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Formule 1: l’Europe et le huis clos privilégiés

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Les circuits permanents situés en Europe sont de plus en plus privilégiés par la Formule 1, qui tente par tous les moyens de donner le coup d’envoi d’une saison retardée par la COVID-19.

Jusqu’à présent, les neuf premières étapes ont été reportées ou même annulées (Australie et Monaco).

Selon la plupart des observateurs, la première épreuve de la saison aurait lieu sur le tracé de Spielberg, en Autriche, comme prévu, le 5 juillet. Qui plus est, le propriétaire du complexe, Red Bull, serait disposé non seulement à organiser le premier Grand Prix de la saison sans spectateurs, mais aussi à y présenter une deuxième course dans les mêmes conditions le mercredi suivant.

C’est du moins ce qu’aurait proposé Helmut Marko, dans une entrevue à la radio locale ORF. Il faudra toutefois obtenir l’accord du gouvernement pour mener à terme ce projet.

«Une demande a été formulée, a indiqué le conseiller de l’entreprise autrichienne, et la chance d’être approuvée est très élevée.»

La France, après le Canada?

Cette initiative rejoint celle du Grand Prix de Grande-Bretagne, étape prévue le 19 juillet, et dont les dirigeants se sont dit ouverts à organiser par la suite deux et même trois courses en l’espace d’un mois au circuit de Silverstone.

Après le report du Grand Prix du Canada il y a deux semaines, le sort de la manche suivante, toujours inscrite au calendrier en France le 24 juin, devrait être connu au cours des prochains jours. Les probabilités qu’elle soit reportée sont, semble-t-il, très fortes.

Pour le promoteur local, comme à Montréal d’ailleurs, une course devant des tribunes vides représente le dernier scénario possible.

Réduire les coûts et les déplacements

Tout ça pour dire que la F1 pourrait prendre sous peu la décision déchirante de présenter toutes les courses de la saison, une douzaine tout au plus, en Europe et sur des circuits permanents où les coûts de préparation sont minimisés.

Ce n’est peut-être pas une bonne nouvelle pour le circuit Gilles-Villeneuve à Montréal, une piste temporaire qui exige des travaux plus complexes. Les 10 équipes sont basées sur le Vieux Continent, dont sept en Angleterre. L’idée est de réduire les dépenses au maximum et d’éviter les longs déplacements.

À part les membres des écuries, dont les effectifs seraient réduits, seuls les commissaires de piste, la direction de la course, les pompiers, les médecins et l’équipe de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) responsable de la transmission des images en direct, seraient autorisés à entrer sur le site.

Tous ces employés logeraient dans des hôtels à proximité et seraient testés régulièrement pour éviter tout risque de contamination. Tous journalistes, incluant ceux qui ont en main une accréditation permanente de la F1, ne pourraient assister à ces courses que l’on souhaite présenter à huis clos.

La crainte des spectateurs

La morale de l’histoire, c’est que la tenue du Grand Prix du Canada, que son promoteur souhaite présenter avant la mi-octobre, paraît de plus en plus compromise.

François Dumontier n’est pas prêt à assumer tous les frais liés à l’organisation de sa course sans une compensation monétaire des autorités de la F1.

Ses principales sources de revenus, faut-il le répéter, sont la billetterie, les loges corporatives et quelques commanditaires nationaux.

Or, deux questions importantes sont pour l’instant sans réponse. Premièrement, la F1 acceptera-t-elle d’assumer ces dépenses et, deuxièmement, le public montréalais est-il disposé à se rassembler dans des tribunes bondées à côté d’inconnus même si les mesures de confinement sont levées? La crainte d’une deuxième vague de l’épidémie est omniprésente.

Le Championnat du monde est validé si huit épreuves sont disputées sur trois continents. Mais face à cette situation exceptionnelle, la F1 accepterait sans doute de ne pas respecter cette exigence pour la saison 2020. Ne serait-ce que pour satisfaire ses principaux partenaires que sont ses commanditaires mondiaux et les réseaux de télévision qui lui versent des montants d’argent considérables.