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Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Cyclisme

Les différents scénarios des GP de Québec et Montréal

Sportcom

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(Sportcom) – Il reste encore un peu plus de cinq mois avant la présentation des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, prévus les 11 et 13 septembre. Cela peut sembler loin, mais avec la situation qui change de jour en jour en raison de la pandémie de coronavirus, comment la préparation de ces épreuves se déroule-t-elle?

À l’heure actuelle, l’organisation planche sur trois scénarios et l’annulation ne figure pas sur la table à dessin. Le patron des deux courses cyclistes, Serge Arsenault, insiste sur deux points : «le mot que l’on emploie le plus souvent, c’est si». L’autre point est de respecter les acteurs principaux, les cyclistes, qui proviennent de 45 pays, majoritairement en Europe.

Premier scénario : si les règles de la santé publique le permettent, les 11es Grands Prix de Québec et de Montréal ont lieu aux dates prévues. L’organisation se donne jusqu’au mois d’août pour travailler en ce sens.

« Plusieurs organisateurs tentent de reporter leur course, alors ça va se bousculer. Les épreuves protégées sont celles du World Tour dont la date n’a pas été modifiée. Donc, si tous les astres sont alignés, les 11 et 13 septembre, nous serions protégés, précise M. Arsenault. Cependant, tous les événements reportés n’auront pas le même privilège. Ensuite, l’avantage sera donné aux grands tours qui, peut-être, devront être amputés d’une semaine.»

La reconfiguration du calendrier ne touche pas seulement celui des épreuves cyclistes. Elle concerne aussi celui des grands événements culturels présentés au Québec. L’ancien journaliste sportif veut assurer des retombées médiatiques optimales à ses partenaires publics et privés et il anticipe une congestion à l’horaire.

«Si on met quatre événements en même temps un week-end, chacun va avoir 25% de l’espace disponible. Vaut mieux réussir trois événements à 100% que de tenter d’en faire six et de les rater.»

«Une partie d’échecs»

Une lutte pour une place dans l’horaire événementiel est-elle à prévoir? Serge Arsenault préfère parler d’une «partie d’échecs».

«On doit travailler ensemble, positivement, et non se voir comme des compétiteurs, parce que nous sommes tous dans le même bain. On travaille tous pour le public ou pour placer nos villes sur la scène mondiale. Je pense que les professionnels qui gèrent les grands événements, de quelque nature que ce soit, sont assez intelligents pour savoir qu’on est là pour longtemps et qu’on ne peut pas, à cause des circonstances incontrôlables, devenir des compétiteurs.»

Un autre aspect à considérer selon lui est la disponibilité du matériel nécessaire à la production télévisuelle et des ressources en sécurité publique.

«Le matériel et les gens vont manquer. On ne pourrait pas avoir la Formule 1 en même temps que le Grand Prix cycliste», croit celui dont les courses sont télédiffusées dans 130 pays.

S’il y a une chose que l’organisateur n’est pas prêt à faire, c’est de présenter ses courses sans public.

«Le cyclisme n’est rien d’autre que l’union des coureurs et des spectateurs. C’est le seul sport gratuit pour tous et on oublie que les spectateurs sont le carburant des coureurs.»

Deuxième scénario : un report

Scénario 2 : les dates des épreuves québécoises doivent être reportées d’une ou deux semaines, soit par l’UCI ou par les autorités de santé publique.

«Le World Tour est un petit monde et nous sommes cinq ou six personnes (ou groupes) qui organisons en réalité 90 % du calendrier. On se parle entre nous, mais en même temps, il y a le président de l’UCI qui aura lui aussi des décisions à prendre. On ne peut pas mettre 100 litres d’eau dans un réservoir de 10 litres, prévient M. Arsenault. Il y aura donc des choix à faire, mais grâce à l’amour des coureurs et des gens pour les Grands Prix de Québec et de Montréal, ça nous aide beaucoup.»

Troisième scénario : des épreuves internationales modifiées

Troisième hypothèse : la libre circulation des personnes est revenue au Canada, mais pas en Europe. Les Grands Prix québécois jonglent avec l’idée de présenter des courses internationales avec les athlètes qui pourraient être présents ici.

La préparation des Grands Prix sans avoir toutes les données en main exige évidemment beaucoup plus de travail comme le fait remarquer M. Arsenault de façon imagée. Mais malgré les circonstances, il refuse de baisser les bras.

«C’est quand il y a tempête sur la mer que l’on réalise que l’on est en contrôle. C’est ça le monde de l’événementiel. Si tu n’es pas entouré de gens qui sont optimistes et réalistes en même temps, tu n’y arriveras pas. Comme on dit en bon québécois : amène-moi en, on va le prendre !»

Le capitaine des Grands Prix a été parmi les premiers à organiser des courses cyclistes professionnelles en Amérique du Nord. Il en a vu d’autres et il maintient le cap.

«Nous sommes responsables de prévoir tous les scénarios et au fur et à mesure qu’un devient impossible, on se consacrera sur les deux autres. Et quand il n’y en aura plus, on partira à la pêche !» conclut-il en riant.