Impact de Montréal

La quarantaine de Bojan

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Bojan savait que la saison en MLS allait être suspendue. Il s’était déjà préparé mentalement. Il voyait, impuissant, ce qui se passait en Europe. Puis la décision de la NBA... la suite était logique.  

Né en Espagne, Bojan est particulièrement touché par cette crise épidémiologique. Au cours de sa carrière, l’attaquant a évolué à Barcelone, mais il a aussi habité à Rome, et à Milan, dans la région de Lombardie. Sa famille et ses amis se retrouvent donc précisément là où le coronavirus fait présentement le plus de ravages.  

«C’est évidemment difficile d’être si loin d’eux durant cette période. Miraculeusement, personne de mon entourage n’est ou n’a été atteint.» 

Comme rien ne recommencera avant le mois de mai, certains joueurs ont demandé s’ils pouvaient retourner à la maison. Ce n’est pas une option pour Bojan, l’Espagne étant évidemment un point chaud.  

Entre-temps  

Avant la suspension des activités en MLS, Bojan était sur la liste des blessés. Blessure au bas du corps. S’il était impossible pour lui de disputer la rencontre retour face à Olimpia, il prévoyait revenir au jeu au Minnesota. C’était plutôt mineur, assure-t-il. Reste qu’il s’est rendu la semaine dernière au Centre Nutrilait pour y recevoir des traitements. Seuls les joueurs nécessitant la présence d’un physiothérapeute du club sont autorisés à s’y rendre. Un à la fois. Dans un environnement contrôlé. Évidemment.  

«Je suis rétabli. Maintenant, je suis le programme des entraîneurs du club. On nous demande de ne pas aller dehors, au cas où. Je reste donc à l’intérieur. L’Impact m’a envoyé un vélo stationnaire. C’est pas l’entraînement idéal pour un joueur de soccer, mais au moins ça me permet d’activer mes jambes.» 

Si la saison recommence, Bojan sera prêt. Prêt pour la deuxième pré-saison, précise-t-il. Il serait impensable, selon lui, de replonger en mode compétitif sans une préparation. 

«Nous ne sommes pas des machines. Nous n’avions même pas encore atteint notre erre d’aller. Nous étions en pleine progression quand tout s’est arrêté.»  

Resté motivé, voilà le défi! L’Espagnol le demeure en se refusant de penser à long terme. Ça pourrait être facile d’imaginer que tous ces entraînements confinés ne paieront pas avant longtemps. Il préfère voir tous les efforts qu’il fait simplement bons pour sa santé.  

Le numéro 9 se débrouille aussi très bien en cuisine. Il prévoit même filmer quelques-unes de ses recettes. Recettes «santé» uniquement! À suivre sur ses médias sociaux d’ici les prochains jours.  

Crise économique  

Les joueurs reçoivent actuellement leur plein salaire. Bojan ne serait pas surpris que des coupures salariales surviennent. C’est déjà le cas en Europe, dit-il.  

«C’est délicat de discuter de ça. Pour l’instant, les joueurs sont payés. Je présume que l’Association des joueurs et la MLS auront des discussions à ce sujet. Je ne suis pas au courant, ce n’est pas souhaitable, mais ce serait compréhensible dans les circonstances.»  

Bojan vous suggère  

Si l’attaquant a quelques suggestions de films et de séries à regarder en quarantaine (Remember the Titans, Breaking Bad, Prison Break), il suggère plutôt de profiter de ce temps pour apprendre une nouvelle langue. Ce qu’il fait. Il apprend présentement notre langue. De 45 minutes à 1 heure par jour, insiste-t-il! Entrevues en français à venir...  

Bojan après le coronavirus  

L’Espagnol s’est prêté à l’exercice :  

«Bojan après le coronavirus? Il appréciera davantage les petits trucs, la liberté de faire ce que je veux. Aussi, même si je le faisais déjà, je prioriserai encore plus mes proches et les gens avec qui je veux réellement partager ma vie.»