Sports d'été

Report des JO de Tokyo: «il était temps!»

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Après valse-hésitation, le Comité international olympique (CIO) a finalement choisi de reporter les Jeux olympiques de Tokyo, mardi. 

En raison de la pandémie mondiale de coronavirus, l’organisme a dû se résoudre à repousser l’événement, prévu initialement du 24 juillet au 9 août, «au plus tard à l'été 2021». 

Jean-Luc Brassard est ravi de cette décision, mais l’ancien athlète québécois regrette que le CIO ait autant tardé avant de se rendre à l’évidence. 

«Je suis satisfait de cette décision. Comme la population mondiale fait un effort collectif pour se protéger, c’était tout à fait normal d’en arriver là. Par contre, ce qui est regrettable, c’est que le CIO ait pris autant de temps avant d’agir», a-t-il indiqué d’entrée de jeu à LCN après l’annonce officielle du CIO. Voyez cette entrevue dans la vidéo ci-dessus. 

«Le CIO aurait pu agir comme leader en reportant les Jeux beaucoup plus tôt, ce qui aurait probablement eu un impact positif sur tous les gouvernements qui essaient de faire comprendre à la population l’urgence de la situation. Ça aurait fait réfléchir bien des gens. Il était temps que cette décision soit prise, pour le bien-être de tout le monde, a ajouté Brassard. 

«Il ne faut pas oublier que des milliards de dollars étaient en jeu. Le CIO faisait figure d’égoïste même s’il n’osait pas dire publiquement qu’il trouvait que c’était trop cher de reporter les Jeux.»

L’odieux aux fédérations  

Dimanche, le Comité olympique canadien (COC) avait menacé le CIO de ne pas envoyer d’athlètes à Tokyo si les Jeux étaient maintenus aux mêmes dates. 

L’ancien skieur acrobatique s’est dit agréablement surpris du leadership démontré par le COC, qui avait cependant «endossé le CIO avant de faire volte-face».

«Tout le monde applaudit ce leadership, mais il n’y a pas si longtemps, le CIO endossait la position du CIO, a-t-il pris le soin de souligner. Il faut toutefois dire que tous les comités olympiques nationaux reçoivent une partie des revenus provenant des droits de télédiffusion et des différents commanditaires. Quand le CIO dit quelque chose, tous les comités nationaux disent la même chose. C’est dommage.»

Chapeau à Wickenheiser!

Brassard se montre surtout critique envers la façon de faire du CIO. 

«On a laissé l’odieux aux fédérations sportives, dont les puissantes fédérations d’athlétisme et de natation, de dire que leurs athlètes n’allaient pas y participer en raison de la pandémie de coronavirus. On dirait que le CIO attendait de se retrouver devant le fait accompli. Sa manière de gérer tout ça est très décevante.

«En tant qu’ancien chef de mission, je sais comment ça se passe de l’intérieur. On n’aime pas la dissidence au sein du COC. C’était donc difficile pour les athlètes d’émettre leur point de vue.»

C’est pourquoi il lève son chapeau à l’ancienne hockeyeuse Hayley Wickenheiser, qui représente les athlètes canadiens au sein du CIO. 

La semaine dernière, elle avait fustigé la position «insensible et irresponsable» du CIO face à la pandémie de la COVID-19.  

«Voir le CIO insister avec une telle conviction sur le fait que les choses vont aller de l'avant est insensible et irresponsable étant donné l'état de l'humanité», avait-elle écrit sur Twitter.

«Chapeau à elle! Elle a été l’instigatrice du mouvement, s’est réjoui Brassard. Et bravo au COC d’avoir eu le courage de faire volte-face.»