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Crédit : AFP

Canadiens de Montréal

Pas de spectateurs au Centre Bell avant 2 ans?

Publié | Mis à jour

L’actuelle pandémie risque de changer drastiquement et sur une longue période le portrait du sport professionnel.    

Dans sa chronique publiée ce matin dans «Le Journal de Montréal», notre analyste Yvon Pedneault s’est attardé au dépôt d’un rapport sur la pratique des sports majeurs, rédigé par une entreprise liée à une équipe professionnelle.     

«Oublions les assistances, car avant qu’on fasse fonctionner les tourniquets, ça pourrait prendre deux ans», martèle ladite entreprise.       

Selon Pedneault, cette conclusion est liée à une réalité bien précise.   

«Tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas entièrement freiné cette pandémie, il existera toujours une crainte», dit-il.    

Le rapport cité par l’analyste-hockey avance également que l’incertitude quant à une éventuelle fin de la pandémie joue largement en défaveur d’une reprise du sport devant des partisans.   

«Quand on aura découvert un vaccin, la situation va changer... mais combien de temps prendra-t-on pour inonder le marché avec un vaccin assurant la fin du coronavirus? 12 mois, 18 mois, deux ans ? On ne le sait pas. »   

Et les joueurs, dans tout ça?   

Autre point à noter dans le rapport : la réaction des joueurs face à la possible reprise des activités.    

Ceux consultés, dit Pedneault, précisent majoritairement qu’ils hésiteront avant de revenir au jeu s’ils n’obtiennent pas l’assurance qu’il n’y a plus de risque pour leur santé.    

Sachant cela, et à voir comment le virus progresse aux États-Unis, rappelle notre collaborateur, les amateurs gagneraient à prendre leur mal en patience.   

«Très exagéré»  

Frank Pons, professeur titulaire au département de marketing de l’Université Laval et directeur de l’observatoire international en management du sport, croit pour sa part que l’attente sera longue, mais pas en termes d’années.  

«Ça me paraît très exagéré de parler de deux ans sans public. Toutefois, une reprise rapide du sport devant public m’apparaît questionnable. L’aplanissement de la courbe du virus ne signifie pas qu’il n’y aura plus de gens contaminés, mais qu’ils seront plus étalés dans le temps. En ce sens, un retour rapide sera difficilement envisageable», croit-il.  

M. Pons comprend que le plus tôt sera le mieux, à la fois pour les amateurs de sports qui crient famine et les équipes sportives privées de revenus. Il est toutefois préférable de s’armer de patience.  

«Le sport a toujours été une source de résolution de problèmes. Les gens ont le désir que ça reprenne, mais quand ça va se faire, est-ce que le sport passera par-dessus la méfiance des gens? Qui aura envie de se retrouver par milliers, entassés les uns sur les autres?», se questionne-t-il.  

Un modèle à revoir  

Le désir de se retrouver dans un rassemblement de milliers de personnes, c’est une chose. La capacité de payer des consommateurs, même les plus avides, en est une autre.  

«Les gens continueront de vouloir s’offrir du divertissement, mais rien n’assure qu’ils pourront le faire de la même façon qu’avant la crise. Et le sport a l’avantage de pouvoir être suivi à la télévision.  

«Une ligue comme la LNH, qui mise beaucoup sur la billetterie dans la diversification de ses revenus, devra peut-être développer un tout autre modèle d’affaires. C’est un grand point d’interrogation. Il faudra probablement changer les structures de prix», estime Jean Gosselin.  

Selon lui, il ne faut pas croire pour autant qu’il s’agira du coup de mort des marchés plus boiteux.  

«J’ai l’impression que la ligue adoptera un plan de soutien pour ses plus petits marchés. Elle ne laissera pas mourir ses équipes. La LNH a encore besoin de stabiliser son produit.»