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Golf

Tournoi des Maîtres : des performances historiques

Publié | Mis à jour

Par François-David Rouleau

Pour la première fois depuis 1945, les amateurs de golf sont privés du mythique Tournoi des Maîtres au début d’avril. En cette journée qui marquerait la ronde finale à Augusta, n’eût été la pandémie, Tiger Woods aurait participé à la cérémonie du fameux veston vert. 

Dans quel rôle ? 

Il faudra attendre à novembre pour connaître le dénouement. D’ici là, les fanatiques peuvent noyer leur peine en s’abreuvant de la riche histoire du Masters.

1. Le vieil ours toujours vivant – 1986

Le bras en l’air en voyant sa balle disparaître dans la coupe du 17e, Jack Nicklaus a réalisé un exploit mémorable le 13 avril 1986 en enfilant son sixième veston vert et en établissant un record grâce à ses 18 victoires majeures, le chiffre parfait. Cette conquête est venue 23 ans après sa première consécration en avril 1963. Sur le retour d’une ronde finale excitante et remplie de rebondissements, il a enfilé un aigle et deux oiselets consécutifs du 15e au 17e fanion pour finalement devancer Tom Kite et Greg Norman par un coup grâce à une dernière carte de 65 (-7). Âgé de 46 ans et deux mois, le «Golden Bear» est devenu le plus vieux champion du Masters. Nul doute, comme l’affirmait le commentateur de CBS Jim Nantz, «l’ours est sorti d’hibernation». Cette édition est considérée comme le plus grand moment de l’histoire du tournoi des Maîtres. Elle est aussi chère à Nicklaus alors qu’il était accompagné de son fils Jack sur le parcours.

2. Le Tigre rugit à nouveau – 2019

L’image de Tiger Woods rugissant les bras au ciel avec son fer droit en main sur le vert sacré du 18e ne sera pas oubliée de sitôt. Elle évoque le retour au sommet d’un des plus grands golfeurs de l’histoire. Woods remportait l’an dernier son cinquième veston et par le fait même une 15e conquête majeure. Dans une ronde finale aussi incroyable que dramatique, l’athlète de 43 ans prouvait à ses rivaux qu’il n’avait pas achevé sa carrière. Sur son terrain de jeu, le Tigre a offert une performance sportive historique acclamée par la planète entière. Pour la première fois, il remportait un tournoi en revenant de l’arrière. Et pour terminer, les images de l’étreinte avec son fils Charlie étaient aussi puissantes que celles croquant sur le vif sa réaction après son dernier roulé.

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3. Record de tous les temps – 1997

Tiger Woods n’a pas mis de temps à réécrire l’histoire du Masters. À sa troisième visite à Augusta en 1997, il est non seulement devenu le plus jeune champion (21 ans), mais il a établi le record du plus grand écart avec son plus proche rival, soit 12 coups. En terminant avec un score cumulatif de -18, il a aussi établi la nouvelle marque à battre avant que Jordan Spieth le rejoigne en 2015. Dire que le Tigre avait amorcé son tournoi avec un score de 40 (+4) lors du premier neuf... Il avait ensuite commencé son travail de destruction avec un score de 30 au retour. Woods a enfilé le premier de ses cinq vestons verts trois jours plus tard. Parmi ses faits saillants à Augusta, impossible d’oublier cette délicate approche coupée depuis l’extérieur du vert sur la normale 3 du 16e trou en ronde finale de l’édition 2005. Un coup parfait qui a lentement terminé sa course au fond de la coupe. Un exploit s’inscrivant dans la lignée de l’albatros réussi par Gene Sarazen sur la normale 5 du 15e en 1935, un coup qualifié comme le meilleur de tous les temps. Woods, en 2005, et Sarazen, en 1935, avaient remporté les honneurs en prolongation.

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4. Un héros national – 2003

Un Canadien et un gaucher de surcroît, bien peu de parieurs auraient gagé sur une victoire de Mike Weir même s’il connaissait une excellente saison en 2003. Il le leur a fait regretter, notamment grâce à une impeccable ronde finale et des nerfs d’acier dans les moments cruciaux. Le Canadien, alors âgé de 32 ans, a devancé le pauvre Len Mattiace en prolongation avec son seul boguey de la journée. Il a ainsi inscrit une première victoire canadienne dans le livre du Augusta National en plus de devenir le premier gaucher à enfiler le veston vert. Weir a marqué l’histoire sportive du pays alors qu’il est toujours le seul golfeur canadien avec un titre du Grand Chelem en poche.

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5. L’heure de la rédemption – 2017

Bien des exploits et des conquêtes notoires du Masters sont dignes de mention depuis 1934. Les batailles perpétuelles entre Jack Nicklaus, Arnold Palmer et Gary Player ont marqué l’imaginaire à leur façon, comme les conquêtes de Seve Ballesteros et Ben Crenshaw, mais la conquête de Sergio Garcia en 2017 revêt un cachet unique. Trop longtemps considéré comme l’un des meilleurs golfeurs sans titre majeur à son actif, l’Espagnol a enfin mis le grappin sur son moment de gloire à 37 ans. Il a réalisé son exploit en prolongation face à Justin Rose, le jour même de l’anniversaire de son idole Ballesteros. Garcia est du même coup devenu le participant comptant le plus de visites à Augusta (19) avant de finalement quitter la propriété de Washington Road en vainqueur.

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