Repêchage 2020 de la LNH

Les recruteurs simulent le repêchage de la LNH

Publié | Mis à jour

Et si les Rangers de New York repêchaient Alexis Lafrenière? Une jeune équipe en pleine progression, déjà aux portes des séries grâce à une reconstruction accélérée, verrait un autre surdoué se joindre aux Artemi Panarin, Mika Zibanejad, Kaapo Kakko, Igor Shesterkin et compagnie.                    

On aurait créé un monstre.                      

Les chances que cela arrive sont très minces (2%), mais c’est pourtant ce qui est survenu lors de la simulation de la loterie effectuée par le TVASports.ca. L’ordre a ensuite été soumis à plusieurs recruteurs qui, sous la condition de garder l’anonymat, se sont prêtés au jeu en repêchant les joueurs dans les rangs #1 à #15. L’auteur de ces lignes a par la suite combiné les résultats en tentant de respecter le plus possible les opinions diverses.                    

Dans notre simulation, les Sénateurs d’Ottawa n’ont peut-être pas remporté le gros lot, mais ils ont tout de même eu la main heureuse en héritant des deuxième et troisième choix de l’encan amateur. Une situation très enviable quand on sait de quoi sont capables Quinton Byfield, Tim Stuetzle et Jamie Drysdale...                   

Les Canadiens de Montréal parlent pour leur part au neuvième échelon, eux qui ont reculé d’un rang. Plusieurs options étaient possibles, trois différents noms ayant été mentionnés par les recruteurs, mais c’est finalement un marqueur naturel que connaît bien Trevor Timmins qui a été retenu.                    

Crédit photo : Photo Martin Chevalier

1. Rangers de New York : Alexis Lafrenière  

Ailier gauche, gaucher, 6 pi 1 po, 193 lb – né le 11 octobre 2001
Océanic de Rimouski (LHJMQ) : 35 buts, 77 aides, 112 points en 52 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #1   

À un moment, il y avait un semblant de débat entre lui et Quinton Byfield. Ce dernier empilait les points à un train d’enfer alors qu’il était l’un des plus jeunes joueurs de la cuvée et Lafrenière, l’un des plus vieux. Mais à la fin de la saison, il n’y avait plus d’ambiguïté. La première annonce du repêchage ne fera l’objet d’aucun suspense.                    

«Selon, moi, c’est le numéro un incontesté», fait savoir un recruteur.                  

«Il y a pas mal un consensus, constate un autre évaluateur de talent. Il est super combatif. Il y a beaucoup de caractère dans son jeu et son potentiel offensif est incroyable.»                    

Survolez la liste des atouts que l'on pourrait retrouver chez un attaquant; Lafrenière les a tous dans son coffre à outils. Jumelez ses habiletés indivuelles incroyables à une propension pour le jeu robuste et beaucoup de caractère. Vous avez là un futur capitaine dans la Ligue nationale de hockey.                    

«Il a toutes les habiletés qu’un joueur de hockey devrait posséder, explique un évaluateur de talent. Sa meilleure qualité est sa vision et sa façon de fabriquer des jeux. J’aime aussi l’intensité qu’il apporte à chaque match. C’est quelqu’un qui peut s’impliquer physiquement et jouer dans les moments importants.»                   

Petite anecdote : lorsque le TVASports.ca avait sondé les recruteurs pour dresser un top 10 des espoirs québécois de la cuvée, l’auteur de ces lignes avait cru bon – avant de réaliser immédiatement son erreur – de demander à chacun d’eux de classer les joueurs dans différentes catégories : coup de patin, tir, etc.                    

Un dépisteur avait rapidement souligné, avec raison, la futilité d’un tel exercice : «Bah, c’est Lafrenière partout...»                    

Crédit photo : Dominic Chan / Agence QMI

2. Sénateurs d'Ottawa : Quinton Byfield  

Joueur de centre, gaucher, 6 pi 4 po, 215 lb – né le 19 août 2002
Wolves de Sudbury (OHL) : 32 buts, 50 aides, 82 points en 45 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #2

Imaginez un fabricant de jeu qui, en plus d’être très imposant, patine à une vitesse fulgurante.                    

«C’est un cheval, illustre un recruteur. Sa qualité première est son côté athlétique, sa force physique. C’est peut-être le meilleur patineur du repêchage. Il a d’excellentes mains. C’est sûr qu’il jouait à Sudbury, mais la seule chose que je dirais, c’est que j’aimerais le voir jouer collectivement plus souvent. Je ne pense pas qu'il est incapable de le faire, mais, parfois, il jouait un peu trop de façon individuelle.»           

Autant l’enthousiasme à son endroit était un brin trop élevé quand certains le classaient devant Lafrenière, autant il faut éviter de se concentrer abusivement sur ses défauts jusqu’à en oublier ses qualités.                    

Ainsi donc, il est de plus en plus populaire de critiquer le sens du jeu du joueur de centre... Mais en fait-on un trop grand cas, considérant qu’il est l’un des meilleurs passeurs du repêchage?                    

Byfield apparaît derrière Tim Stuetzle dans certaines des listes que l’on retrouve sur la toile, mais les recruteurs sondés par le TVASports.ca dressaient un bilan très élogieux de la rare combinaison d’habiletés que possède ce gros joueur de centre. La majorité d’entre eux le classaient au deuxième rang.                    

«C’est un gros bonhomme qui peut patiner et qui a des mains, indique un des intervenants. C’est vraiment un modèle de joueur que chacune des équipes recherche; un gros joueur de centre qui peut jouer dans les deux sens de la patinoire, mais qui a un sens offensif impressionnant pour quelqu’un de son gabarit. Je pense que, dans les prochaines années, il va continuer de mûrir physiquement et il va devenir un joueur très puissant dans la lignée d’Evgeni Malkin.»                   

«C’est rare que tu trouves des joueurs de centre de concession avec ce gabarit et cette "drive", note un autre recruteur. Il a de belles habiletés de passeur, il utilise vraiment bien ses compagnons de trio. Cette saison, il jouait avec un ailier qui a marqué une trentaine de buts [Blake Murray]. Il avait juste besoin d’avoir son bâton à ras la glace et les rondelles arrivaient près du filet. Byfield est le joueur de centre numéro un typique que tu as pour 10-15 ans dans ton organisation.»                    

Disons qu’un directeur général prenant connaissance de tels commentaires ne se fait pas prier pour sélectionner un joueur de la sorte parmi les trois premiers.                   

JAM vs. EBB
Crédit photo : Photo courtoisie, Adler de Mannheim

3. Sénateurs d'Ottawa : Tim Stuetzle  

Ailier gauche, gaucher, 6 pi 1 po, 187 lb – né le 15 janvier 2002
Eagles de Mannheim (DEL) : 7 buts, 27 aides, 34 points en 41 matchs
Classement européen de la Centrale : #1

Dans plusieurs années, pourrait-on parler de lui comme le meilleur joueur de ce repêchage? Un recruteur ne trouve pas l'idée si farfelue. Souvenez-vous après tout de ce qui est arrivé lors de la séance de 2017. Miro Heiskanen, Cale Makar et Elias Pettersson avaient été choisis aux troisième, quatrième et cinquième rangs respectivement, mais si c'était à faire, ils auraient sans doute été sélectionnés avant Nico Hischier et Nolan Patrick.                   

Dans le premier classement de Sportsnet au mois d'octobre, Stuetzle figurait au 11e rang. Mais quelle saison il a connue, produisant près d'un point par match contre des adultes en Allemagne, en plus de faire forte impression au Championnat mondial junior. Stuetzle est un joueur extrêmement rapide et explosif qui veut avoir la rondelle sur la lame de son bâton.                  

«Sa grosse qualité, c'est son "upside", il ne cesse de s'améliorer, explique un dépisteur. C'est un attaquant ultra offensif, ultra fluide. Tu prends l’exemple de Moritz Seider à Detroit, qui a été repêché dans la DEL et qui s’est rapidement familiarisé avec le jeu nord-américain. Je pense qu’il y a moins de craintes reliées au fait de repêcher un Allemand aussi tôt.»                    

Crédit photo : Photo d'archives, Luke Durda

4. Red Wings de Detroit : Jamie Drysdale   

Défenseur, droitier, 5 pi 11 po, 175 lb – né le 8 avril 2002
Otters d'Erie (OHL) : 9 buts, 38 aides, 47 points en 49 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #3

À côté de l’expression «défenseur moderne» dans un Larousse illustré, vous verriez sans doute sa photo.                    

Les équipes de la Ligue nationale de hockey ne veulent pas des défenseurs offensifs... elles se les arrachent. Mais en plus d’être extrêmement mobile, Drysdale peut se targuer d’être l’un des joueurs les plus intelligents de sa cuvée.                    

Les arrières de son âge ne se taillent presque jamais un poste avec Équipe Canada junior, mais Drysdale y est parvenu et s’en est admirablement bien sorti.                    

«Les gars qui jouent dans cette équipe à 17 ans deviennent dominants chez les professionnels», souligne un dépisteur.                   

«Quand il possède la rondelle, il effectue d’excellentes décisions, autant en sortie de territoire qu’en zone offensive, observe un autre dépisteur. Son QI hockey est très élevé. Son jeu défensif est excellent pour quelqu’un qui est considéré comme un joueur offensif. Son agilité et son jeu de pieds lui permettent de bien défendre», observe un recruteur.             

Bref, n’allez pas croire que cet arrière est un deux de pique dans son territoire.                    

«C’est vraiment un "two-way", précise un des experts sondés. Il fait tout sur la patinoire. Ce n’est pas un Ryan Ellis qui ramassait 100 points dans le junior. Physiquement, il est fort. Il est tough. Il joue durement dans les coins. Ses jambes sont puissantes. Il sort rapidement des coins. Il va jouer longtemps chez les professionnels. Le type de défenseur qui jouera 25 minutes par match au sein de ta première paire.»                    

Crédit photo : OHL Images

5. Kings de Los Angeles : Cole Perfetti   

Joueur de centre, gaucher, 5 pi 10 po, 177 lb – né le 1er janvier 2002
Spirit de Saginaw (OHL) : 37 buts, 74 aides, 111 points en 61 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #5

Le genre de joueur qui ne vous fait pas regretter d’avoir payé le billet d’entrée. Perfetti en met plein la vue sur la patinoire.                    

«Ce n’est pas le patineur le plus électrisant, mais s’il était moindrement plus explosif, il sortirait troisième au total, déclare un recruteur. Sa mécanique de patinage est bonne, donc ce n’est pas si inquiétant, car il a du temps pour s’améliorer. Avec la rondelle, il est vraiment créatif. Il voit des choses, il fait des jeux que même le spectateur n’a pas vus.»                    

Les Kings ont montré une intention de changer leur style de jeu au cours des dernières années afin de marquer plus de buts, et Perfetti les aiderait à mener à bien ce changement de philosophie.                   

«Je ne serais pas surpris s'ils optent pour un marqueur naturel, confie un dépisteur. C’est difficile de lever le nez sur un joueur comme lui. Il fait tout bien. Les premières fois que je l’ai vu, je pensais aller regarder un marqueur de buts, mais il m’en a donné beaucoup plus. Il alimentait ses coéquipiers, c’était un excellent joueur offensif. Il peut surprendre par le fait qu’il varie ses jeux. Ce n’est pas un Alex DeBrincat ou un Cole Caufield. Il a la qualité de marqueur, mais il est capable de faire des jeux.»                   

6. Ducks d'Anaheim : Lucas Raymond   

Ailier gauche, droitier, 5 pi 11 po, 170 lb – né le 28 mars 2002
Frolunda (SHL) : 4 buts, 6 aides, 10 points en 33 matchs
Classement européen de la Centrale : #4

Figurez-vous qu’à 16 ans, ce jeune homme disputait des matchs dans la SHL, la meilleure ligue en Suède. Très dynamique, Raymond est l’un des manieurs de rondelle les plus doués de sa cuvée et il déploie beaucoup d’énergie sur la glace.                    

«L’un des meilleurs fabricants de jeu dans le repêchage cette année», résume un évaluateur de talent.                    

«L’an passé, il était dans une catégorie d’âge en-dessous des autres au Championnat du monde des moins de 18 ans et il a été extraordinaire, raconte un autre recruteur. Il était partout. C’était le moteur de son club. C’est un joueur qui, selon moi, a beaucoup de potentiel. Il peut changer le cours d’un match. Je l’ai vu être le héros et marquer le gros but. Tu veux l’avoir sur la glace. Il peut faire la différence.»                   

Qui de Raymond et d'Alexander Holtz est le meilleur espoir? Il s’agit d’un débat d’importance qui fait rage en Suède.                    

«Personnellement, je le mettrais en avant de Holtz, mais les deux sont proches, soutient un recruteur européen. Tu parlerais à d’autres dépisteurs en Suède et certains préféreraient Holtz. Raymond contrôle très bien la rondelle. C’est un très bon passeur. Il peut alimenter ses compagnons de trio. Il montre un bon niveau de compétition.»                    

Crédit photo : Photo d'archives, OHL Images

7. Devils du New Jersey : Marco Rossi  

Joueur de centre, gaucher, 5 pi 9 po, 187 lb – né le 23 septembre 2001
67's d'Ottawa (OHL) : 39 buts, 81 aides, 120 points en 56 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #6

Si vous êtes d’avis que les statistiques ne mentent pas, vous vous demanderez pourquoi le nom de Rossi n’est pas apparu plus tôt, car il a été encore plus productif que Lafrenière cette saison.                    

Rossi n’est pas le joueur le plus imposant, mais ne vous méprenez pas, il demeure un athlète étonnamment puissant.                    

Les experts sondés ne paraissaient pas préoccupés outre mesure par sa grandeur.                    

«C’est un joueur qui est vraiment compétitif, fait remarquer un dépisteur. Il veut produire, il veut être le meilleur. Il n’est pas grand, mais ce n’est pas grave. Il utilise sa grandeur à son avantage. Il a un centre de gravité qui est bas et, physiquement, il est très fort. Il est dur à contrer. Il est lourd, c’est difficile de lui soutirer la rondelle. Il est solide! Il produit à un rythme incroyable. Il est vraiment impressionnant avec la rondelle. Il est créatif. Et c’est un jeune homme qui a une excellente éthique de travail. C’est un gars qui va produire des points, c’est garanti.»                    

«Il n’est pas très grand, mais il peut jouer de façon physique, indique un autre recruteur. Ses jambes sont très puissantes. Il peut vraiment se démarquer dans le trafic avec la rondelle, c’est très difficile de la lui enlever. Il peut se démarquer aussi en défensive, mais évidemment, ses qualités offensives sont remarquables. Je pense qu’il fait juste commencer à s’améliorer.»                   

«Son sens du hockey est extraordinaire, relève un troisième recruteur. Il peut être créatif. Quand il s’approche du filet, il a de très bonnes mains pour marquer. C’est un gars qui ne se débarrasse à peu près jamais de la rondelle, il trouve toujours le moyen de faire un jeu.»                   

8. Sabres de Buffalo : Alexander Holtz   

Ailier droit, droitier, 6 pi, 192 lb – né le 23 janvier 2002
Djugardens (SHL) : 9 buts, 7 aides, 16 points en 35 matchs
Classement européen de la Centrale : #2

Il y a Raymond, le passeur, et Holtz, le buteur.                    

Comme l’a bien résumé le site web Habs Eyes On The Prize, Holtz est le «Cole Caufield» ou le «Filip Zadina» de sa cuvée, le pur franc-tireur de son repêchage. Et comme on l’a constaté par le passé, ces joueurs peuvent glisser lors du jour J.                   

Marquer des buts est ce qu’il y a de plus naturel chez lui et, à son âge, il est parvenu à en inscrire tout près d’une dizaine en 33 matchs dans ce qui est sans doute la quatrième ligue en importance au monde après la LNH, la Ligue américaine et la KHL. Tout ça en jouant en moyenne moins de 13 minutes par rencontre.                    

«La Suède gagnait les tournois avec deux joueurs : Raymond et Holtz, raconte un recruteur. On se demandait tout le temps lequel des deux était le meilleur. Holtz est peut-être un marqueur plus naturel et plus pesant. Il affectionne les tirs sur réception en avantage numérique. Tu ne dois pas l’oublier une seconde. On le décrit moins comme un fabricant de jeu que Raymond, mais il peut être dévastateur. C’est un joueur que tu peux employer dans différentes situations de jeu et dans les moments-clés. Tu peux compter sur lui, il va prendre soin de la rondelle.»                   

Holtz se fera reprocher de manquer de vision du jeu ou d’être trop unidimensionnel en comparaison avec Raymond, mais de telles critiques semblent un peu sévères – un dépisteur le qualifie même de «bon passeur». Il est vrai que le coup de patin du droitier est à améliorer, mais il n’est pas mauvais pour autant; on ne parle pas d’une faille majeure ici.                    

«Holtz et Raymond sont, selon moi, des joueurs semblables, indique un recruteur. Au Tournoi des quatre nations en novembre, il m’a un peu déçu lors du premier match que j’ai vu, mais lors du dernier match contre la Finlande, je crois qu’il était bien meilleur. Il contrôle bien la rondelle et possède un bon tir. C’est un bon patineur, mais son coup de patin manque un peu d’explosion. C’est un joueur intelligent avec de bons instincts offensifs. Pour ce qui est de son potentiel, je le vois dans un top 6 dans la Ligue nationale. C’est un joueur de finesse, ce n’est pas un attaquant de puissance.»                     

9. Canadiens de Montréal : Jack Quinn   

Ailier droit, droitier, 6 pi, 176 lb – né le 19 septembre 2001
67 d'Ottawa (OHL) : 52 buts, 37 aides, 89 points en 62 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #7

Cole Perfetti et Hendrix Lapierre sont les autres noms qui ont été mentionnés par les recruteurs au rang du Tricolore.  

Seuls deux joueurs ont marqué 50 buts ou plus dans la Ligue canadienne tout entière cette saison : l’espoir des Maple Leafs de Toronto Nick Robertson et Jack Quinn.                    

Voilà un joueur avec lequel le gourou du repêchage amateur du Tricolore, Trevor Timmins, est sans doute très familier. L'homme de hockey vit en banlieue d'Ottawa et garde toujours un oeil sur les 67...     

Dans ce repêchage, le CH n’a pas de besoin criant à combler, donc ce facteur ne devrait pas entrer en ligne de compte. Il doit simplement choisir le joueur le plus talentueux, peu importe la position. Quoique nous aurions probablement reçu une avalanche de messages injurieux si nous avions osé choisir ici le gardien Yaroslav Askarov...                   

Si le nom de Quinn vous paraît moins sexy et qu’il a généré un engouement moins important que celui d’autres joueurs pressentis à être sélectionnés dans le top 15, sa valeur n’a cessé de grimper au fil de la saison. Quinn n’a pas toujours été perçu comme l’un des meilleurs attaquants de ce repêchage, mais les perceptions sont en train de changer.                    

Les recruteurs adorent les joueurs dont la courbe de progression est prononcée, car ils présentent un potentiel très élevé. On parle ici d’un jeune homme qui a travaillé d’arrache-pied sur son jeu dans les dernières années et qui possède des qualités offensives alléchantes.                    

«Ce gars-là a explosé cette année, s’exclame un recruteur très enthousiaste à son endroit. Tout son jeu s’est amélioré. Il tirait la rondelle, il était partout sur la glace. Là, dans ta projection, tu te dis qu’il va s’améliorer. Il franchit un autre niveau chaque année. Il n’a jamais joué de hockey mineur bantam AAA à Ottawa, il n’était pas assez gros, pas assez fluide. Son potentiel est incroyable. C’est un franc-tireur, mais il ne fait pas juste tirer. Il produit, il est toujours sur la rondelle, il peut transporter le disque. C’est un beau joueur de hockey, vraiment.»                    

«Un joueur extrêmement explosif, note un autre dépisteur. Il a 52 buts en 62 matchs cette année, mais ce n’est pas juste un tireur. Il va marquer ses buts en faisant dévier les rondelles, en se dirigeant au filet et en sautant sur les retours.»                    

Par ailleurs, avant de présumer que Quinn a grandement profité de la présence de Rossi au sein de son équipe pour amasser de telles statistiques, considérez que l’Ontarien pilotait son propre trio à cinq contre cinq.                    

2020-IIHF-WORLD-JUNIOR-CHAMPIONSHIP-DAY-10-SEMIFINAL-SWEDEN/
Crédit photo : Photo d'archives, Simon Hastegård

10. Blackhawks de Chicago : Yaroslav Askarov   

Gardien, attrape de la droite, 6 pi 2 po, 176 lb – né le 16 juin 2002
SKA-Neva de Saint-Pétersbourg (VHL) : fiche de 12-3, moyenne de buts alloués de 2,45 et taux d'efficacité de ,920
Classement européen des gardiens de la Centrale : #1

Cela faisait un bail qu’un espoir à cette position avait suscité autant d’attention. Askarov a de bonnes chances de devenir le premier gardien sélectionné dans le top 10 du repêchage depuis Carey Price en 2005.                    

Il serait logique d’ailleurs que les Blackhawks le réclament, Corey Crawford se faisant de plus en plus vieux.                    

«C'est un gardien avec un grand gabarit qui a des habiletés hors de l’ordinaire, décrit un recruteur. Il a vraiment une belle mobilité dans son demi-cercle. Très athlétique, capable de bien bouger dans le filet. Il n’est pas du style robotique, il joue davantage comme Andrei Vasilevskiy à Tampa Bay. Ses qualités athlétiques font de lui un espoir de haut niveau.»                     

En début de saison, l’engouement à l’endroit d’Askarov était encore plus fort qu’il ne l’est en ce moment. Incroyable au Hlinka-Gretzky et au tournoi des 20 ans et moins des quatre nations en Finlande, le Russe apparaissait dans le top 5 de plusieurs listes.                   

«ll sortait du lot, raconte un recruteur. Lors de ces deux tournois, c’était le meilleur gardien que j’ai vu à cet âge-là. Il est calme, il a de la confiance. Il limite ses retours et il absorbe bien la rondelle. Il est athlétique, agile, structuré... Il contrôle bien la rondelle derrière son filet. Il a le potentiel d'un gardien de concession.»                   

«Il a sa place dans le top 10, il a gagné des tournois à lui seul, note un autre dépisteur. C’est un gardien qui est extrêmement athlétique. Il a battu Spencer Knight deux fois dans les gros tournois l’année passée.»                    

Mais la valeur d’Askarov a légèrement baissé en raison de performances décevantes lors de deux compétitions : le Championnat mondial junior et le Tournoi des cinq nations en République tchèque au mois de février.                    

«Je ne sais pas si sa cote a descendu. En même temps, il a tellement été bon l’an passé, fait valoir un évaluateur de talent. Au Championnat du monde junior, la Russie a dirigé tous les réflecteurs vers lui à 18 ans. Pour un jeune homme, c’est gros. Il est ultra talentueux, c’est un gardien de concession. Repêcher des gardiens, c’est difficile. Il y a beaucoup d’impondérables, mais quand tu en as un de catégorie élite comme ça, comme l’an passé avec Spencer Knight, tu le prends.»                   

Crédit photo : Photo d'archives, USA Hockey

11. Devils du New Jersey : Jake Sanderson   

Défenseur, gaucher, 6 pi 2 po, 185 lb – né le 8 juillet 2002
Programme de développement américain des moins de 18 ans : 7 buts, 22 aides, 29 points en 47 matchs – dans la USHL uniquement : 2 buts, 12 aides, 14 points en 19 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #4

Il y a beaucoup d’intrigue autour de son rang de sélection. Sanderson est un défenseur intelligent, mobile, efficace dans son territoire, qui bouge bien la rondelle. Il n’y a aucun doute là-dessus. Il est toutefois plus embêtant de mesurer son potentiel offensif.                    

Sera-t-il un quart-arrière au sein de l’avantage numérique ou davantage un défenseur complet capable de contribuer offensivement à ses heures? La nuance est importante.                    

«Il s’est beaucoup amélioré cette année, explique un recruteur. Dans la deuxième moitié de la saison, c’était un des meilleurs joueurs du programme des moins de 18 ans des États-Unis. Bon patineur, il peut jouer physique. Il a des habiletés offensives qui étaient peut-être sous-estimées en début de saison. Il peut apporter différentes choses. Il n’est pas aussi dynamique que Drysdale, mais il est bon dans les deux sens de la patinoire. Je pense qu’il va bien faire dans la Ligue nationale.»                 

Jake est le fils de Geoff Sanderson, un ancien attaquant qui a disputé 1104 matchs dans la LNH, récoltant notamment 89 points avec les Whalers de Hartford en 1992-1993.                    

«Il est plus fluide que Drysdale, c’est lui aussi un "two-way". Il fait tout sur la glace. Il défend super bien, il est super intelligent avec la rondelle. C’est un bon patineur, il est athlétique. Il appuie l’attaque au bon moment. Il n’est pas spectaculaire, mais il fait tout bien et il ne se met jamais dans le trouble. Il joue des grosses minutes. Son père a joué dans la LNH longtemps, donc ça aussi, ça pèse dans la balance. Tu ne te trompes pas avec un gars de même.»                   

Crédit photo : Photo d'archives, AFP

12. Wild du Minnesota : Anton Lundell   

Joueur de centre, gaucher, 6 pi 1 po, 185 lb – né le 3 octobre 2001
HIFK Helsinki (Liiga) : 10 buts, 18 aides, 28 points en 44 matchs
Classement européen de la Centrale : #3

Chaque repêchage compte des joueurs qui ne présentent pas forcément le profil le plus attrayant en termes d’habiletés offensives pures, mais dont les probabilités de jouer dans la LNH sont assez hautes.                    

À première vue, ça semble être le cas de Lundell, un attaquant très intelligent, constamment en bonne position sur la patinoire, ayant le don d’effectuer le bon jeu avec la rondelle en zone offensive. L’an dernier, il jouait déjà dans la Liiga, le meilleur circuit en Finlande. En toute logique, il ne devrait pas s’éterniser avant de faire ses débuts dans la LNH.                   

«Au cours des dernières années, il a travaillé beaucoup sur son jeu défensif, révèle un dépisteur. Il est intelligent avec la rondelle, il sait où la placer pour créer des chances de marquer. Cependant, il n’a pas les meilleures mains et il n’est pas le joueur le plus créatif quand il a la rondelle et qu'il part en contre-attaque. Il va avoir de la misère à battre des joueurs à un contre un, mais dès qu’il est en zone offensive, il sait où envoyer la rondelle et où se positionner. Il a un tir assez dangereux, mais pas autant que celui de Patrik Laine, par exemple. Les entraîneurs de la Ligue nationale vont apprécier le fait qu’il est très responsable défensivement.»                    

Dans l’ensemble, Lundell est un espoir très mûr, mais un aspect de son jeu en particulier laisse à désirer.                   

«Son coup de patin n’est pas beau à voir, observe le même recruteur. Il devra vraiment travailler sur son explosion. Ce n’est pas garanti qu’il jouera au sein des deux premiers trios dans la LNH.»                    
Crédit photo : AFP

13. Jets de Winnipeg : Braden Schneider  

Défenseur droitier, 6 pi 2 po, 202 lb – né le 20 septembre 2001
Wheat Kings de Brandon (WHL) : 7 buts, 35 aides, 42 points en 60 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #9

De plus en plus, la tendance est aux défenseurs offensifs au premier tour, mais Schneider est une rare licorne dans ce repêchage. Le grand gaillard prône un style que l’on associe plus à la vieille école, mais il n’en demeure pas moins un excellent patineur, capable d’effectuer une bonne première passe et d’appuyer l’attaque en suivant le jeu.                     

Sans la rondelle, il neutralise les attaquants adverses grâce à son jeu de pieds, ses puissantes mises en échec et son intelligence.                 

«Un gros défenseur très, très mobile. Très, très bon dans sa zone, mais il a quand même des habiletés offensives que je ne soupçonnais pas chez lui. Sa mobilité fait certainement de lui quelqu’un à considérer dans le top 10», estime un recruteur.                   

«Un peu "old school", indique un autre déspiteur. Il joue dur, mais à travers ça, il est capable de garder son jeu simple et de suivre le rythme. Il n’est pas en arrière du jeu, ce n’est pas un mauvais patineur. C’est un défenseur de type "shutdown" un peu. Un gars qui va vraiment apporter de la stabilité à ta défense. Il va jouer de grosses minutes. Physiquement, il va apporter quelque chose qu’on retrouve de moins en moins dans la Ligue nationale.»                    

Quelques internautes ont comparé Schneider à l’arrière des Bruins de Boston Brandon Carlo, une observation qui se tient.                    

«Il est extrêmement robuste, souligne un dépisteur. Il amène un aspect physique très important. Les gars comme lui sont assez rares. C’est un espoir intéressant. Sur le plan offensif, il a un bon tir, mais je ne suis pas certain que c’est un gars qui va transporter beaucoup la rondelle. C’est vraiment quelqu’un qui va garder ça simple avec une première passe. Il n’aura pas forcément un gros jeu de transition. Il va faire une petite passe simple et suivre l’attaque.»                   

14. Panthers de la Floride : Kaiden Guhle   

Défenseur, gaucher, 6 pi 2 po, 186 lb – né le 18 janvier 2002
Raiders de Prince Albert (WHL) : 11 buts, 29 aides, 40 points en 64 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #8

On disait de Schneider qu’il appartient à une catégorie de défenseurs se faisant de plus en plus rare. Et pourtant, un autre défenseur de son profil risque d’être repêché au premier tour.                   

«C’est un espoir que j’ai adoré cette année, car il pratique un jeu robuste, confie un recruteur. Tu dois vraiment garder la tête haute quand tu joues contre lui. Il est imposant, mais il est aussi très, très bon avec la rondelle en transition. Il est en pleine progression.»                   

«C’est un top 4, prédit un autre dépisteur. Je ne dis pas qu’il jouera au sein de la première paire, mais, logiquement, c’est un top 4. Un super bon patineur, puissant. Un gars de la nouvelle génération. Ce n’est pas forcément un quart-arrière naturel, mais il peut aider le jeu de transition.»                    

Un «bâton actif» se trouve à être l’une des armes principales de Guhle, dont le frère Brendan évolue avec les Ducks d’Anaheim.               

«Il a une présence physique et une très grande portée, indique un recruteur. Il l’utilise très bien. Défensivement, il est capable de très bien se placer. Offensivement, comme Schneider, ce n’est pas "M. Transition" lui non plus. Même s’il est un gros bonhomme, il est moins robuste que Schneider, mais il couvre beaucoup de glace avec la façon dont il se déplace et utilise son bâton.»                   

Crédit photo : Photo d'archives, Agence QMI

15. Blue Jackets de Columbus : Dawson Mercer  

Joueur de centre, droitier, 6 pi, 180 lb – né le 27 octobre 2001
Voltigeurs de Drummondville (LHJMQ) : 18 buts, 24 aides, 42 points en 26 matchs
Saguenéens de Chicoutimi (LHJMQ) : 6 buts, 12 aides, 18 points en 16 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #10  

Un attaquant qui, en plus de posséder de très bonnes mains, a une présence dans les trois zones.                    

«C’est probablement l’un des joueurs les plus intelligents du repêchage dans les deux sens de la patinoire, croit un recruteur. Il est toujours bien placé. Il travaille fort pour revenir dans sa zone. Quand il a la rondelle, il a assez de talent pour faire des jeux et la conserver un peu plus longtemps. C’est un gars qui joue au centre, mais on l’a aussi vu à l’aile. Il est très polyvalent. Le genre de joueur que les entraîneurs adorent.»                   

La combinaison d’habiletés individuelles et de polyvalence qu’il apporte fait de lui un choix avec un faible taux de risque.                    

«Le fait qu’il a joué avec Équipe Canada junior à un jeune âge démontre qu’il peut s’imposer de différentes façons, note un dépisteur. Tu peux le mettre dans un rôle de troisième ou de premier trio. Il est très responsable défensivement et bon dans les mises au jeu. Il a un côté offensif qui va continuer à se développer. Il est très intelligent.»            

Mentions honorables             

Hendrix Lapierre
Joueur de centre, gaucher, 6 pi, 179 lb – né le 9 février 2002
Saguenéens de Chicoutimi (LHJMQ) : 2 buts, 15 aides, 17 points en 19 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #13

L’attaquant québécois a certainement le talent pour être choisi dans le top 15, mais ses multiples blessures constituent un risque que certaines équipes pourraient être frileuses de prendre, surtout tôt dans le repêchage.              

Déjà, il est rassurant de savoir qu’il n’aurait pas subi de commotions cérébrales cette année, mais qu'il aurait plutôt composé avec des problèmes cervicaux.             

«Il a connu tout un tournoi Hlinka-Gretzky cet été. C’est un joueur exceptionnel. Il a vraiment tout pour être une vedette. Son potentiel ne fait aucun doute. Mais avant de mettre mon poing sur la table, j’attendrais les résultats médicaux de ma propre équipe, ceux de nos médecins», confie un recruteur.          

Dylan Holloway
Joueur de centre, gaucher, 6 pi 1 po, 203 lb – né le 23 septembre 2001
Université du Wisconsin (NCAA) : 8 buts, 9 aides, 17 points en 35 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #12

Le coéquipier de Cole Caufield n’a pas connu une mauvaise première saison dans la NCAA. Il avait émerveillé les recruteurs en récoltant 88 points en 53 matchs l’an dernier dans la Ligue de la Colombie-Britannique, et c’est peut-être pourquoi on s’attendait à une plus grande production offensive de sa part.             

«Ça reste un très bon joueur de hockey. Physiquement, il est très, très fort. Il joue de la bonne manière. Produira-t-il offensivement dans la LNH ou deviendra-t-il plutôt un joueur de troisième trio utilisé en désavantage numérique?», s’interroge un recruteur.             

Seth Jarvis
Joueur de centre, droitier, 5 pi 10 po, 175 lb – né le 1er février 2002
Winterhawks de Portland (WHL) : 42 buts, 56 aides, 98 points en 58 matchs
Classement nord-américain de la Centrale : #11

Avec de telles statistiques offensives, difficile d’ignorer ce petit attaquant.             

«Il a un excellent coup de patin, une belle vision et de bonnes mains. Il peut autant finir les jeux que les préparer. Il ne faut pas trop se fier à sa grandeur, il est capable de se démarquer dans le trafic», indique un évaluateur de talent.