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LNH

Repêchage: une «compétition» entre deux recruteurs québécois?

Deux clubs ont trois choix de premier tour en poche en vue du prochain encan.

Publié | Mis à jour

Qu’ont en commun les Sénateurs d’Ottawa et les Devils du New Jersey en vue du prochain repêchage? Ces deux formations de bas de classement ont trois sélections de premier tour en poche et elles ont d’excellentes chances de gagner le derby Alexis Lafrenière.         

Cette possibilité est encore plus réelle dans le cas des «Sens», 30es au classement général, qui peuvent espérer sortir premiers dans le boulier de la loterie avec seulement les Red Wings de Detroit (31es) devant eux.                

«On ne peut faire autrement qu’espérer, explique le recruteur amateur des «Sens» Christian DeBlois en entrevue avec le TVASports.ca. Évidemment, peu importe où on va choisir, on va prendre les meilleurs joueurs disponibles.»         

Les Devils, eux, occupaient le 26e échelon du classement lorsque les activités du circuit Bettman ont été paralysées. Ils s’accrochent au rêve Lafrenière, mais ils se préparent aussi à ne pas remporter le gros lot pour une troisième fois en quatre ans, après Jack Hughes, l’an dernier, et Nico Hischier, en 2017.          

«Nous avons été chanceux ces deux fois, rappelle le recruteur amateur Pierre Mondou. On espère l’être encore cette année!»         

Après Lafrenière, deux joueurs de la Ligue de l'Ontario complètent le top 3 du classement des meilleurs espoirs de la Centrale de recrutement de la LNH chez les patineurs nord-américains: l'attaquant Quinton Byfield (Sudbury) et le défenseur Jamie Drysdale (Érié).        

Les attaquants Cole Perfetti (Saginaw), Marco Rossi et Jack Quinn, tous deux des 67s d'Ottawa, sont classés cinquième, sixième et septième, respectivement.       

Crédit photo : OHL Images

Devils et Sénateurs : de la compétition à... Ottawa         

Avec l'aide de DeBlois, qui s'occupe principalement du Québec et de certaines universités américaines, les Sénateurs ont fait leurs devoirs en sol ontarien. Ils ne sont évidemment pas les seuls.        

Fait cocasse. En plus de la province de Québec, Mondou, lui-même un choix de premier tour des Canadiens de Montréal en 1975, couvre aussi le territoire des Sénateurs.        

«Je m’occupe de tout ce qui est la LHJMQ et un peu de l’Ontario. En fait, je suis responsable d’observer spécifiquement les 67s d’Ottawa, a laissé savoir le Sorelois. Quand les autres clubs sont en visite, je regarde aussi leurs joueurs à l’oeuvre.»       

À moins d’une surprise, Rossi et Quinn trouveront tous deux preneurs dans le top 10 de la prochaine séance.         

La présence accrue d’un éclaireur rival sur leur territoire est-elle perçue comme une déclaration de guerre pour les Sénateurs? DeBlois s’esclaffe lorsque la question lui est posée.         

«C’est sûr qu’il y a un peu de compétition, mais on s’entend tous très bien, assure-t-il. Parfois tu revois les mêmes gars où tu vas et tu leur demandes "coudonc, me suis-tu?".         

Cela dit, un respect mutuel, voire une fraternité unissent les recruteurs amateur, qui scrutent à l'année les arénas de l'Amérique du Nord. Après tout, ces dénicheurs de talent passent de longues périodes dans leurs valises pour aider leurs organisations respectives à s’améliorer.         

«Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de recruteurs qui ne se respectent pas», indique DeBlois.         

De la pression         

Avec trois sélections au tour initial, les Devils et les Sénateurs sont presque assurés de repêcher de bons espoirs qui pourront les aider très prochainement.          

La concession d’Ottawa a un avantage, puisqu’elle détient la sélection que les Sharks de San Jose avaient capitulée en 2018 pour mettre le grappin sur le défenseur Erik Karlsson. Or l’équipe californienne a une saison de misère et elle a glissé au dernier rang de l’Ouest au moment où la présente campagne a été mise en pause.         

Cela garantit presque à l’organisation d’appeler deux joueurs au podium parmi les 10 premiers rangs.         

«C’est sûr qu’il y a un peu de pression, admet Deblois, qui en est à sa première année comme éclaireur à temps plein. Mais pour nous c’est un moment rêvé d’avoir autant de choix, car deux des trois seront assez hauts.»         

Les Devils possèdent leur propre sélection ainsi que celles - conditionnellement* - des Coyotes de l’Arizona et des Canucks de Vancouver. Les deux formations sont exclues de peu du portrait des éliminatoires. Bien qu’ils prendront la parole plus loin, les décideurs du New Jersey n’ont pas le droit à l’erreur.         

«Tous les joueurs qu’on a sur notre liste, il faut les rencontrer et on obtient toutes les informations importantes sur eux, raconte Mondou, qui a vu Hischier devenir la toute première sélection après un stage junior chez les Mooseheads de Halifax.         

«Il y en a un que j’ai manqué, mais je me suis entretenu avec lui par téléphone. C’est notre mandat de savoir si c’est un bon kid.»         

Un gardien dans la mire?        

Ces deux organisations ont des besoins à toutes les positions. Mais devant le filet, elles pourraient avoir le même gardien dans leur mire avec leurs trois places réservées au premier tour.         

L’un des deux clubs pourrait alors jeter son dévolu sur le jeune Yaroslav Askarov, du SKA St. Pétersbourg.         

Mondou a confié que l’expert des gardiens des Devils s’est lui-même rendu en Russie voir à l’œuvre ce joyau, dont le talent fait l’unanimité parmi les recruteurs. Ironiquement, il s’agit de l’ancien auxiliaire du gardien étoile Martin Brodeur : Scott Clemmensen.         

«C’est lui qui s’occupe du développement des gardiens. Lorsqu’il est question de cette position, on se rapporte à lui. C’est possiblement la seule position que tu peux recruter entièrement par bande vidéo.         

«Et il étudie toutes les vidéos!»         

Clemmensen, qui habite Boston, a aussi épié plusieurs joueurs de la LHJMQ au cours de la dernière année. Les Devils ont deux jeunes gardiens dans leurs rangs. MacKenzie Blackwood (choix de deuxième tour en 2015) et le Suisse Gilles Senn (choix de cinquième, 2017).         

Blackwood a compilé une fiche impressionnante de 22-14-8 cette saison, tandis que l'helvète a connu une belle campagne dans la Ligue américaine avec un rendement de 17-7-2.         

«Il nous a sorti du pétrin quelques fois.»         

  

* Si le choix des Coyotes est dans le top 3, il sera valide pour l'édition 2021 seulement. Si les Canucks n'accèdent pas aux éliminatoires, la sélection sera reportée à l'encan de 2021.