Canadiens de Montréal

Nick Suzuki se dévoile comme jamais

Nick Suzuki se dévoile comme jamais

Louis Jean

Publié 01 avril
Mis à jour 01 avril

S’il y a un joueur qui souhaite ardemment que la saison reprenne, c’est Nick Suzuki. La recrue vivait un rêve depuis le mois d’octobre avec les Canadiens.  

«Je ne crois pas que beaucoup de gens croyaient en mes chances de faire l’équipe cette année. Moi aussi j’avais mes doutes. Je regardais la formation et il n’y avait pas beaucoup de trous. Je pense que tous les joueurs souhaitent qu’on puisse recommencer à jouer», m’a confié Suzuki lorsque joint au domicile de ses parents à London, en Ontario.  

«Je me sens comme si ça fait un an que je n’ai pas patiné! C’est difficile de s’entraîner. J’ai toujours aimé la course à pied, alors je cours le plus possible pour garder la forme.»  

J’ai profité de cet arrêt des activités dans la LNH pour discuter avec l’attaquant du CH sur sa première saison dans les rangs professionnels.  

1- Qui s’est le plus comporté en grand frère pour toi cette saison?

«Il y a quelques gars qui se sont occupés de moi. Assurément Nate Thompson. J’ai joué une bonne partie de la saison avec lui. J’ai beaucoup appris et je suis reconnaissant d’avoir joué avec lui. Il a été un modèle pour moi. Dès les premiers instants, il m’a fait sentir à l’aise et à ma place. C’est l’un des meilleurs gars avec qui j’ai eu la chance de jouer. La façon dont il se comporte avec les joueurs, le personnel, les entraîneurs... Tout le monde le respecte.»  

- Qui d’autre t’a pris sous son aile?

«Phillip Danault en est un autre. Je suis assis à côté de lui dans le vestiaire. Dès mon premier voyage, Cale (Fleury) et moi attendions que les vétérans s’assoient dans l’avion pour savoir où nous allions nous asseoir. Phil et Jo (Drouin) nous ont invités à la table de cartes. Nous étions surpris de se retourner à la table de cartes avec les vétérans!»  

«Ce qui m’a frappé de Danault, c’est sa préparation hors glace pour les entraînements et les matchs. C’est quelque chose que j’essaie de copier. Surtout, j’apprécie ce qu’il apporte sur la glace. Il joue dans les deux sens de la patinoire. Il est en train de devenir un des meilleurs centres défensifs de la ligue. Il est le genre de joueurs que j’aimerais devenir. On n’a souvent regardé que mes statistiques dans le junior, mais être un joueur responsable a toujours été une grande fierté.»   

2- Qui est le joueur qui perd le plus souvent aux cartes?

«Nous jouons au Shnarps, c’est un jeu commun chez les hockeyeurs. Nous sommes pas mal tous du même calibre, mais c’est vrai que pendant une certaine période Phillip a connu plus de difficultés. Il a réussi à sortir de sa léthargie.»  

Oshie le gentil!   

3- Qui sont les joueurs que tu regardais sur YouTube que tu avais hâte d’affronter dans la LNH?

«La liste est longue : Sidney Crosby, Aleksander Barkov, Anze Kopitar... Il y avait aussi Mitch Marner et Brayden Point puisque ce sont des joueurs droitiers de petit gabarit comme moi.»  

4- Est-ce que quelqu’un t’a déjà souhaité la bienvenue dans la LNH en plein match?

«Oui, T.J. Oshie, des Capitals de Washington. C’était lors d’un arrêt de jeu. Je retournais vers le banc et il m’a dit que j’étais vraiment bon et de continuer de persévérer. J’ai trouvé ça gentil de sa part. C’est un joueur que j’ai toujours admiré.»  

«Il y a aussi Ryan Ellis, des Predators de Nashville. Il m’a invité, mon frère et moi, à son tournoi de golf l’été passé. On ne pouvait pas y aller puisqu’on participait à un camp de développement, mais il a pris le temps de me texter pour prendre des nouvelles de moi et de me souhaiter bonne chance. J’avais vraiment apprécié ça. »  

5- Quel a été ton moment «bienvenue dans la LNH»?

«Probablement les deux premiers matchs contre les Hurricanes et les Maple Leafs. De voir la domination de Sebastian Aho et d’Auston Matthews était un peu surréaliste. Les deux sont capables de créer quelque chose d’extraordinaire à partir de rien. Mon deuxième match était à Toronto devant mes parents et amis, les John Tavares, Mitch Marner, Matthews, William Nylander... Je me suis retrouvé à quelques reprises sur la glace contre eux. C’était impressionnant.»  

6- Comment as-tu pris ta place dans le vestiaire?

«Ça s’est fait naturellement. Des gars comme Shea (Weber), Ben (Chiarot), Max (Domi) et Jonathan (Drouin) me complimentent beaucoup. Ils me disent que je suis bon, ils m’encouragent à me donner à fond. Ça me donne confiance.»  

«Les gars m’ont fait comprendre qu’il faut se pousser à la limite à l’entraînement pour s’améliorer, particulièrement dans les batailles à 3 contre 3. Dans le junior, les gars peuvent prendre ça personnel lorsque ça brasse un peu à l’entraînement, mais pas dans la Ligue nationale. Une fois, mon coude était un peu haut et j’ai frappé Chiarot au visage. J’étais nerveux. Je suis allé m’excuser. Il m’a dit que c’était correct et de continuer.»   

7- Il est comment Chiarot?

«Il a été vraiment bon pour moi. Ce n’est pas un gars qui parle beaucoup, mais il est vraiment intense. Hors glace, il est vraiment drôle. Les médias et les partisans ne voient pas ce côté de sa personnalité. Il est un leader dans l’équipe et il est très constant. Il a aussi joué à Guelph et nous avons connecté là-dessus.»  

Price le tireur d'élite!   

8- Quelle est ta meilleure histoire sur Carey Price?

«Avant le début de la saison, nous avons fait du tir au pigeon d’argile comme activité d’équipe. Cale et moi étions dans l’équipe de Carey. Il est arrivé avec sa propre carabine. On savait qu’il était à prendre au sérieux! Il nous taquinait avec son sens de l’humour propre à lui. C’était agréable de voir un différent côté de sa personnalité. C’est quelque chose que peu de gens ont la chance de voir. Évidemment, il a gagné le tournoi!»  

«D’ailleurs, une fois pendant la saison, il m’a pris de côté pour me dire que non seulement j’avais le droit de lancer fort contre lui et que c’est ce qu’il voulait. Pourtant, je ne pensais pas me retenir! Il m’a dit que c’était la seule façon que j’allais m’améliorer et marquer des buts. Il voulait que je fasse tout pour le battre. Ma seule peur est de le frapper à la tête!»  

9- C’était comment jouer avec Ilya Kovalchuk?

«De jouer avec lui était vraiment spécial. Nous avons établi une chimie instantanément. Il m’a donné des trucs, il m’a montré des choses qu’on pouvait exploiter sur la glace. Il était incroyable. Il s’est immédiatement intégré au groupe et a pris la parole dès le premier jour. Il nous a dit que nous avions une bonne équipe et beaucoup de bons éléments. Ça nous a donné de la confiance et de l’énergie. Il aimait venir à l’aréna, il aimait être avec les gars. Il était un leader.»  

«Je lui ai demandé de m’aider en fusillade. De me donner des trucs : où lancer, quelles feintes utiliser. Il est tellement "clutch". Et la courbe de son bâton est particulière. Max, Jonathan et moi passions beaucoup de temps à analyser ses bâtons. Tout le monde parle de son talent de marqueur, mais il est aussi un excellent passeur.»  

- Lui as-tu demandé un souvenir avant qu’il parte pour Washington?

«Oui, il m’a signé un bâton que je vais conserver. D’ailleurs, je songe peut-être à commencer une collection de bâtons!»  

Un grand amateur de... Ron Hainsey   

- Quels seraient tes incontournables?

«Patrice Bergeron, Nikita Kucherov, Alex Ovechkin, Sidney Crosby et Ron Hainsey. »  

- Ron Hainsey?

«Je regardais beaucoup Ron lorsqu’il jouait pour les Maple Leafs. Il ne reçoit pas le crédit qu’il mérite. Je l’ai toujours aimé. Il brise de beaux jeux avec son bâton. D’ailleurs, j’ai l’impression que Max reçoit toujours un bâton à chaque match. Je ne sais pas ce qu’il fait avec, mais il doit avoir toute une collection à la maison!»  

10- Quelle est ta relation avec les autres jeunes de l’équipe?

«Elle est très bonne. Nous avons du plaisir ensemble. Une des choses que nous aimons le plus sur la route, c’est d’aller souper et de s’amuser ensemble. Notre groupe comprenait Jesperi Kotkaniemi, Victor Mete, Cale Fleury et Ryan Poehling quand il était là. C’est spécial de voir que nous allons grandir ensemble avec les Canadiens.»  

- Qui est le plus drôle?

«KK ou Poehling. Les deux se relancent beaucoup.»  

- Qui est le plus grognon?

«Probablement Fleury. Quand il est encore un peu endormi, il a tendance à être un peu grognon.»  

11 - Quel est le potentiel de chacun?

- Kotkaniemi:  

«KK va être excellent. Il est encore en train de s’adapter à son corps, mais il a plein d’attributs. Il patine bien, il a une excellente vision, un lancer puissant. L’an prochain, il reviendra plus fort que jamais.»  

- Poehling:  

«Je regardais son premier match dans la LNH contre les Maple Leafs. J’étais content pour lui. Je l’ai rencontré pour la première fois au camp de développement. Il a un bon gabarit, il a un coup de patin exceptionnel et joue dans les deux sens de la patinoire. Il est mature. Il va avoir une belle carrière.»  

- Mete:   

«Je l’ai vu dominer dans la Ligue de l’Ontario. De jouer dans la LNH à 19 ans est impressionnant. Quand il se porte à l’attaque, il est une menace pour l’équipe adverse. Personnellement, j’adore la façon dont il joue. Tout le monde l’aime dans le vestiaire. Il bouge bien la rondelle, son coup de patin est fantastique. Je crois qu’il va devenir un joueur qui va évoluer régulièrement sur le top 4.»  

- Fleury:   

«Je crois qu’il a surpris beaucoup de gens avec un excellent camp d’entraînement. J’aime son lancer et les mises en échec qu’il donne. Il a aussi de bonnes mains pour un défenseur. Il a amélioré son jeu défensif. Il a tout pour réussir.»