Repêchage 2020 de la LNH

«J’aimerais le voir à Ottawa»

Jean-François Chaumont

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Il n’y a pas d’arc-en-ciel avec le message « ça va bien aller » dans les vitrines du Centre Canadian Tire, à Ottawa.   

Si les Sénateurs traversent des jours sombres depuis maintenant trois ans, ils auront les outils pour sortir bientôt de leur misère.  

Ci-dessus, voyez l'entrevue que Thomas Chabot a accordée à «Dave Morissette en direct», la semaine dernière.  

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À l’image du Canadien, les Sénateurs se retrouvaient à quelques matchs seulement d’une exclusion des séries pour une troisième année d’affilée. C’était le sort qui attendait la bande à D.J. Smith avant l’interruption de la saison dans la LNH.  

«Oui, nous sommes plus en paix que d’autres équipes avec la longue pause, a dit Thomas Chabot en entrevue au Journal. Les équipes qui avaient la chance de se battre pour la coupe Stanley doivent trouver cette période d’incertitude assez frustrante.   

«Nous n’étions pas dans ce portrait. Mais peu importe ce que nous pouvons dire, nous restons des humains. La santé de tout le monde passe bien avant le hockey.»  

Il n’y a pas uniquement du noir dans le ciel de la capitale. Au prochain repêchage, un événement toujours sans lieu ni date, les Sénateurs auront l’occasion de transformer le visage de l’équipe.   

Si les règles ne changent pas, ils auraient 25 % des chances de gagner la loterie pour Alexis Lafrenière.  

Avec leur 30e rang au classement, les Sens ont 13,5 % des chances d’obtenir le premier choix. Ils ont aussi le choix de premier tour des Sharks de San Jose, acquis dans l’échange pour Erik Karlsson.   

Les Sharks croupissaient au 29e rang à la pause des activités, procurant un autre 11,5 %. Les Red Wings de Detroit, qui étaient au 31e et dernier rang, auraient 18,5 % des chances pour le premier choix.  

Crédit photo : AFP

Deux gros espoirs de plus  

Peu importe le résultat des trois loteries pour le repêchage, les Sénateurs parleront deux fois dans le top six. À condition encore une fois de conserver la même base de règlements.   

Deux choix dans les six premières sélections, c’est deux joueurs entre Alexis Lafrenière, Quinton Byfield, Tim Stuetzle, Lucas Raymond, Jamie Drysdale ou Marco Rossi.  

«Je sais qu’on parle beaucoup de Lafrenière et j’aimerais le voir à Ottawa, a dit Thomas Chabot. C’est permis d’y croire. Nous aurons un bon pourcentage. Mais peu importe ce qui arrivera avec la loterie, nous aurons de bons joueurs.»  

«Qu’on parle 1er, 3e, 5e ou 6e, nous aurons deux très bons espoirs, a continué le doué défenseur des Sénateurs. Ils aideront dans le futur. C’est une très bonne chose.   

«Nous avons déjà un gros noyau de jeunes prometteurs. Nous avions une des meilleures équipes de la Ligue américaine à Belleville. Les Drake Batherson, Josh Norris, Erik Brannstrom, Logan Brown et Alex Formenton ont un bel avenir. C’est rassurant pour le futur de l’équipe.»  

À 23 ans, Chabot est déjà le cœur des Sénateurs. Et il restera longtemps à Ottawa avec un contrat de huit ans et  

64 millions $, qui s’amorcera au début de la prochaine saison. Brady Tkachuk, 20 ans, représente l’autre grosse pièce du casse-tête de l’équipe. Bientôt, elle recevra de l’aide pour accélérer le processus de reconstruction.  

Une soirée inoubliable  

De la saison 2019-2020, Chabot retiendra le départ d’un grand ami en Jean-Gabriel Pageau, échangé à la date limite aux Islanders de New York.   

Le choix de premier tour des Sens en 2015 gardera aussi un très bon souvenir de la soirée de trois buts de Bobby Ryan à son premier match à Ottawa, le 27 février, après un combat de plusieurs mois contre l’alcoolisme.  

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«C’était pratiquement comme dans un film, c’était vraiment beau, a mentionné Chabot. Bobby a eu le courage de parler de ses démons du passé. Ça prenait beaucoup de force, juste pour faire ça. Il a pris les moyens pour s’en sortir. Encore là, il a montré son caractère en choisissant de travailler sur lui-même.»  

«C’était une soirée magique avec ses trois buts, mais ça dépassait les cadres du hockey. C’était aussi le retour d’une personne sur le bon chemin. Nous étions émotifs avant le match et après aussi. Je ne peux pas imaginer ce qui se passait dans la tête de Bobby. J’étais heureux de partager ce moment avec lui.»  

Avec papa et maman  

Des 31 équipes de la LNH, les Sénateurs d’Ottawa sont l’équipe la plus durement touchée par la pandémie de la COVID-19 avec six cas déclarés.  

Avant la pause du 12 mars, les Sens avaient joué trois matchs en Californie, du 7 au 11 mars. À Los Angeles, ils avaient également partagé le même vestiaire que les Nets de Brooklyn, une équipe avec plusieurs joueurs touchés par ce virus, au Staples Center.  

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«Ça fait partie de la réalité du coronavirus, tu as des chances de connaître des gens qui ont attrapé ce virus, a rappelé Thomas Chabot. Je le vois un peu de cette façon.   

«C’est un virus sérieux, ça peut devenir dangereux. Mais il n’y a personne à l’abri. Nous avons pris les précautions nécessaires. C’est inquiétant un peu, mais les gars ont très bien récupéré. Ils ne sont pas en danger.»  

Du temps en famille  

Chabot a choisi de retourner chez lui à Sainte-Marie de Beauce pour vivre son confinement. Le rapide défenseur s’est réfugié en compagnie de sa copine au domicile familial.  

«J’ai la chance de passer du temps avec mes parents, François et Claude, a-t-il dit. Je veux prendre soin d’eux. C’est une situation extraordinaire dans le sens que nous n’avons jamais vécu une pandémie de la sorte. Il faut rester prudent.»  

«Nous sommes chanceux, tout le monde est en santé dans ma famille, a-t-il poursuivi. Il n’y a pas de problème. On touche du bois, mais nous faisons extrêmement attention. J’ai mes deux grands-parents, du côté de ma mère.   

«Il y a aussi mon grand-papa paternel. Il reste seul. Les parents de ma mère sont dans une maison de retraités. Nous faisons l’épicerie pour eux. Quand ils ont besoin de nourriture, ils nous téléphonent.»  

Papa en pause  

À l’instar de fiston, François Chabot a aussi sa saison sur pause. Il enseigne dans une classe de première année en Beauce.  

«J’aurais aimé devenir enseignant, a poursuivi Thomas. Comme garçon, je regardais beaucoup mon père et je le voyais se préparer pour l’école.   

«Ça te donne le goût d’embarquer dans le même bateau. C’est un travail exigeant, quand tu t’occupes d’une classe avec plusieurs enfants, mais ça reste tellement important.»