Boxe

COVID-19: GYM et EOTTM pensent différemment

Publié | Mis à jour

Avec la pandémie de la COVID-19 qui fait rage aux États-Unis, on se demande à quel moment les promoteurs américains pourront présenter à nouveau des galas de boxe. C’est la même chose pour Eye of the Tiger Management (EOTTM) et le Groupe Yvon Michel (GYM) au Québec. Est-ce que la présentation des prochaines cartes de boxe se fera à huis clos? 

Les promoteurs Camille Estephan et Yvon Michel ont des visions différentes sur la question. Une plus agressive et l’autre plus conservatrice.  

Ils ont pris conscience de la dernière mesure du gouvernement Legault qui mentionne qu’aucun événement sportif ou culturel ne pourrait avoir lieu avant le 31 août. Une annonce qui a fait mal. 

«J’ai vu que les ligues professionnelles sont exclues par cette directive. Selon ma compréhension, on pourrait aussi inclure la boxe là-dedans», a souligné Camille Estephan lors d’un entretien téléphonique. 

Voyez l'entrevue de Camille Estephan à DMD dans la vidéo ci-dessus.

L’homme d’affaires suit avec intérêt les développements de la pandémie. 

Il fait déjà des plans pour la reprise des activités et ça inclut des galas à huis clos. 

«On devrait trouver une salle qui serait prête à ouvrir ses portes, a précisé Estephan. J’ai déjà calculé que les équipes des boxeurs et les représentants de la Régie représentent environ 120 personnes. 

«On serait corrects parce qu’on serait encore sous la réglementation des 250 personnes. S’il le faut, je serais prêt à le présenter dans la cour arrière de ma résidence.» 

Le nerf de la guerre 

Si Estephan croit en ce projet, c’est en raison de son site de diffusion en mode continue, Punching Grace. 

Cette plate-forme, qui fonctionne avec des abonnements mensuels payants, permettrait de combler le manque à gagner de la billetterie ou de la perte de commanditaires. 

«Oui, il y a Punching Grace, mais je crois aussi que la vente des droits internationaux de télévision pourrait offrir des opportunités intéressantes, a ajouté Estephan. On sait que tous les réseaux à travers le monde sont à la recherche de contenus sportifs comme le nôtre.» 

Le Groupe Yvon Michel (GYM) n’est pas dans la même situation. 

«Je vois plusieurs obstacles avant de voir un gala à huis clos tant sur les plans financier et sportif, a commenté Yvon Michel. Il faudrait que la Régie approuve tout selon les critères de la Santé publique. 

«Il faudrait tester tout le monde qui serait dans l’enceinte du gala. Pour notre part, on n’est pas proches de la présentation d’un gala, même sans spectateurs. On sera prêts lorsque les barrières seront levées.» 

La facture d’un gala présenté au Casino de Montréal est de 125 000 $ selon Michel. 

«La moitié provient de la vente de billets, 40 % des commanditaires et la balance vient des droits de télé. Si 90 % de nos revenus ne sont pas là, il faudrait que la télévision paye la facture au complet. 

«Notre cas n’est pas unique. C’est la même chose pour les promoteurs américains qui sont en attente comme nous. Personne ne veut lancer de l’argent par les fenêtres.» 

Qui contre qui? 

Estephan et Michel sont bien conscients que d’organiser un gala de boxe apporterait plusieurs défis de logistique surtout avec des frontières qui seront fermées pour quelques semaines encore. 

«On devrait se concentrer sur les combats locaux, a indiqué Estephan qui vise le mois d’août pour un premier gala à huis clos. Je verrais bien un duel entre Steven Butler et Francis Lafrenière ou un choc entre Lexson Mathieu et Shakeel Phinn.» 

Par contre, il sait qu’il aurait de la difficulté à faire une carte complète avec des combats de qualité si des boxeurs étrangers ne pouvaient pas mettre les pieds au Canada. 

Il se croise les doigts afin que les restrictions soient levées dans les prochaines semaines. 

Une chose est sûre. Il faudra être très patient avant de revoir un gala de boxe au Québec.