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Crédit : AFP

LNH

Alain Nasreddine dans l'incertitude

Publié | Mis à jour

Bien malin qui pourrait prédire quand et sous quelle formule reprendront les activités de la LNH. Peu importe le scénario adopté, les Devils du New Jersey ne seront pas inclus dans les séries éliminatoires. Un tracas de moins pour Alain Nasreddine, dont la situation derrière le banc est plutôt particulière.

Depuis qu’il a relevé John Hynes, congédié le 3 décembre, le Montréalais occupe le poste d’entraîneur-chef par intérim. Sous sa gouverne, les Devils n’ont pas si mal fait, maintenant un dossier de 19-16-8.

Une tenue suffisante pour que l’organisation lui remette les pleins pouvoirs en lui donnant le titre officiel? En temps normal, peut-être. Mais dans ce cas-ci, difficile à dire puisque le directeur général, Tom Fitzgerald, a également hérité de son poste de façon intérimaire.

Évidemment, les Devils attendaient la fin de la saison pour analyser la situation et prendre une décision concernant les deux hommes. Sauf que cette fin de saison, personne ne sait quand elle arrivera.

«Il y a beaucoup d’incertitude. C’est certain que si j’avais un contrat de trois ans comme entraîneur-chef, j’aurais juste à attendre que ça reprenne, a déclaré Nasreddine, joint par téléphone à sa résidence de Mountainside, dans le New Jersey. Là, je ne sais pas si je serai entraîneur-chef l’an prochain.»

Sécurité financière

Au moins, Nasreddine a encore une saison à son contrat d’instructeur adjoint. Même dans le pire des scénarios, il est assuré de toucher un salaire pour une autre campagne.

«J’ai la sécurité financière, c’est tout. Il faut d’abord que les Devils nomment le directeur général. Est-ce que celui-ci va me garder? S’ils donnent le poste d’entraîneur-chef à un autre, est-ce qu’il voudra de moi comme adjoint? Et est-ce que moi-même je ne voudrai pas aller voir dans une autre organisation?» avance-t-il.

Cela dit, Nasreddine ne perd pas ses nuits à penser aux différents scénarios. Fidèle à la mentalité des athlètes, l’homme de 44 ans, qui a disputé 74 matchs dans la LNH, dont huit avec le Canadien, et 726 autres dans la Ligue américaine, aborde les jours un à la fois.

Une mentalité que la planète entière a adoptée depuis le début de la pandémie de la COVID-19.

«Je suis fier du travail que j’ai fait. L’équipe a bien répondu et on a eu du succès. Ça ajoute des cordes à mon arc. C’est certain que j’aimerais demeurer coach en chef. Mais si ce n’est pas ça, je m’attends quand même à avoir un travail», a-t-il indiqué.

La suspension de la saison, décrétée le 12 mars, a mis fin à l’un des rares bons passages de son équipe. Sur le point d’accueillir les Hurricanes de la Caroline, les Devils venaient de remporter 11 de leurs 21 matchs précédents (11-5-5). Pourtant, en cours de route, ils avaient perdu les services de Blake Coleman, Wayne Simmonds, Andy Greene et Sami Vatanen, tous envoyés sous d’autres cieux à l’approche de la date limite des transactions.

Apprendre à gagner

«L’ambiance était plaisante dans l’organisation et dans le vestiaire, même si on a perdu beaucoup de joueurs d’impact. Apprendre à gagner dans ces circonstances, quand tu as beaucoup de jeunes, n’était pas nécessairement facile, mais on a trouvé des moyens», a souligné Nasreddine.

«On n’était pas toujours la meilleure équipe sur la glace, mais on travaillait. On se donnait une chance. Nos gardiens de but ont fait du bon travail. Ils nous gardaient dans des matchs serrés», a-t-il ajouté.

Vendeurs, les Devils ont profité des transactions impliquant les joueurs mentionnés plus haut pour faire le plein de choix au repêchage. Dans celle qui a envoyé Coleman au Lightning de Tampa Bay, les Devils ont mis la main sur le choix de premier tour des Canucks de Vancouver en 2020 (que le Lightning avait acquis en retour de J.T. Miller).

Toutefois, ce choix implique une condition : si les Canucks ne participent pas aux séries cette année, cette sélection sera transférée en 2021.

Il y aura des mécontents

Or, la situation à Vancouver est intrigante. Advenant le cas où la LNH se fie aux points de classement pour déterminer les huit formations qui prendront part au tournoi dans chacune des associations, les Canucks seraient exclus des séries. Dans le cas où l’option du pourcentage de points serait privilégiée, ils seraient qualifiés.

«Il y aura assurément des mécontents. Il sera impossible de rendre tout le monde heureux, a philosophé Nasreddine. On va souhaiter que ce soit par le total des points, parce que ça nous donnerait un choix. Mais je reconnais que d’y aller avec le pourcentage, ce serait juste puisque les équipes n’ont pas toute joué le même nombre de matchs.»

Mais tout ça, évidemment, n’est qu’à l’étape des hypothèses. Avant toute chose, enrayons la pandémie.