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F1: Le scénario de dernier recours...

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Après avoir reporté ou annulé les neuf premières épreuves inscrites au calendrier en raison de la COVID-19, les dirigeants de la Formule 1 tentent par tous les moyens de relancer la saison 2020.

Les mesures de confinement récemment renforcées en Europe, où doivent se dérouler les prochains Grands Prix, ne sont guère rassurantes pour les étapes prévues en France (28 juin), en Autriche (5 juillet) et en Grande-Bretagne (19 juillet).

En fait, la seule façon de donner le coup d’envoi, souhaite la F1, c’est de présenter des épreuves à huis clos, où seuls les 10 écuries, leur personnel et les officiels de la FIA, dont ceux affectés à la retransmission télé, seraient admis sur le site.

Or, cette époque où l’ancien patron Bernie Ecclestone contrôlait tout et même certains Grands Prix, sans se soucier de la vente aux guichets, est révolue.

Chaque escale du championnat est organisée par un promoteur qui doit verser à la F1 des frais de course et aussi s’assurer que le circuit est conforme aux exigences de sécurité imposées par la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Billetterie et loges corporatives

Une course devant des tribunes vides n’est pas viable pour la majorité des promoteurs, dont les principales sources de revenus, dans l’ordre, proviennent de la billetterie, de la location des loges corporatives et des commanditaires nationaux.

À titre d’exemple, au Grand Prix des Pays-Bas, qui doit effectuer un retour en F1 après 35 ans d’absence, les billets étaient pratiquement tous vendus depuis plusieurs mois en raison principalement de la présence de l’enfant chéri du public local, Max Verstappen, un potentiel champion du monde. Prévue initialement le 3 mai, cette escale a déjà été déplacée à une date ultérieure.

«Nous ne voulons pas penser à un Grand Prix sans spectateurs, a affirmé le directeur de cette course, l’ancien pilote Jan Lammers. À première vue, ça nous paraît impossible.»

Bahreïn, l’exception

Ce discours serait sans doute le même pour la plupart des organisateurs d’une course de F1, qu’elle soit présentée en France, au Vietnam, en Hongrie ou à Montréal.

Le Grand Prix de Bahreïn, qui devait être disputé le 22 mars, a été le seul à avoir accepté de présenter une course à huis clos, mais finalement, la compétition a aussi été reportée. On comprendra que contrairement à bien d’autres endroits, l’argent n’est pas un obstacle dans ce pays du Moyen-Orient.

La seule façon pour un promoteur d’organiser un Grand Prix à huis clos, c’est d’obtenir une compensation monétaire de la F1 pour couvrir ses dépenses. La préparation d’un site, particulièrement dans le cas d’un circuit temporaire comme Melbourne, Hanoï ou Montréal, est coûteuse.

Sans cette contribution inévitable, un promoteur se dirige vers le désastre financier.

Initialement programmé le 14 juin, le Grand Prix du Canada fait partie des épreuves à avoir été décalées, mais s’il est présenté en 2020, ce ne sera pas après la mi-octobre.