Renaud Lavoie

La LNH à huis clos: est-ce vraiment possible?

La LNH à huis clos: est-ce vraiment possible?

Renaud Lavoie

Publié 16 avril
Mis à jour 16 avril

Le maire de Los Angeles, Eric Garcetti a lancé un gros pavé dans la mare.  

En affirmant qu’il n’y aura probablement pas de spectacles, ni d’événements sportifs dans sa ville en 2020, en raison du coronavirus, il a probablement dit tout haut ce que bien des maires pensent tout bas en Amérique. 

Il est évident que cette affirmation fait en sorte que les dirigeants de plusieurs ligues professionnelles devront complètement réviser leur plan d’affaire. 

Le pire scénario pour la LNH 

Des quatre ligues professionnelles majeures en Amérique du Nord, la LNH est celle qui génère le moins de revenus grâce à la télédiffusion des matchs. Les revenus annuels de la ligue sont peut-être de cinq milliards de dollars, mais seulement 650 millions proviennent des droits de télés nationaux. À titre de comparaison, la NFL obtient 5 milliards de dollars des droits de télé, la MLB 4,3 milliards (incluant les droits régionaux qui font partie du partage des revenus) et 2,7 milliards pour la NBA.  

Ça veut donc dire que la LNH va chercher la grande majorité de ses revenus dans les poches des amateurs. Si jamais il est impossible d’avoir des spectateurs dans les gradins pour une grande partie de la prochaine saison, il sera impensable de garder un plafond salarial à 81 millions de dollars comme c’est le cas présentement. Avec des revenus minimes, comment sera-t-il possible pour la ligue de faire des projections financières crédibles? Et admettons que les revenus pour la prochaine saison sont de 3 milliards au lieu de 5 milliards, comment sera-t-il possible de demander aux joueurs de placer plus de la moitié de leurs salaires en fiducie (escrow) pour s’assurer que la ligue touche la moitié de ses revenus? 

Les premières «victimes» 

Il y a plusieurs joueurs qui doivent se poser bien des questions présentement. Ceux qui seront joueurs autonomes sans compensation à la fin de la saison actuelle ne doivent sûrement plus rêver à toucher le maximum pour leurs services. Dans un appel-conférence avec le défenseur Ben Chiarot des Canadiens, ce dernier a avoué que la situation actuelle allait avoir un impact majeur. «C’est clair que le plafond salarial n’ira pas en montant. Les équipes vont perdre des revenus importants et c’est évident qu’il y aura un impact négatif. Ça veut aussi dire que l’argent ne sera pas là pour les joueurs autonomes cette année.» 

Alors sans spectateurs dans les gradins, est-ce logique de commencer une saison, en sachant très bien que les revenus provenant des loges corporatives et des billets vendus seront nuls? Gary Bettman devra sérieusement songer à la possibilité de retarder le début de la prochaine saison parce que les amateurs qui achètent des billets sont la colonne vertébrale de son sport. Et soyons honnêtes, on est encore très loin de la possibilité de pouvoir acheter un billet pour aller encourager notre équipe préférée.