Hockey

L’autre réalité du hockey

L’autre réalité du hockey

Renaud Lavoie

Publié 08 avril
Mis à jour 08 avril

Il n’y a personne qui passe de beaux moments présentement alors que la majorité de la planète est placée en confinement. Les privilégiés peuvent continuer de travailler et de recevoir leur salaire.      

D’autres le font dans des conditions difficiles, alors qu’ils mettent leur vie en danger tous les jours en travaillant dans les établissements de santé ou dans les magasins jugés essentiels.     

Voyez les propos de Renaud Lavoie à «JiC» dans la vidéo, ci-dessus.

En Amérique du Nord, la majorité des athlètes professionnels continuent de recevoir leur salaire, mais on oublie qu’il y en a d’autres qui se trouvent dans une situation plus précaire.      

Je prends l’exemple des joueuses de hockey qui nous représentent sur la scène mondiale et qui perdent individuellement des dizaines et des dizaines de milliers de dollars parce qu’elles ne reçoivent plus leurs bonis de performance ou de participation rattachés aux différents événements internationaux.     

Il restait deux tournois importants dans le hockey féminin qui ont été annulés. On parle du Tournoi des quatre nations et du Championnat du monde.      

Au-delà des tournois annulés, il y a aussi une certaine crainte par rapport à l’avenir du hockey féminin au niveau professionnel. Il est vrai que nos hockeyeuses n’ont toujours pas de ligue qui peut leur permettre de toucher un salaire. Mais on sentait qu’il y avait un certain momentum pour que la Ligue nationale chapeaute une ligue féminine. Maintenant, avec le coronavirus qui frappe la planète, il y a une crainte qu’un tel projet soit oublié.      

Retour à la case départ?     

Mélodie Daoust, qui évolue pour l’équipe canadienne, espère que le coronavirus n’aura pas un impact négatif à long terme sur son sport.      

«Ce n’est pas le fun pour personne et tout le monde du sport est à la même case que nous présentement, soit la case départ. J’espère que la LNH aura en tête que notre produit ne change pas», souligne l’attaquante dans une entrevue téléphonique.     

Étrangement, même s’il n’y a plus de ligue professionnelle qui paye les joueuses, on sent un engouement chez les commanditaires, comme Budweiser, Dunkin’ Donuts, Secret, et j’en passe, qui investissent dans le hockey féminin.      

«Dans notre position, on essaie simplement d’avoir notre ligue. On a eu un impact, entre autres au match des étoiles à St. Louis, et nos commanditaires croient en notre produit. Il faut maintenant trouver la bonne formule pour faire fonctionner une nouvelle ligue.      

«Il ne faut pas oublier qu’on est bien encadré au Canada. On est capable d’avoir un bon salaire grâce à l’équipe nationale et à nos commanditaires. Mais c’est seulement 24 à 28 filles qui en profitent, soit celles qui font partie d’Équipe Canada. Il faudrait que ce soit 400 filles qui en profitent pour que tout le monde soit sur le même pied d’égalité et pour faire grandir notre sport. Ce n’est pas juste pour tout le monde, parce que c’est difficile de se développer quand tu dois travailler de 9 à 5 et qu’ensuite tu dois t’entraîner.»     

Une joueuse unique      

Mélodie Daoust est l’une des meilleures joueuses de hockey au monde. Sa vie a complètement changé depuis le mois de mars, comme tout le monde évidemment.      

Au lieu de partir tous les jours de sa résidence de Saint-Zotique et de faire plus d’une heure de route pour aller s’entraîner au Stade olympique, elle demeure avec son garçon de deux ans, Mathéo.      

«Je passe tout mon temps à la maison avec mon garçon et je profite de ses dodos l’après-midi pour m’entraîner pendant deux heures et la même chose lorsqu’il se couche le soir. Ce n’est pas évident parce que je ne m’entraîne pas avec l’équipement qu’on a normalement au Stade. Je suis la seule fille (de la formation qui devait jouer au Championnat du monde) qui a un enfant. Les autres filles se débrouillent bien aussi, mais on s’ennuie beaucoup et c’est difficile de ne pas se retrouver.»     

Une aide importante      

C’est évident que les athlètes comme Mélodie Daoust doivent compter sur l’aide de bien des gens pour leur permettre de demeurer à un niveau compétitif, surtout lorsqu’il n’y a aucune ligue pour les appuyer financièrement.      

Elle tenait à remercier Steve Levy et David Ettedgui, qui travaillent pour Tip-Top Sports Management. «Je suis chanceuse d’avoir Steve Levy et David Ettedgui, qui ont un très grand cœur. Je ne serais pas où j’en suis sans eux. Ils m’ont permis d’avoir de bons commanditaires, comme CCM, Secret, Energie Environnement et la Ville de Saint-Zotique. Ils ne font pas ça pour l’argent parce que je ne les paye pas. Ils me donnent des bonnes valeurs et j’en suis très reconnaissante.»