Crédit : Ben Pelosse/ Le Journal de Montreal

Impact de Montréal

Impact: une finale historique

Publié | Mis à jour

Le 22 avril 2015, l’Impact de Montréal amorçait la série aller-retour la plus importante de l’histoire en disputant la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF contre Club América, un prestigieux club mexicain.

On peut revenir sur le parcours de l’équipe en 2009, alors qu’elle jouait modestement en deuxième division, mais cet affrontement bipartite contre América a contribué à cristalliser l’intérêt des amateurs de soccer québécois.

Le match-retour de la série, au Stade olympique, sera diffusé ce soir, dè 19h00, sur les ondes de TVA Sports.

«Ce sont des moments impérissables. C’est gravé à jamais dans l’histoire de l’Impact. C’est une finale qui a marqué les esprits», confirme Hassoun Camara qui avait joué le premier match, mais pas le second.

Dire que l’Impact se trouvait en bonne posture puisque la première rencontre, au mythique Estadio Azteca, s’était terminée 1 à 1. Il avait ensuite pris les devants 1 à 0 au match retour avant que tout ne s’écroule et ne se termine par une défaite de 4 à 2, 5 à 3 au total des buts.

Victoire

Malgré la douleur de la défaite, Camara estime que le Bleu-Blanc-Noir et le soccer québécois y ont malgré tout gagné quelque chose.

«Gagner, ce n’est pas seulement gagner sur le terrain, c’est aussi marquer les souvenirs et les esprits d’une communauté. Je crois qu’on a gagné en un sens le cœur des Montréalais.»

Evan Bush a raté le second match parce qu’il avait reçu son second carton jaune de la compétition à Mexico. Il est tout de même en mesure de mettre les choses en perspective.

«Seulement quelques années plus tôt, je jouais en deuxième division sur des terrains d’écoles secondaires, c’était surréaliste. Mais dès que le sifflet s’est fait entendre, le temps s’est ralenti et on a profité du match.»

Intimidation

Dès que les adversaires pour cette finale ont été connus, l’Impact s’est retrouvé dans le siège du négligé. Les athlètes aiment généralement cette position, mais ce n’était pas le cas cette fois-là.

«Nous avons été très irrités par le fait que nous étions profondément sous-estimés, qu’on nous manquait de respect», a admis Bush.

«On ne nous voyait jamais arriver là où on est arrivé et c’est bien la force de notre équipe à l’époque, avance Laurent Ciman. On a tiré le maximum de ce groupe. On savait très bien qu’on ne partait pas favoris.»

Si l’Impact s’en est drôlement bien tiré avec un verdict nul de 1 à 1 au Mexique, les choses auraient pu être bien différentes.

Crédit photo : Ben Pelosse/ Le Journal de Montreal

Un jaune

On peut se questionner sur le travail de l’arbitre. En fin de match, Oribe Peralta crée l’égalité 1 à 1 en déjouant Evan Bush. À la reprise du jeu, celui-ci tente de dégager le ballon qui frappe Paul Aguillar.

L’officiel décerne un carton jaune à Bush pour avoir frappé la balle en direction d’un joueur adverse alors que c’est plutôt celui-ci qui a foncé sur Bush.

Mais il est trop tard, les dommages sont faits, Bush sera suspendu pour le match ultime au Stade olympique, en raison d’une accumulation de cartons. Le gardien admet qu’il a peut-être provoqué la situation en allant parler avec l’officiel à la mi-temps pour lui rappeler qu’il ne ferait rien pour recevoir un carton puisqu’il en avait déjà reçu plus tôt en phase éliminatoire.

«En rétrospective, c’était peut-être une mauvaise idée parce que ça m’a mis plus de pression et ç’a mis le projecteur sur moi.»

Une demie de trop

Le mercredi 29 avril 2015, l’atmosphère est électrique au Stade olympique. Il y a une foule record de 61 004 spectateurs, le stade vibre, tout le monde est fébrile.

«C’est compliqué de jouer au Stade olympique. Mais la foule nous a donné des frissons. Il faudrait remercier chaque personne individuellement. Aujourd’hui encore quand j’en parle, j’ai des frissons», se rappelle Laurent Ciman.

Les partisans ont le droit de rêver, l’Impact joue le match retour à la maison et la fête commence rapidement quand Andrés Romero donne les devants au Bleu-Blanc-Noir dès la huitième minute de jeu. «Une dizaine de minutes après le but de Romero, Nacho a une opportunité de jouer à une touche et de peut-être la mettre au fond. Il fait un crochet et ne marque pas», se rappelle Patrice Bernier.

Crédit photo : Ben Pelosse/ Le Journal de Montreal

Sans Bush

L’Impact doit jouer sans Evan Bush, suspendu pour accumulation de cartons jaunes et doit s’en remettre à Kristian Nicht, un gardien d’urgence déniché à Indianapolis, dans l’USL.

«On a perdu une pièce majeure avec Bush et on a dû faire appel à un gardien qui est arrivé sur le tard. Je ne mets pas la faute sur le gardien», assure Ciman.

Pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour une soirée mémorable. Les protagonistes ne l’ont jamais oubliée cette rencontre, mais pas pour les bonnes raisons. Si les joueurs impliqués dans ce match ne l’ont pas oublié, c’est parce qu’après être rentrée au vestiaire avec une avance de 1 à 0 à la mi-temps, l’équipe s’est complètement dégonflée par la suite.

América marque quatre buts sans réplique entre la 50e et la 81e minute, dont trois sont signés Dario Benedetto. Jack McInerney rétrécit l’écart à la 88e, mais il est trop tard.

«On n’a pas su gérer la deuxième mi-temps, bredouille Bernier. On a été frappés dans les cordes comme un boxeur.»

Patrice Bernier a la mémoire très vive quand il parle de ce match et de cette série. Dans chacune des deux rencontres, il était substitut et s’est amené dans le match dans le dernier quart d’heure. «Je revois une séquence, je crois que c’est après le deuxième but, on voit notre langage corporel et je ne sentais pas qu’on allait revenir. Il aurait fallu trouver comment requinquer l’équipe.

«Les très bonnes équipes ne paniquent pas à 2 à 1 alors que nous, on voyait que ça nous avait assommés.»

Son seul regret, c’est de ne pas avoir pu exercer une plus grande influence sur le match comme il était substitut.

«J’aurais aimé entrer plus tôt, j’avais la capacité de calmer le jeu, c’était mon rôle. Je suis embarqué à 3 à 1 et c’était joué, je voyais mon équipe assommée.»