Julie Sauve

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Sports amateurs

Décès de Julie Sauvé: consternation généralisée

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Le décès soudain de Julie Sauvé, qui s’est éteinte dans son sommeil durant la nuit de mardi, laisse la communauté de natation artistique sous le choc.   

Linda Boudreau, qui l’avait rejointe à Singapour et en Indonésie le mois dernier, ne comprend pas, tellement sa grande amie «pétait le feu».  

«Pour moi, c’est inimaginable. On faisait affaire avec un roc. Quand on est arrivé, elle avait déjà tout planifié. C’était go, go, go! J’avais l’impression d’avoir visité Singapour en 24 heures. C’était encore une fille avec une énergie incroyable», rapporte la mère de Marie-Pier Boudreau-Gagnon, ex-nageuse dans l’équipe canadienne que Julie Sauvé avait dirigée aux Jeux olympiques de Londres.  

L’entraîneure québécoise avait été engagée par la fédération de Singapour durant la dernière année afin de travailler avec le programme en duo en prévision des Jeux de Tokyo. En marge de la pandémie de COVID-19, la recommandation du gouvernement canadien à l’intention des ressortissants l’avait incitée à devancer son retour au pays, le 1er avril.  

Au mois de mars, Julie Sauvé avait accueilli Linda Boudreau et une amie, parties la visiter. Après Singapour, le trio avait ensuite mis le cap vers les îles Gili en Indonésie. Une anecdote survenue au cours d’une escale à un aéroport témoigne de l’énergie spontanée qui l’a toujours caractérisée.  

«Quand on a fait notre transfert d’aéroport pour aller en Indonésie, il y avait un vélo sur lequel était assis le président de l’Indonésie (Joko Widodo). C’est sûr que Julie a embarqué très rapidement sur le vélo! Vous pouvez voir dans quelle forme elle était», raconte Linda Boudreau, qui a fait parvenir au «Journal» la photo comme preuve.  

COVID-19 ou le cœur?  

Depuis son retour à sa résidence à Laval, le 1er avril, l’ex-entraîneure respectait les règles de quarantaine. Linda Boudreau, de retour elle aussi au Québec quelques semaines plus tôt, avait discuté de longues minutes avec elle, dimanche soir dernier. Et la veille de son décès, autour de 20h30 lundi, elle avait échangé avec elle par messagerie texte.  

Les raisons de son décès ne sont pas encore connues. Son séjour à Singapour, où elle vivait temporairement dans un appartement mis à sa disposition par la fédération sportive de cet État, a soulevé des liens avec la COVID-19 dans la communauté qui pleure son départ. D’autres ont évoqué une mort de cause cardiaque.  

«On n’en sait pas plus. Ça pourrait être la COVID-19, mais elle avait fait excessivement attention (durant son séjour là-bas). Elle allait bien et elle ne faisait pas de température», dit Marie-Pier Boudreau-Gagnon.  

«Elle était en forme. En santé, je ne sais pas, mais dans une forme incroyable. C’est une fille qui roulait toujours à 100 milles à l’heure», ajoute sa mère.  

Flot de messages  

Son décès a secoué le monde de la natation artistique, surtout ses anciennes athlètes. La page Facebook de la défunte a déclenché un flot de messages.  

Sylvie Fréchette, l’une des premières, a salué celle qui l’avait menée jusqu’à la médaille d’or des Jeux de Barcelone en 1992. «C’est comme si une partie de moi était partie avec elle», a-t-elle écrit sur son compte Twitter.  

«C’est vraiment difficile. C’est quelqu’un qui comptait vraiment beaucoup dans ma vie. Pour moi, c’était une grande amie avant d’être une entraîneure. J’ai perdu une grande amie», a exprimé au «Journal» Marie-Pier Boudreau-Gagnon, en larmes.  

«Je suis encore très émotive. Marie-Pier a travaillé tellement longtemps avec Julie qu’elle faisait partie de la famille», a renchéri sa mère.