Boxe

Ça fesse encore plus fort pour Kim Clavel

«Je te dirais que les deux ou trois premiers jours, je me suis apitoyé sur mon sort...»

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Kim Clavel est revenue à son premier métier. La boxeuse de 29 ans a troqué ses gants pour le stéthoscope en CHSLD, où elle travaille comme infirmière. 

Il s’agit d’un dur retour à la réalité pour la championne NABF des mi-mouches, qui a réintégré le milieu des soins infirmiers après que sa défense de titre du 21 mars a tombé à l’eau, dans le contexte de la crise pandémique.

Voyez l'entrevue de Kim Clavel (et quelques pas de danse enivrants) dans la vidéo, ci-dessus.

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Et ça fesse encore plus fort dans le monde de la santé à l’heure actuelle, étant donné les cas de COVID-19 qui montent en flèche chez les personnes âgées au Québec. Épidémie et pénurie sont les ennemis que la sympathique guerrière affronte maintenant au quotidien, tout en gardant la forme comme elle peut.

«Ils sont en train de gérer ce qu’il reste, a-t-elle expliqué à «JiC», vendredi, sur TVA Sports. Il faut faire attention pour que tout le monde ait de l’équipement. 

«Ils ont même enlevé des (distributrices) Stérigel pour que les gens soient portés à se laver les mains. Ils ont peur d’en manquer.

Pendant que les accessoires et produits médicaux se font attendre dans tous les hospices de la province, le gouvernement du Québec a indiqué en journée que les stocks seront suffisants pour les huit prochains jours dans le milieu hospitalier. Mais il manque de tout, partout.

«J’ai hâte que les produits soient livrés, a insisté Clavel. Si ça continue comme ça, il n’en restera plus dans quelques jours...»

Mais les accessoires et produits ne sont pas les seuls manques.

«Ce n’est pas évident, ajoute-t-elle. Il y a un gros manque de personnel en ce moment. Les gens ont peur d’aller travailler. Certains ont des familles et d’autres sont en quarantaine, puisqu’ils revenaient de voyage.

«On a besoin d’une grande main d’œuvre en ce moment.»

Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

Patience

C’est tout qu’un changement de vie pour Clavel, quelques mois après avoir remporté son titre. 

Fière athlète, elle avoue avoir trouvé difficile de renoncer à la compétition lorsque tous les dominos de l’univers sportifs ont chaviré un après l’autre. Le monde de la boxe inclus.

«Je te dirais que les deux ou trois premiers jours, je me suis apitoyé sur mon sort, admet-elle. J’étais déçu que le combat soit annulé. 

Mais à un moment donné, j’ai deux bras et deux jambes et je suis en santé. J’ai une formation qui me permet (d’aider les gens). Si ça peut faire une différence, tant mieux. Avec les personnes âgées, c’est comme si c’étaient mes grands-parents.»

Objectif 2020?

Par ailleurs, elle assure que malgré les longues heures, le manque de ressources et le lourd climat auquel les gens de son milieu sont exposés, l’environnement est sain.

«Il y a une belle entraide de la part de tous dans le milieu de la santé. Les préposés, les concierges, les médecins, les infirmières...»

«C’est un autre sorte de combat, mais celui-là est encore plus important.»

Parlant de combat, croit-elle pouvoir remonter dans le ring d’ici la fin de 2020?

«C’est sûr que je le souhaite. J’espère vraiment que d’ici la fin 2020 j’aurai au moins la chance d’avoir un combat, mais on est dans une zone grise avec le marché américain. On ne sait pas comment ça va aller. 

«Je me garde en forme chaque jour. Je m’entraîne au moins une heure. Pour l’instant on va livrer un (autre) combat. On sera actif. On verra comment 2020 va aller. On reste optimiste...»