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Le projet fou de Nicolas Deslauriers

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De la Californie à l’Arizona au Texas à l’Indiana au Michigan et au Québec. En quatre jours, Nicolas Deslauriers a traversé le continent d’ouest en est à bord d’un véhicule récréatif pour rentrer à la maison et fuir un foyer d’infection à la COVID-19 dans la région d’Anaheim. 

Pour pimenter le projet, il a fait ce voyage avec sa femme enceinte, ses trois enfants et ses deux chiens.  

«C’est ça que je trouve le plus drôle, mais le trajet s’est très bien déroulé, a dit Deslaurieurs en entrevue au "Journal" de son domicile de Saint-Ignace-de-Loyola, près de Berthierville. Celui qui a eu le plus de misère, c’est mon Dalmatien, une chienne de 16 mois. Elle était vraiment stressée tout le long du voyage. C’est elle qui nous tenait sur le bout de nos orteils, elle n’arrêtait pas de bouger.» 

«Nous avions une bonne configuration avec notre VR [véhicule récréatif], nous avions installé les enfants face à face avec une petite table dans le milieu. Ils jouaient à des jeux. Ma femme se levait aussi pendant le chemin. Nous étions en famille. Je dirais que ce voyage a soudé la famille à un autre niveau. Dans 20 ans, nous en parlerons encore. C’était demandant pour le corps. Mais je n’ai pas peur de le dire, je ne le referais pas.» 

Plus de 4000 kilomètres au compteur 

Dans des conditions plus régulières, un voyageur prendra près d’une semaine pour conduire de la Californie jusqu’au Québec. Selon Google Maps, on parle d’une distance colossale de 4600 km et de 42 heures à manger de l’asphalte. 

Les Deslauriers ont parcouru la route en quatre jours. Deux journées d’un peu plus de huit heures, une troisième journée marathon de 17 heures et un autre marathon de 16 heures. Et on vous rappelle qu’il y avait à bord une grande fille de 6 ans (Madison Rose), un garçon de près de 4 ans (Jaxon) et une autre fillette de 16 mois (Payton). La courageuse maman, Joanie, devait aussi gérer sa bedaine de femme enceinte et les deux chiens, un Golden Retriever et un Dalmatien nerveux. 

«C’était assez fou comme projet, mais je crois toujours qu’il s’agissait de la meilleure solution pour nous, a répliqué l’ailier des Ducks d’Anaheim. J’ai loué le véhicule juste à temps. Au lendemain de notre départ [26 mars], il y a eu un confinement, interdisant les sorties, pour deux semaines dans la région d’Orange County, en Californie. Je n’aurais pas réussi à me trouver un véhicule si j’avais attendu 24 heures de plus.» 

«Je n’avais pas le goût de faire ce long trajet, a-t-il continué. J’avais regardé toutes les options, même un vol nolisé. Mais ça coûtait vraiment trop cher. Nous avons décidé de louer un VR. Ma femme est enceinte. Il n’y avait aucun risque à prendre pour nous. Avec le VR, nous dormions au même endroit, nous réduisions les risques d’une contagion du virus. Ce n’est pas l’idéal de traverser le continent avec de jeunes enfants et deux chiens, mais c’était le meilleur choix pour notre santé. Ça passait avant tout. Quand nous avons traversé les douanes au dernier jour [quatrième journée] nous avons ressenti un regain d’énergie. Nous savions que nous étions plus proches de la maison.» 

Bien à la maison 

La famille Deslauriers écoute maintenant les directives du gouvernement Legault en restant en quarantaine pour une période de deux semaines chez elle à Saint-Ignace-de-Loyola. 

«Je suis chanceux, mes voisins avaient préparé une épicerie pour nous, a mentionné l’attaquant de 29 ans. Mon voisin m’a également facilité la vie pour me trouver un camion à Detroit puisque je ne pouvais pas rentrer le VR américain au Canada.» 

«Je ne pense pas que je pourrais m’imaginer en Californie en ce moment. J’étais super bien là-bas, mais ce n’était pas notre chez nous. Nous louions une maison. La Californie est aussi un foyer d’infection, surtout dans le coin d’Orange County. Je suis heureux d’être au Québec, à la maison. Je me sens en sécurité avec ma famille.» 

Le concept de rouler à bord d’un véhicule récréatif pourrait faire des petits chez les Ducks d’Anaheim. 

«Je parlais avec David Backes récemment et il pense faire la même chose avec sa famille. Il est à Boston, mais il aimerait retourner chez lui au Minnesota. Il m’a posé plusieurs questions. J’étais franc avec lui. Ce n’était pas ma première option, mais pour la sécurité, ce l’était.» 

Une route reliant Boston à Minneapolis représenterait une toute petite balade de 2200 km. C’est la moitié du parcours de la famille Deslauriers.

Rappelons que le 10 mars dernier, Deslauriers a eu besoin de 11 min 49 s pour inscrire le premier tour du chapeau de sa carrière dans la LNH et le plus rapide dans l’histoire de l’équipe (à voir dans la vidéo ci-dessus).