Canadiens de Montréal

Une carte de moins pour Marc Bergevin

Une carte de moins pour Marc Bergevin

Renaud Lavoie

Publié 09 avril 2020
Mis à jour 09 avril 2020

Les Canadiens ont présentement quatorze choix pour le prochain repêchage. La dernière fois que le Tricolore a eu autant de sélections, c’était en 1991. Et il ne faut pas oublier qu’il y avait 12 rondes à l’époque.     

Pour le directeur général adjoint des Canadiens et responsable du recrutement amateur, Trevor Timmins, ces 14 choix représentent un atout majeur pour sa formation. «Ça nous donne des munitions supplémentaires pour repêcher des joueurs qu’on aime», a souligné Timmins lors d’un appel-conférence, jeudi.        

14 choix c’est beaucoup et il est évident que ses recruteurs ont beaucoup de boulot devant eux. Alors comment est-il possible de garder tout son monde occupé, alors qu’il n’y a plus un match de hockey qui est disputé dans le fameux monde du coronavirus?    

«On regarde beaucoup de vidéos présentement, a-t-il continué. On a une base de données en ligne qui nous permet d’avoir tous les matchs de tous les joueurs qui pourraient être repêchés cette année. Et je suis comme un professeur à l’université qui donne des travaux à ses élèves. Ils doivent me les remettre à une date précise. De mon côté, je passe en moyenne six heures par jour à regarder des vidéos de joueurs et mes journées ne s’arrêtent pas là parce que je dois aussi parler à mes recruteurs. D’ailleurs, le fait que je ne voyage plus me permet de voir plus de matchs qu’auparavant.»    

L’exemple de Romanov    

Toutes les formations de la LNH ont les mêmes difficultés présentement. Le fait que le «combine», qui devait avoir lieu en juin, soit reporté - ou s’il est annulé -, l’impact sera important. Les examens physiques et les rencontres individuelles avec les joueurs avaient une importance capitale sur l’évaluation des joueurs. Mais maintenant, c’est par vidéoconférence qu’il faudra le faire et la LNH va aussi envoyer à toutes les équipes les dossiers médicaux des joueurs.    

Ce qui fait mal aux Canadiens, c’est que l’équipe ne pourra faire son propre «combine» qu’elle faisait en Europe depuis deux ans.     

«Ça enlève notre avantage compétitif qu’on avait, a souligné Timmins. Juste le fait de passer du temps avec les joueurs et de voir comment ils se comportent, c’était important. Le meilleur exemple c’est lorsqu’on a rencontré Alexander Romanov. Il nous a vraiment impressionnés. Ses tests physiques, sa personnalité et le fait qu’il encourageait constamment les autres joueurs, c’était impressionnant. Si on avait pas eu ce «combine», on n'aurait pas eu cette information sur lui.»    

Tous dans le même bateau    

C’est ce soir que la loterie devait avoir lieu pour déterminer le rang de repêchage de chaque équipe. Présentement, les Canadiens parleraient au huitième rang (avant la loterie) et Trevor Timmins soutient qu’il y a plusieurs joueurs dans le top 10 qui auront un impact sur l’équipe qui aura la chance de les repêcher.     

«Il y a des attaquants qui vont jouer dans le top six, des défenseurs top deux et un gardien partant, a-t-il analysé. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a très peu de joueurs qui peuvent faire le saut immédiatement dans la LNH. Ce sont des exceptions. Je le répète, il faut attendre trois à cinq ans avant qu’un joueur s’établisse. Un bon exemple est Phillip Danault, qui connaissait des difficultés à Chicago. On a fait son acquisition et il est devenu un très bon joueur pour nous. Un vrai professionnel.»    

Le développement au neutre    

Le gros du problème présentement, c’est qu’il y a des jeunes joueurs qui ne peuvent se développer en raison du confinement. Peu importe l’âge, la situation est catastrophique pour leur développement.     

«Il est fort probable que ces jeunes joueurs n’aient pas de gymnase à la maison, a indiqué Timmins. Que font-ils pour s’améliorer comme athlète? Être à la maison fait en sorte que ça ajoute des obstacles à leur condition physique. J’espère qu’ils ont des filets pour lancer le plus de rondelles possible. Mais ça ne remplace pas l’entraînement sur glace. Ça va avoir un impact majeur sur leur développement.»    

Il sera d’ailleurs intéressant de voir quel sera l’impact sur la qualité des joueurs lors du repêchage de 2021.