Boxe

Stéphan Larouche en quarantaine au chalet

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Loin du Complexe Claude-Robillard, depuis 10 jours, Stéphan Larouche a trouvé refuge dans son chalet, où il poursuit son isolement avec sa conjointe Danielle Bouchard. À 90 minutes de Montréal, entre les appels, les courriels et quelques travaux de rénovation, les deux entraîneurs de boxe ont trouvé l’équilibre parfait pour s’occuper à distance de leurs boxeurs durant la pandémie de coronavirus.

«Au début, c’était la panique. La première semaine a été assez laboriseuse. On n’en revenait pas, mais maintenant on s’ajuste au fur et à mesure, a confié Larouche en entrevue téléphonique. Nos athlètes restent actifs et trouvent des façons de s’entraîner à la maison.»

Le duo travaille avec une vingtaine de pugilistes. Larouche entraîne notamment les Jean Pascal, Francis Lafrenière et Wilfried Seyi alors que Bouchard est en charge de Kim Clavel et une brochette d’athlètes de l’équipe nationale féminine.

L’annulation des galas du 12, 14 et 21 mars et la pause forcée des activités due au coronavirus posent des défis importants, mais bien différents aux boxeurs du Québec. Larouche nous résume la situation actuelle de ces trois principaux poulains.

Jean Pascal (35-6-1, 20 K.-O.)

Champion du monde à 37 ans, Jean Pascal s’attendait à disputer trois combats en 2020 pour défendre son titre WBA des mi-lourds. Au fil des ans, le boxeur a toutefois eu l’habitude des changements d’échéanciers.

«Ça l’affecte plus ou moins, ça lui permet de guérir de vieilles blessures, a indiqué son entraîneur. Il est en terrain connu. On nous avait promis une date en mai et quelques semaines plus tard, c’était déjà reporté au mois de juin.»

De retour de Floride, Pascal est en isolement volontaire à son domicile depuis une semaine.

Francis Lafrenière (20-7-2, 11 K.-O.)

Selon Larouche, c’est le prototype du «boxeur de milieu de gamme». Un boxeur classé mondialement, mais toujours en attente d’un combat de championnat du monde. Son temps est précieux et mesuré.

«C’est un père de famille, c’est le revenu principal du foyer pour ce genre de boxeur. C’est extrêmement douloureux. Un délai ou un report de combat est beaucoup plus difficile.»

Le dernier combat de Lafrenière remonte au 20 septembre 2019 face à Francesco Cotroni.

Wilfred Seyi (8-0-0, 4 K.-O.)

Âgé de 22 ans, c’est le profil du boxeur débutant. Le poids super-moyen d’origine camerounaise gravit tranquillement les échelons de la boxe professionnelle, mais l’inactivité pourrait ralentir sa progression.

«Il s’habitue à faire le poids, il s’habitue à faire du sparring. Le boxeur de 22 ans a besoin de se développer, il a besoin de rythme, a lancé Larouche. On vise de cinq à huit combats par année. Wilfried est en train d’essayer de se trouver un rythme et comme tout le monde son rythme a été perdu.»

Fan fini des Bruins!

Croyez-le ou non, Larouche est un inconditionnel fan des Bruins de Boston. À son chalet, on retrouve d’ailleurs des dizaines de photos de Bobby Orr sur les murs et même un mini-musée «100% Boston». Malgré la suspension des activités dans la LNH, la meilleure équipe du circuit Bettman occupe encore ses journées.

«Dans mon garage, je viens tout juste de coller des photos de Patrice Bergeron sur mon fumoir, a-t-il lancé. Les Bruins étaient dans un super momentum, ce n’est que partie remise.»

Même si aucun calendrier éliminatoire n’a été avancé par la LNH, le partisan des Bruins a bon espoir de vivre des séries de la Coupe Stanley au mois de juin.

«Je crois que Washington et St. Louis vont être très dangereux. J’ai confiance en mes Bruins parce qu’on a un premier trio de l’enfer. C’est le plus beau trio et le plus économique de la Ligue, mais ce sera pas évident pour la Coupe.»