’être acquise.

«Contrairement au Québec, où les autorités gouvernementales ont interdit toutes manifestations sportives et culturelles jusqu’au 31 août, a-t-il rappelé, aucune décision du côté de l’Ontario n’a encore été annoncée. Mais on imagine que ça va arriver à un moment donné.»

Un trou de plus de 24 millions $ 

La Coupe Rogers, présentée simultanément à Montréal et à Toronto, représente 90 pour cent du financement des activités de Tennis Canada. Or, l’annulation des deux compétitions signifierait un énorme trou financier.

«On a fait des calculs, a dit Lapierre, moins les dépenses qu’on n’aurait pas à faire dans nos opérations, dont l’organisation d’autres tournois (Granby et Repentigny également annulés) ainsi que les activités de développement qui n'auront pas lieu. C’est sûr qu’on sauve des sous à gauche et à droite, mais c’est un manque à gagner de plus de 24 millions $.»

«Nous avons vécu une journée extrêmement difficile, a déclaré Louis Borfiga, responsable du développement de l’élite à Tennis Canada. Nous venons de perdre beaucoup d’entraîneurs de grande valeur, dont Simon Larose et Frédéric Niemeyer.»

La situation est toutefois différente pour Sylvain Bruneau et Guillaume Marx, entraîneurs attitrés de Bianca Andreescu et de Félix Auger-Aliassime, respectivement.

«Eux, ils sont encore en poste, a souligné Borfiga. Ils ont un statut spécial. Leurs athlètes vont les rémunérer.»

Valérie Tétreault, directrice des communications, conserve elle aussi son poste.

«On se connaît tous»

Bruneau, lui, s’est dit peiné pour ses confrères mis à pied.

«Tennis Canada, ce n’est pas une grande boîte, a-t-il raconté. On se connaît tous. On n’ose pas y croire, mais nos programmes seront affectés parce que les ressources ne sont plus les mêmes. En espérant que la situation se rétablisse le plus rapidement possible.»

La bonne nouvelle, s’il en est une, c’est que cette pause de plusieurs mois sera bénéfique pour sa protégée, qui est rentrée à son domicile de Mississauga, en banlieue de Toronto, au début de mars.

«Bianca était très proche d’un retour, a fait savoir Bruneau. Avant que la crise n’éclate, elle s’est entraînée pendant deux mois (janvier et février) à Barcelone, en Espagne, sous la supervision du médecin de Rafael Nadal, Ruiz Cotorro.»

La Canadienne, gagnante de la Coupe Rogers et des Internationaux des États-Unis en 2019, n’a pas été vue sur les courts depuis son abandon (en raison d’une blessure au genou gauche) face à la Tchèque Karolina Pliskova, lors du Masters féminin de Shenzhen, en Chine, le 30 octobre dernier.