Tennis

Coupe Rogers : un report toujours possible

Publié | Mis à jour

Le directeur de la Coupe Rogers, Eugène Lapierre, a vécu une montagne russe d’émotions, vendredi, pendant la valse-hésitation du gouvernement québécois au sujet de la tenue d’événements d’envergure au Québec cet été en cette période de pandémie mondiale de coronavirus.

Pour rappel, le gouvernement a d’abord demandé l’annulation des grands événements culturels et sportifs sur son territoire jusqu'au 31 août, en milieu d’après-midi, avant de préciser que les équipes professionnelles telles que l’Impact, les Alouettes ou les Canadiens en étaient exemptées, si jamais elles voulaient tenir des matchs à huis clos.

• À lire aussi: Annulation des événements: huis clos permis pour le sport professionnel

«On a joué un peu au yoyo avec la décision, en tout cas de notre côté, par rapport au gouvernement, a expliqué M. Lapierre, en soirée. Parce que la première nouvelle qu'on avait, c'était que l'événement ne pourrait pas avoir lieu au mois d'août et qu'on devait reporter.»

«À quelques heures de l'annonce, on a communiqué avec la WTA, on a arrangé nos trucs pour annoncer et faire un communiqué officiel, a-t-il poursuivi. On a pesé sur le bouton, on a envoyé le communiqué. Ensuite, on reçoit un appel du gouvernement pour dire que ça ne touche pas le sport professionnel. Les deux bras me sont tombés.» 

Mais ce n’était pas terminé.

«La personne que j'avais au bout du fil me dit "attend, je te reviens, j'ai un autre appel", a-t-il ensuite raconté. Le temps de faire un appel, il me revient et me dit "oui, donc, ça concerne toujours la Coupe Rogers, c'est seulement les sports d'équipes qui ne sont pas concernés". Donc, la Coupe Rogers fait effectivement partie des grands événements de l'été à Montréal et doit être reportée.»

M. Lapierre a indiqué qu’il s’attendait à une annonce du genre, bien qu’il croyait qu’elle viendrait en premier lieu des circuits du tennis professionnel.

«On avait quand même averti la WTA que ce serait possible de notre côté (...) qu'une décision vienne plutôt de la part de notre gouvernement et qu’elle aurait préséance sur toute décision éventuelle du côté de l'ATP ou de la WTA et c'est ce qui vient d'arriver», a-t-il ensuite précisé.

Aucune décision définitive n’a toutefois encore été annoncée au sujet de la tenue du volet montréalais de la Coupe Rogers, pour l’instant.

Le huis clos, pas vraiment une option

Quoi qu’il advienne, si la Coupe Rogers, qui devait avoir lieu du 7 au 16 août, est bien reportée, il y a peu de chances qu’elle soit tenue à huis clos.

«C'est peut-être quelque chose qui peut être envisagé, on le regarde présentement, on n’a pas complètement rejeté cette idée-là, mais personnellement, je ne pense pas que ce soit viable, a avoué M. Lapierre. Ça marche quand tu as des droits de télévision faramineux, comme la NBA, le baseball, ou le football. Dans notre cas, le tennis féminin, ce n'est pas encore le cas. Ça grimpe, ça va bien, mais notre principale source de revenus, c'est la vente de billets.»

«Pour l'instant, on ne voit pas que ce serait une solution complètement viable», a-t-il ajouté.

Quant à la différence entre les sports d’équipe et la Coupe Rogers, elle se situe dans la provenance des athlètes. Dans le cas de l’Impact, des Alouettes ou du CH, la plupart des joueurs sont sans doute déjà au pays. Pour la Coupe Rogers, il faudrait faire venir des gens et des athlètes de partout dans le monde.

«Tant qu'on n’ouvre pas les frontières, ça devient très compliqué», a souligné le grand patron de la Coupe Rogers.

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.