Impact de Montréal

Le dernier match de rêve de Patrice Bernier

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Près de deux ans et demi après avoir joué son dernier match de soccer professionnel, l’ancien capitaine de l’Impact de Montréal Patrice Bernier doit toujours se pincer pour croire qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. 

Le 22 octobre 2017, le Québécois avait inscrit le premier but des siens dans un revers de 3 à 2 contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre au Stade Saputo.   

Ce match sera d’ailleurs présenté sur les ondes de TVA Sports, ce soir, dès 16h30. L'émission «La MLS cette semaine» précédera le tout, dès 16h00. 

«C’est un beau souvenir. J’ai marqué mon but et mes parents étaient derrière le filet et ils sonnaient la cloche, s’est remémoré Bernier lors d’un entretien téléphonique. Mes parents m’ont toujours soutenu. Ils ont passé des heures à me promener de terrain en terrain.» 

«J’ai eu la chance de vivre mes derniers moments avec eux, a-t-il poursuivi avec émotion. Si j’avais pu écrire l’histoire de ce match, ça aurait été ça. Je voulais que mes parents le vivent avec moi et j’ai eu cette chance.» 

La retraite de Bernier n’était une surprise pour personne. Le milieu de terrain avait pris et annoncé sa décision avant que le premier match de la Major League Soccer ne soit disputé cette saison-là. 

Bernier a tout de même été incapable de retenir ses sanglots quand il a été retiré de la partie et ovationné à la 81e minute. 

«Pour moi c’était la fin, il n’y avait pas de lendemain, a exprimé le natif de Brossard. Le petit gars de 4 ans qui rêvait d’être un joueur de soccer est finalement devenu professionnel et c’était la fin de ce rêve. J’ai dû me réveiller, devenir une personne normale.» 

Une transition douce 

Il est parfois extrêmement difficile pour un athlète professionnel de passer à autre chose. Bernier n’a toutefois pas vécu cette étape difficilement, car il est resté dans le monde du soccer. 

«Tu sais jamais comment ce sera quand tu arrêtes, a-t-il affirmé. Pour avoir parlé avec plusieurs anciens, ils me disaient qu’il ne faut vraiment pas que tout d’un coup tu ne fasses plus rien.» 

«Avec l’Académie [de l’Impact] et comme ambassadeur du club, j’ai été beaucoup plus occupé que lorsque je jouais. Je n’ai donc jamais eu le temps de remettre ma décision en question. [...] Je suis resté dans le soccer, alors ma transition s’est faite en douceur», a ajouté celui qui est maintenant l’un des assistants entraîneurs de Thierry Henry avec l’équipe première. 

Pas le temps de s’ennuyer 

En confinement depuis maintenant cinq semaines, on pourrait croire que Bernier trouve le temps long et qu’il a hâte de reprendre le boulot avec l’Impact. Pourtant, le père de trois enfants âgés de 8, 6 et 2 ans et demi a l’impression que les dernières semaines ont passé en un coup de vent. 

«Quand tu as trois enfants, le temps passe quand même assez vite, a-t-il indiqué. Il faut les garder occupés et stimulés. J’ai la grande chance d’avoir une femme qui est enseignante de formation, nous sommes donc capables de continuer à leur procurer des moments d’écoles le matin et des activités l’après-midi.» 

«Nous passons du temps de qualité et il faut en profiter», a sagement noté Bernier.