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F1

GP du Canada: vers une quatrième annulation?

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Dans l’état actuel des choses, le Grand Prix du Canada sera la première course de la saison de Formule 1, mais la pandémie de COVID-19 pourrait bien avoir raison de ce traditionnel rendez-vous du mois de juin.    

S’il advenait que la course soit remise, elle pourrait être disputée plus tard cet été ou au début de l’automne. La fenêtre est toutefois plus étroite que pour la majorité des autres escales, puisque les températures froides et la neige ne font pas bon ménage avec la F1.        

Ainsi, si les mesures de confinement devaient se prolonger et empêcher la tenue de la course, l’année 2020 marquerait la quatrième non-présentation de l’histoire du GP du Canada.     

Voici un résumé des trois annulations précédentes.    

- 1975    

Le GP de F1 se déroule sur le circuit Gilles-Villeneuve depuis 1978, mais il a été disputé la première fois en 1967 sur le circuit Mosport, en Ontario.    

Pendant plusieurs années, Mosport a donc été l’une des deux escales en Amérique du Nord pour la Formule 1 avec le GP des États-Unis tenu sur le circuit de Watkins Glen. Les promoteurs des deux courses s’étaient d’ailleurs entendus pour partager les frais de transport et la bourse remise aux écuries.    

Toutefois, l’Association des constructeurs de la F1 (FOCA), menée entre autres par Bernie Ecclestone, a réclamé une bourse plus généreuse en 1975, ce à quoi les promoteurs se sont opposés.    

Les Américains ont toutefois décidé à la dernière minute de donner aux écuries ce qu’elles voulaient. Au nord de la frontière, toutefois, on a maintenu la ligne dure, et la FOCA a refusé de prendre part à la course.    

Les organisateurs du GP ont ensuite lancé des poursuites contre Watkins Glen et la FOCA, avant de les retirer pour assurer le bon déroulement la course l’année suivante.    

- 1987    

Au cours des années 1980, Ecclestone a pris de plus en plus de place dans le monde de la F1, négociant avec les équipes, les diffuseurs, les promoteurs et la Fédération internationale de l’automobile (FIA).    

Soucieux de faire grandir son sport, l’Anglais est toutefois devenu de plus en plus gourmand, faisant constamment monter les montants exigés pour la tenue d’un Grand Prix. Agissant à titre de promoteur depuis plusieurs années, la brasserie Labatt a toutefois refusé de répondre aux demandes d’Ecclestone et a signé à son insu un contrat avec l’organisme de sanction des sports motorisés du Canada, soit les Canadian Automobile Sport Clubs (CASC), pour la présentation de 1987.    

Si les promoteurs devaient en effet avoir l’aval des autorités nationales sanctionnées par la FIA pour organiser les Grands Prix, ils devaient toutefois également avoir celle de la FOCA, et donc d’Ecclestone. Ce dernier s’est donc tourné vers un promoteur américain, soit Jack Long, pour organiser la course. Long a ensuite signé une entente de commandites avec... Molson.    

Ayant également un mot à dire auprès de la FIA, Ecclestone a ensuite recommandé la révocation de la sanction de la CASC pour créer une nouvelle autorité au Canada, ce qu’a accepté la FIA.    

Labatt ne s’est toutefois pas laissé faire et a invoqué son droit de préemption. Le litige s’est finalement rendu en cour et menaçait l’événement, si bien qu’Ecclestone a simplement décidé d’annuler la course de 1987.    

Par ailleurs, Labatt a abandonné cette bataille judiciaire par la suite pour assurer la bonne tenue du Grand Prix lors des années subséquentes.    

- 2009    

Une fois de plus, Ecclestone a été au cœur de négociations qui n’ont pas abouti à une entente en 2008, si bien que la course de 2009 n’a pas eu lieu.    

Cette fois, c’est avec le promoteur Normand Legault qu’Ecclestone a eu maille à partir. Un écart de plusieurs millions de dollars séparait les deux clans. Cependant, les gouvernements du Québec et du Canada ainsi que la Ville de Montréal ont également sauté dans le bain pour injecter des fonds publics.    

Puisque les deux groupes ont été incapables de trouver un terrain d’entente, aucune course n’a été organisée en Amérique du Nord en 2009. Legault a d’ailleurs décidé d’abandonner la gestion du GP, estimant que le modèle économique n’était plus viable avec des subventions.    

Cédant finalement à la pression des constructeurs, qui souhaitaient la tenue d’une course en Amérique du Nord, Ecclestone a relancé les négociations. Une entente a été ficelée pour le retour du Grand Prix sur l’île Notre-Dame en 2010, cette fois avec François Dumontier comme promoteur.    

Actuellement, le Grand Prix du Canada possède une entente jusqu’en 2029 pour la tenue de la course sur le circuit Gilles-Villeneuve.