Impact de Montréal, séance d'entraînement

Crédit : Jocelyn Malette

Impact de Montréal

Eduardo Sebrango a Montréal dans son cœur

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Les partisans de l’Impact se souviennent d’Eduardo Sebrango pour ses deux buts contre Santos Laguna, un soir de février en 2009. Le Cubain d’origine ne les a pas oubliés lui non plus.

«C’est probablement mon plus beau souvenir, mais il y a eu des championnats aussi», raconte-t-il.

Il faut remettre les choses dans leur contexte. L’Impact dispute le match aller des quarts de finale contre Santos Laguna. Le modeste club de deuxième division fait tomber le club mexicain 2 à 0 dans un Stade olympique surchauffé par 55 571 spectateurs.

On parle ici d’un exploit, ni plus ni moins. Sebrango ajoute un but dans le match retour, mais comme on le sait, l’Impact perd une avance de 2 à 1 à la mi-temps et accorde quatre buts en seconde demie, dont deux dans le temps ajouté, pour laisser filer son billet pour les demi-finales.

Ce qu’on a tendance à oublier, c’est que le match aller était le tout premier match de Sebrango lors de son retour avec le Bleu-Blanc-Noir après une parenthèse de trois saisons à Vancouver où il avait d’ailleurs amorcé son aventure canadienne, en 1999.

«La principale raison pour laquelle je suis revenu à Montréal, c’est parce que je voulais me rapprocher de mes enfants qui vivaient avec leur mère à Kingston, en Ontario.»

D’ailleurs, son fils Donovan, un défenseur avec les Rangers de Kitchener, devrait être appelé entre la fin de la première ronde et la troisième ronde lors du prochain repêchage de la Ligue nationale de hockey.

Arrivé au Canada en 1999 à 26 ans, Sebrango a donc presque vécu la moitié de sa vie ici et le Québec est sa terre d’adoption.

«J’ai rencontré mon épouse et les choses sont devenues plus faciles. J’ai un fils de cinq ans et demi. Je suis ici sans arrêt depuis 2009, c’est la moitié de mes années au Canada, je suis Québécois.»

Deux retraites

Sebrango a connu du succès partout où il est passé. Il a d’ailleurs remporté cinq titres de l’A-League et de l’USL, deux avec Vancouver, deux avec l’Impact et un avec les vilains Raging Rhinos de Rochester.

Il a effectué un premier séjour à Montréal entre 2002 et 2005 pour revenir dans les circonstances décrites plus tôt en 2009. Ce retour prendra fin au terme de la saison 2010 quand il prend sa retraite un peu à contrecœur.

«En 2011, la direction a décidé de garder des joueurs plus jeunes afin de négocier le passage à la MLS. J’aurais pu aller jouer ailleurs et quitter Montréal, mais je n’avais pas envie de le faire.»

Mais voilà, la dernière saison en NASL est pénible et on lance un appel au vétéran de 38 ans qui enfile ses crampons de nouveau.

«L’équipe avait une saison vraiment difficile, Nick De Santis a été clair, ce n’était que pour aider les jeunes joueurs, comme un mentor. Je ne devais pas vraiment jouer.»

Une chance

Il marque six buts en une demi-saison. L’équipe ne fait pas les séries, mais Sebrango convainc le nouvel entraîneur, Jesse Marsch, de l’inviter au camp d’entraînement.

«C’était vraiment génial, je suis heureux d’avoir eu cette chance surtout que lors du camp d’entraînement, je ne savais pas ce que l’avenir me réservait.»

«Je voulais faire partie de cette première saison en MLS, j’ai pris un risque parce que je n’avais pas de contrat.»

Cette prise de risque lui aura permis, à 39 ans, de vivre la première saison de l’équipe en MLS et de valider ses capacités face à des joueurs beaucoup plus jeunes.

Le professeur

Depuis sa seconde retraite, Sebrango est devenu entraîneur au sein de l’Académie de l’Impact, s’occupant de l’équipe des moins de 14 ans.

«Il y a beaucoup d’éducation à faire parce que c’est le premier groupe. Ils arrivent de la préacadémie ou des clubs et il faut leur montrer pourquoi ils sont là.»

«On veut qu’ils comprennent dans quoi ils s’embarquent et ce que ça prend pour devenir un professionnel.»

Bien que ça nécessite beaucoup de patience, Sebrango est heureux dans ses fonctions qui sont finalement taillées sur mesure pour lui.

«J’avais obtenu un diplôme en éducation physique avant d’immigrer au Canada. Je voulais enseigner et passer mon expérience aux plus jeunes.»

On peut dire qu’avec lui, les jeunes pousses apprennent à la bonne école.