Canadiens de Montréal

«Jacques regarde la série tous les soirs» - Michel Demers

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Il y a un spectateur attentif lors de chaque rediffusion de la série Canadiens – Nordiques de 1993 à TVA Sports.   

Tous les soirs, l'ancien entraîneur-chef du Tricolore Jacques Demers se fait un plaisir de réécouter les rencontres et replonger dans ses souvenirs.     

«Jacques regarde la série tous les soirs, a confié son frère Michel, jeudi, à l’émission Dave Morissette en direct. Je la regarde aussi et j’ai des frissons. Ça fait 27 ans déjà. Je regarde ça et c’est magique.»   

«Je me rappelle d’une discussion avec Jacques après les deux premiers matchs. Je lui dis : "Jacques, t’es 0-2..." Et lui de répondre : "Toi, le frère, ne t’inquiète pas! On va revenir. On a une bonne gang de leaders. On a une bonne équipe de travaillants. On va revenir de ça." Et ils sont revenus de ça», a-t-il raconté.   

Dave, Louis Jean et Michel Bergeron en ont profité pour prendre des nouvelles de Jacques, le dernier entraîneur-chef des Canadiens à avoir soulevé la coupe Stanley.   

«Il va bien, a fait savoir Michel Demers. Évidemment, ce n’est pas facile pour lui présentement, car il est en confinement. On ne peut malheureusement pas venir le visiter. Je l’appelle tous les jours.»   

Verbo-moteur sympathique comme il s’en trouvait peu, Jacques souffre tristement d’aphasie depuis qu’il a subi un accident vasculaire cérébral en 2016.   

«Jacques a gagné sa vie avec sa parole. [...] Malheureusement la vie le lui a enlevée. C’est très difficile pour lui. On trouve le moyen de communiquer et, souvent, quand je viens chez lui, on appelle un joueur sur FaceTime. Mais côté santé, il va quand même bien», a indiqué Michel Demers.   

Ce dernier se souvient comme si c'était hier des événements qui ont suivi la conquête de 1993. Le CH avait signé une victoire de 4-1 lors du cinquième match de la finale pour disposer de Wayne Gretzky et des Kings de Los Angeles.   

«On est dans la chambre. Céline Dion est là avec René Angélil. C’est la fête pour tout le monde. Jacques avait réservé dans un restaurant à Montréal et on devait se rendre là vers 1h30 du matin pour célébrer en famille, s'est-il rappelé.  

«On se dirige vers la sortie du Forum et le gardien de sécurité nous dit : "M. Demers, vous ne pouvez pas sortir, il y a une émeute dehors." On retourne dans son bureau, on ouvre la télévision et on voit ça. Ils ont alors décidé de rouvrir le restaurant en haut, et toutes les familles et les joueurs sont montés en haut. On a fêté jusqu’à 5h30 ou 6h00. Quand on est sortis le matin, c’était l’enfer. Les autos étaient à l’envers.»