Chandail Nordiques

Crédit : Photo d'archives

LNH

Nordiques: le chandail oublié

Kevin Dubé

Publié | Mis à jour

Depuis qu’ils ont quitté Québec, l’image et les couleurs des Nordiques sont restées figées dans le temps. Leur logo, le fameux igloo en forme de «N» ainsi que les couleurs bleu poudre qui les caractérisaient continuent de faire le plaisir des amateurs d’articles d’époque. Pourtant, peu de temps avant leur départ pour Denver, les Nordiques planchaient sur un projet qui aurait carrément changé l’image de l’organisation.

Il y a 25 ans presque jour pour jour, «Le Journal» frappait un grand coup. Notre journaliste, le regretté Claude Cadorette, mettait la main sur le prototype du nouvel uniforme des Fleurdelisés qui avait été présenté à la LNH afin que l’équipe puisse l’enfiler pour la saison 1995-1996.

C’était une grosse prise. «Le Journal» en faisait sa Une, le 30 mars 1995.

«LE VOICI!» pouvait-on lire en grosses lettres rouges sur la page couverture, tout juste au-dessus de la photo de ce nouveau chandail réinventé sur lequel on remarquait tout d’abord que l’igloo avait été troqué pour un chien husky.

Les ventes d’articles promotionnels de l’équipe étant en chute libre depuis quelques années, l’équipe marketing des Nordiques travaillait depuis un bout déjà sur une nouvelle image de marque, quelque chose qui permettrait aux Nordiques de suivre la vague déjà entamée par certaines équipes, dont les Kings de Los Angeles, qui avaient troqué le mauve et le jaune pour un chandail plus sobre, aux teintes de gris et de noir.

L’équipe était avancée dans sa démarche. Le conseil d’administration avait approuvé le chandail et des tests sur glace avec Joe Sakic avaient été réalisés dans le but de «vérifier son impact à la télévision», pouvait-on lire dans l’article de Claude Cadorette du 30 mars 1995.

Qui a coulé l’info?

Vice-président marketing des Nordiques à l’époque, Bernard Thiboutot se souvient très bien de ce matin du 30 mars 1995.

En fait, il ne se souvient pas de la réaction populaire créée par cette nouvelle, mais il se rappelle dans les moindres détails son état d’esprit quand il avait vu que quelqu’un, visiblement de l’interne, avait laissé couler l’info dans les médias.

Chandail Nordiques
Crédit photo : Photo d'archives

Encore aujourd’hui, 25 ans plus tard, M. Thiboutot tente de comprendre qui a eu intérêt à offrir cette nouvelle à Claude Cadorette.

Quand nous l’avons contacté il y a quelques jours, il nous a offert à la blague de répondre à nos questions concernant ce projet qui n’a jamais vu le jour en échange d’indices lui permettant de savoir qui avait coulé l’info. Mais on lui a juré, et on le réitère, qu’on n’en sait rien!

«Est-ce que c’est quelqu’un de l’organisation qui, stratégiquement, a décidé de tester la température de l’eau? Est-ce que c’est quelqu’un qui a participé aux tests de caméras avec Joe Sakic et qui se trouvait dans l’aréna à ce moment? J’aimerais vraiment savoir d’où c’est venu», se questionne-t-il encore.

Nouvelle vague

Sur le plan marketing, cette nouvelle image devenait nécessaire, se souvient Thiboutot. Quand l’équipe marketing a commencé à travailler sur le projet, les rumeurs de déménagement de l’équipe n’étaient pas encore persistantes, mais une chose était évidente: avec la flambée des salaires des joueurs, il fallait trouver un moyen d’augmenter une vente d’articles promotionnels qui avait complètement stagné.

«Plusieurs équipes avaient adopté un animal comme logo et le husky nous permettait de demeurer dans l’univers nordique. De plus, il y avait un aspect psychologique. Nous avions adopté des couleurs plus foncées parce qu’on avait réalisé qu’en bleu poudre, les joueurs de l’équipe avaient l’air moins gros. On sortait également de l’époque des frères Stastny et Michel Goulet, et on voulait que le nouveau chandail coïncide avec l’arrivée de la nouvelle génération, les Joe Sakic, Owen Nolan et Mats Sundin», se remémore Bernard Thiboutot.

Le projet n’aura, au final, jamais vu le jour. Toutefois, des répliques du chandail des Nordiques version husky existent toujours, assure l’ancien v.-p. marketing des Fleurdelisés. Marcel Aubut en possède un exemplaire, tout comme un collectionneur de la région de Québec.