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Alouettes de Montréal

Vol en pleine tempête

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Avant l’arrivée de la COVID-19 au Québec, les Alouettes avaient posé des gestes significatifs afin de retrouver un certain équilibre budgétaire. Ils avaient une erre d’aller fort intéressante en prévision de la campagne 2020.

Toutefois, en raison du report du début des camps d’entraînement, les Alouettes ont annoncé la mise à pied temporaire de 23 de leurs 65 employés. Les coupes ont touché les secteurs administratifs et des opérations football.

Malgré cette situation exceptionnelle, le président de la formation montréalaise Mario Cecchini demeure calme. Il est tout de même optimiste en prévision des mois qui s’en viennent.

Quelle est votre situation actuelle?

«Je suis en confinement avec ma femme. Mes deux filles de 25 et 21 ans sont à leurs domiciles respectifs. Elles sont confinées comme nous. On trouve cela dur de ne pas les voir. Je n’ai pas à me plaindre et on touche du bois. Il n’y a pas de virus dans notre famille.»

Lundi, vous avez annoncé 23 mises à pied temporaires au sein de votre groupe d’employés. Est-ce que c’est une décision à laquelle vous pensiez depuis un certain temps?

«Pour moi, le début de la pandémie est arrivé le 12 mars avec l’annonce du premier ministre François Legault. Jusqu’à ce moment précis, je n’avais pas cela dans l’idée. Depuis 10 jours, on passe d’innombrables heures en conférence téléphonique avec le commissaire [de la LCF] Randy Ambrosie. Notre premier dossier important était la date du début des camps. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à penser aux mises à pied. C’est devenu un scénario inévitable.»

Quels sont les scénarios pour la saison régulière à l’heure actuelle?

«On cherche des solutions pour avoir une saison régulière de 18 matchs. Si ce n’est pas 18, ça pourrait être moins; 14, 12 ou 10? On ne le sait pas. Pour ma part, je n’ai pas encore écarté la possibilité d’un calendrier complet. On parle de l’atteinte du sommet de la courbe de la COVID-19 dans 10 jours. Si ça va bien jusqu’à la fin de mai, on peut encore jouer tous les matchs.»

Si les Alouettes ont un calendrier écourté, ça signifie moins de revenus dans les coffres de l’équipe. Est-ce que ça pourrait être un casse-tête pour votre organisation?

«Pour la progression à court terme qu’on avait planifiée, c’est un peu plus inquiétant. On avait un plan qui avait commencé à se mettre en place. L’an passé, les Alouettes ont perdu beaucoup d’argent. On était très optimistes quant à nos foules qui allaient assister à nos matchs locaux. On était en avance de 30 % dans les ventes de nos abonnements de saison par rapport à 2019. On avait le même optimisme pour la vente des billets individuels.»

Quels sont les états d’âme des propriétaires face à la situation actuelle?

«Je communique régulièrement avec Gary [Stern, copropriétaire de l’équipe] pour le tenir au courant de la situation. Une chose est sûre, tout le monde est prêt à faire face à la musique. On va prendre les obstacles un par un. Je suis optimiste et Gary l’est tout autant. C’est un homme d’affaires aguerri et ce n’est pas la première situation d’urgence qu’il vit.»

Quel est le bilan actuel de vos commanditaires?

«On est en contact avec nos commanditaires des dernières années et aucun d’entre eux ne m’a signifié qu’il ne voulait pas être de retour en 2020. La situation n’est cependant pas claire et on ne sait pas comment elle va évoluer. Il sera intéressant de voir de quelle façon les gouvernements vont aider les entreprises à se relever. On va s’adapter et travailler différemment. Les revenus, on va les trouver d’une autre façon et on devra être créatifs.»

Est-ce que la LCF et les hôtes de la prochaine Coupe Grey (les Roughriders de la Saskatchewan) sont flexibles à propos de la date de l’événement?

«Je ne peux pas commenter ce dossier. On pourrait devoir étudier tous les scénarios possibles quant à cet événement. S’il y avait un changement de date, il y aurait des impacts à tous les niveaux. C’est sûr que les diffuseurs officiels (TSN/RDS) auraient leur mot à dire dans une telle décision.»