Crédit : Martin Chevalier / Le Journal de Montréal / Agence QMI

Tennis

La Coupe Rogers reportée, Tennis Canada a peur

Agence QMI

Publié | Mis à jour

Par Louis Butcher

Un jour à peine après avoir annoncé que la Coupe Rogers, devant se tenir du 7 au 16 août à Montréal, n’aurait pas lieu aux dates prévues, les organisateurs du tournoi de tennis ont confirmé qu’il était finalement reporté à l’été 2021.

Cette décision a été rendue publique au moment où, samedi en conférence de presse, le premier ministre du Québec, François Legault, motivait la décision de son gouvernement d’interdire tous les événements sportifs et culturels d’envergure sur son territoire avant le 31 août en raison de la COVID-19.

Le volet féminin de la Coupe Rogers sera présenté au stade IGA du 6 au 15 août 2021. Du côté de Toronto, qui doit accueillir les hommes cette année, aucune information n’a été dévoilée sur l’avenir de ce rendez-vous. Le tournoi a beau être maintenu pour l’instant, son annulation ne serait qu’une formalité.

Décision inévitable

«Si, au début de la crise, nous espérions que la situation puisse se résorber à temps pour la présentation de notre tournoi comme prévu, a dit Eugène Lapierre par voie de communiqué, nous savions que nos chances étaient de plus en plus minces au cours des dernières semaines.»

«Cette décision était nécessaire et inévitable dans les circonstances», a renchéri le directeur de la Coupe Rogers.

Le comité organisateur invite les détenteurs de billets à les conserver puisqu’ils seront honorés pour l’édition 2021. Le 1er avril dernier, le prestigieux tournoi de Wimbledon avait été annulé et reporté à l’an prochain pour les mêmes raisons.

Le même sort risque d’être réservé aux Internationaux de tennis des États-Unis, présentés du 24 août au 13 septembre et qui devaient constituer le quatrième et dernier tournoi majeur de la saison 2020.

L’État de New York, l’un des épicentres de la pandémie, a d’ailleurs aménagé, sur le court central du complexe de Flushing Meadows, un hôpital temporaire pour soigner des patients contaminés.

Trou béant dans les coffres

La Coupe Rogers, qui se déroule à Montréal et à Toronto simultanément, est la vache à lait du tennis canadien. Quatre-vingt-dix pour cent des montants investis dans le développement des jeunes espoirs proviennent des profits réalisés par ces deux tournois.

Or, selon nos estimations, ce sont plus de 15 millions de dollars (si Toronto passe aussi dans le tordeur) qui seront perdus cette année. À titre d’exemple, le seul forfait de Gaël Monfils en demi-finale à Montréal l’an dernier, a représenté un manque à gagner de quelque 500 000 $.

Les amateurs devront donc aiguiser leur patience avant de venir admirer les prouesses de l’élite mondiale du tennis. Et ceux qui souhaitaient encourager le Québécois Félix Auger-Aliassime l’an prochain à Montréal, ne pourront le faire que dans deux ans.

«Les consignes peuvent évoluer...»

La décision du gouvernement provincial d’annuler les événements sportifs (et culturels) au Québec jusqu’au 31 août, annoncée vendredi, a créé une certaine confusion auprès de la population.

«On pense que ce n’est pas réaliste de réunir des milliers de personnes entassées dans un endroit avec la situation que l’on connaît aujourd’hui, a répondu François Legault samedi. Les consignes peuvent évoluer au cours des prochains mois, poursuit-il. Est-ce possible que certains événements sportifs puissent se tenir en respectant la règle de distanciation de deux mètres ? Il ne faut pas l’exclure...»

«Mais c’était important, a conclu le premier ministre, d’envoyer le message aux organisateurs de grands événements pour leur dire d’arrêter de dépenser votre argent.»

À huis clos ?

Les ligues professionnelles, dont la LNH (hockey), la LCF (football) et la MLS (soccer), ont été exclues de cette mesure. La question est maintenant de savoir s’il est rentable financièrement pour les organisations concernées de présenter des rencontres sans spectateurs ou, tout au plus, au tiers de la capacité de leurs amphithéâtres ou stades respectifs. Rien n’est sûr.

Parmi les quatre circuits majeurs en Amérique du Nord, seule la NFL (football) peut se permettre de présenter des matchs à huis clos en raison des contrats de télévisions faramineux dont profitent ses équipes. La LNH n’a pas la même réalité.

En 2011, le circuit Bettman avait signé une entente de deux milliards pour 10 ans avec NBC Sports.

À titre de comparaison, la NFL a une entente de près de 39,6 milliards des réseaux CBS, NBC, FOX et ESPN pour les saisons 2014 à 2022.

En terrain neutre

Le commissaire adjoint de la LNH, Bill Daly, a confirmé au réseau ESPN que plusieurs villes l’avaient approché pour présenter des matchs de hockey, en terrain neutre et sans spectateur.

Non seulement pour compléter la saison régulière, mais aussi pour la durée des séries éliminatoires. Parmi les endroits cités, on en trouve deux aux États-Unis, soit Grand Forks (Dakota du Nord) et Manchester (New Hamsphire) et un au Canada, à Saskatoon, en Saskatchewan.

«On va évaluer les options, selon les décisions de la LNH, a fait savoir Paul Wilson, vice-président et affaires publiques du groupe CH. Tant que le circuit n’a pas dévoilé ses intentions, ça ne sert à rien de spéculer.»