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Crédit : AFP

MLS

Une pause dévastatrice pour la MLS

Publié | Mis à jour

La Major League Soccer (MLS) a suspendu ses activités au moins jusqu’au 10 mai et un tel arrêt en début de saison risque de faire mal financièrement à bien des équipes.

Toutes les grandes ligues européennes disent être au bord du gouffre et pourraient voir de nombreuses équipes faire faillite si le reste de la saison 2019-2020 est annulé. Et pourtant, on parle de ligues où les équipes ont des budgets importants.

En guise d’exemple, la «Gazetta dello Sport» avançait cette semaine que Bologne, l’autre club de Joey Saputo, affichait des pertes de 21 millions d’euros (32,4 millions $ CAD).

Dans une ligue comme la MLS, où l’essentiel des revenus provient des ventes de billets et des concessions, une longue interruption serait catastrophique financièrement pour de nombreuses équipes, surtout si on devait écourter le calendrier et finalement annuler les rencontres qui sont pour le moment reportées.

Mais pour le moment, la ligue envisage toujours de disputer une saison de 34 matchs. C’est du moins ce qu’a confié le commissaire Don Garber à ESPN, mardi. Mais la situation de la pandémie aux États-Unis pourrait bien le forcer à revoir ses plans.

Déficit

Selon les estimations de «Forbes», en 2018, 16 des 23 formations alors présentes dans le circuit Garber avaient présenté un déficit d’opérations. D’après ses chiffres, les pertes de l’Impact étaient évaluées à 12 millions $. Celles du Toronto FC (19 millions $), du New York City FC (16 millions $) et du Fire de Chicago (16 millions $) étaient encore plus importantes.

La situation est donc très préoccupante, puisque même si la valeur des équipes est constamment en hausse, ça demeure purement spéculatif et ça ne se traduit pas encore sur les revenus qui sont, dans deux-tiers des cas, moins importants que les dépenses.

Sur une belle erre d’aller depuis quelques années, la MLS pourrait subir un important contrecoup financier de cette crise provoquée par la pandémie de COVID-19.

Grosses pertes

En 2019, les revenus moyens par billet se situaient à 31 $ dans l’ensemble du circuit.

Pendant ce temps, les revenus télévisuels sont minimes par rapport à ce qui prévaut dans les autres ligues nord-américaines.

La MLS tire 75 M$ US annuellement de son entente avec ESPN et 15 M$ US pour les droits en espagnol qui sont détenus par Univision. Les deux contrats sont valides jusqu’à la fin de la saison 2022.

La NFL reçoit un peu plus de 5 milliards $ annuellement de CBS, NBC et FOX pour ses droits de diffusion, le baseball majeur reçoit 5,1 G$ US de FOX pour les droits télévisuels jusqu’en 2028. ESPN et TNT vont avoir remis 24 G$ US à la NBA, soit 2,6 G$ US une fois le contrat échu en 2025.

Quant à la LNH, son entente avec NBC est valide jusqu’à la fin de la saison 2022 et lui rapporte 200 M$. Au Canada, Rogers et TVA Sports auront versé une somme totale de 5,2 G$ à la fin de l’entente qui les unit à la LNH jusqu’à la fin de la saison 2025-2026.

Équipes affectées

Pas besoin d’avoir une calculatrice scientifique pour comprendre que les revenus aux guichets sont importants pour les équipes de la MLS, surtout si la saison est annulée ou tronquée et que les formations doivent en plus accorder des remboursements à leurs abonnés de saison. Sans compter un éventuel remboursement aux diffuseurs qui n’auront pas eu de matchs à présenter.

Pour le moment, ce sont entre deux et sept matchs qui sont reportés pour chacune des formations. En se basant sur les assistances moyennes de la saison dernière et sur le revenu moyen par billet qui était de 31 $US pour l’ensemble de la ligue en 2019, on arrive à des chiffres qui ont de quoi faire frémir bien des clubs.

Dallas s’en tire bien avec seulement deux matchs reportés et des pertes potentielles sous la barre du million de dollars. L’Impact n’a aussi que deux rencontres qui sont reportées pour le moment pour un manque à gagner légèrement supérieur à 1 M$.

À l’autre bout du spectre, il y a une équipe comme Atlanta et ses énormes foules qui pourrait perdre près de 5 M$. La ville de la Géorgie n’est pas seule dans cette situation, puisque Seattle et Cincinnati flirtent aussi avec des pertes de 5 M$.

Tout ça ne demeure que conjecture pour le moment, mais on peut tout de même redouter l’effet dévastateur sur une ligue en plein développement si l’arrêt de travail devait se prolonger au-delà de la mi-mai.

Revenus et bénéfices d'opérations

ATLANTA UNITED FOOTBALL CLUB

78 M$ (+7 M$)

GALAXY DE LOS ANGELES

64 M$ (+5 M$)

LOS ANGELES FOOTBALL CLUB

50 M$ (-5 M$)

SOUNDERS FC DE SEATTLE

47 M$ (+1 M$)

TIMBERS DE PORTLAND

47 M$ (+4 M$)

NEW YORK CITY FC

45 M$ (-16 M$)

SPORTING DE KANSAS CITY

43 M$ (+1 M$)

TORONTO FC

43 M$ (-19 M$)

D.C. UNITED

41 M$ (+1 M$)

ORLANDO CITY SOCCER CLUB

39 M$ (-1 M$)

RED BULLS DE NEW YORK

36 M$ (-6 M$)

EARTHQUAKES DE SAN JOSE

35 M$ (-5 M$)

FC DALLAS

33 M$ (-7 M$)

REVOLUTION DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE

29 M$ (-2 M$)

MINNESOTA UNITED FC

24 M$ (-8 M$)

DYNAMO DE HOUSTON

23 M$ (-6 M$)

FIRE DE CHICAGO

23 M$ (-16 M$)

REALT SALT LAKE

21 M$ (+2M$)

UNION DE PHILADELPHIE

21 M$ (-5 M$)

WHITECAPS DE VANCOUVER

20 M$ (-5 M$)

RAPIDS DU COLORADO

18 M$ (-5 M$)

CREW SC DE COLUMBUS

18 M$ (-8 M$)

IMPACT DE MONTRÉAL

18 M$ (-12 M$)

FC CINCINNATI

NON DISPONIBLE