Bruins c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

LNH

Patrice Bergeron grandement influencé par un ancien des Nordiques

Patrice Bergeron grandement influencé par un ancien des Nordiques

Louis Jean

Publié 09 avril
Mis à jour 09 avril

S’il y a une équipe qui doit souhaiter que la saison soit sauvée, c'est bien les Bruins de Boston. 

Avant la suspension de la saison, les hommes de Bruce Cassidy trônaient au premier rang du classement général avec une impressionnante récolte de 100 points en 70 rencontres. Les Bruins avaient remporté 10 de leurs 13 derniers matchs, mais surtout s’étaient clairement établis comme l’équipe à battre dans la Ligue nationale de hockey.  

Ils étaient en train de faire exactement ce que toute équipe souhaite idéalement faire, c’est-à-dire terminer la saison en force afin d’entamer les séries éliminatoires en pleine confiance. 

Au moment de la pause, les Bruins se dirigeaient vers un affrontement contre les Blue Jackets de Columbus au premier tour, une série qui aurait pu fort probablement commencer jeudi soir. 

«Je n’ai pas perdu espoir (qu’on pourra recommencer à jouer), m’a dit Patrice Bergeron lorsque joint à son domicile, en banlieue de Boston. Mais en même temps, les priorités sont ailleurs actuellement. La santé de tous est la chose la plus importante et notre focus doit être là-dessus. 

«Je continue quand même de m’entraîner avec la conviction et l’espoir que l’opportunité va encore se présenter. Je te mentirais si je te disais que je ne suis pas déçu de ce qui se passe, mais j’essaie de ne pas me préoccuper avec les choses que je ne contrôle pas.» 

À 34 ans, le natif de Sillery est plus que jamais motivé de remporter une deuxième coupe Stanley après avoir vu les Blues de St. Louis remporter le championnat au TD Garden de Boston en juin dernier. 

«Je suis conscient de mon âge et des années que j’ai devant moi et des années derrière moi et tout le hockey qui s’accumule. Je reviens à la base. J’apprécie chacune des opportunités qui se présente et je laisse la vie me guider. La priorité, c’est que la vie revienne à la normale. Il n’y a aucun doute que nous avons une excellente équipe, une équipe spéciale. Espérons qu’ensemble, nous aurons la chance de compléter les séries 2020.» 

Toute une force de caractère 

Plusieurs intervenants, moi le premier, se demandaient comment les Bruins allaient se remettre de leur défaite crève-cœur en finale. De douter de cette équipe était de minimiser sa force de caractère. 

«Tout le monde s’est présenté avec une détermination et un sentiment de devoir inachevé cette année. On avait pratiquement la même équipe qu’en finale et tout le monde en voulait encore plus. Honnêtement, notre début de saison a fait toute la différence. La chimie était là, on était en symbiose.» 

C’est avec une grande sagesse que Bergeron a passé par-dessus la déception de juin dernier. 

«Peu importe ce que j’en pense, je ne peux rien faire pour changer le dénouement. Que ça t’arrive au hockey mineur où à 34 ans, c’est le même feeling. C’est une déception, c’est plate, c’est difficile à digérer, tu as une boule dans le ventre, mais tu essaies de t’en remettre le plus rapidement possible en tournant la page et en regardant en avant. Ça ne sert à rien de rester dans ce moment-là. Je reconnais ce qui s’est passé et je l’accepte pour aller de l’avant. 

«J’ai vécu plusieurs déceptions liées aux performances avec tout ce que j’ai traversé dans ma carrière. Quand j’étais petit, ma mère m’a beaucoup aidé avec le côté mental des choses. Ça demeure un aspect sur lequel je travaille continuellement avec un psychologue sportif.   

«Ma conjointe, Stéphanie, me permet vraiment de trouver un équilibre. Elle m’aide à voir qu’il y a plus dans la vie que le sport et qu’on doit dire merci et être reconnaissant pour tout ce qu’on a. J’ai compris qu’il faut accepter la situation et passer à la prochaine action. Je ne dit pas que c’est parfait, il y a encore plein de choses qui me prennent du temps à surmonter, mais c’est la seule façon pour moi d’avancer.» 

Cette philosophie semble avoir déteint sur plusieurs autres membres des Bruins. 

«La force de notre groupe, c’est la façon dont on communique. On a vraiment un esprit d’équipe exceptionnel. Quand tu regardes les choses de trop près lorsque tu traverses une période creuse, ça peut sembler sombre ou noir. Mais en se parlant, en communiquant, on a appris que c’est juste nous qui pouvons nous en sortir. La vie est belle, nous avons une chance incroyable de faire ce que nous faisons. Il faut apprécier le moment présent, les hauts et les bas, c’est ensemble que nous passerons à travers.»   

Un fan des Nordiques 

Lorsqu'il était un enfant, Bergeron était un fan fini des Nordiques. Il avait d’ailleurs assisté au premier match de la série Québec-Montréal de 1993, au Colisée. 

«Je me souviens, j’avais 7 ans, sur le point d’avoir 8 ans. J’avais été au match avec mon oncle et mon frère. On était en haut dans les bancs blancs. Mon oncle avait dit: "ils (Nordiques) ne vont pas gagner alors on va partir plus tôt pour éviter le trafic". En descendant, la foule s’est mise à crier. C’était 2-1. Alors on commencé a refaire le chemin vers nos sièges. Rendus aux loges, on a vu le but égalisateur de Joe Sakic. On s’est bien rassis pour la prolongation et pour assister à la victoire in-extrémiste. C’était mémorable!»   

Que retiens-tu de ces années? 

«Je me souviens de Sakic. J’avais toujours aimé son professionnalisme et sa façon de gérer les choses. Il avait un tir des poignets remarquable, mais surtout, ce qui m’impressionnait c’était sa façon d’être avec le monde. On dirait que jamais rien ne l’énervait. Et avec la rondelle, il était électrisant de par sa façon de créer de l’espace pour lui-même.» 

L’as-tu déjà rencontré? 

«Une fois dans l’ascenseur, lorsque j’ai participé aux défis «Young Guns» du match des étoiles de 2004, au Minnesota. J'étais une recrue. J’étais mal à l’aise et trop gêné pour le saluer. Je ne crois pas qu’il savait qui j’étais. Je l’ai rencontré une autre fois lorsqu’il était directeur général de l’Avalanche. J’étais sur la galerie de presse en raison d’une blessure. Il m’a serré la main pour me saluer.» 

Sans le savoir, Sakic a laissé toute une impression sur Bergeron. On retrouve d’ailleurs plusieurs de ses traits de personnalité chez l’attaquant des Bruins.