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Olympiques

Les athlètes devront se méfier de la dépression

Benoît Rioux

Publié | Mis à jour

Soulagement, puis frustration et possible dépression. La neuropsychologue Johanne Lévesque, experte du cerveau, a l’habitude de travailler auprès des athlètes québécois afin de peaufiner leur préparation mentale.

Avec le report des Jeux olympiques de Tokyo, le défi est grand et les consultations sont nombreuses.

«Il y a un certain soulagement, parce qu’il y a un point final avec cette décision qui a été prise, a résumé Dre Lévesque, qui n’aimait pas le climat d’incertitude dans lequel les athlètes étaient plongés. Dans un sens, il y a un bienfait à savoir que ça n’aura pas lieu. Par contre, la frustration et la dépression peuvent accompagner cette même nouvelle. Un petit passage à vide est possible.»

«Dans le cerveau, il y a des neurotransmetteurs, et quand on diminue l’entraînement physique, ça peut faire une différence, il peut y avoir un petit creux et engendrer une humeur dépressive», a-t-elle vulgarisé.

Nouveaux objectifs

Dans toute cette situation fâcheuse, la Dre Lévesque note par ailleurs un aspect positif concernant son travail.

«Les athlètes avec lesquels je travaille pour les Jeux olympiques de Tokyo devraient tous pouvoir y aller en 2021», a-t-elle noté.

Dans cette veine, la priorité est maintenant de «retrouver de nouveaux objectifs».

En raison du secret professionnel, la Dre Lévesque ne peut révéler l’identité de ses clients, ni même les disciplines que ceux-ci pratiquent pour éviter les associations. Dans le sport professionnel, elle travaille par ailleurs avec des hockeyeurs, entre autres.

Des projets qui font du bien

Comptant deux bureaux, à Laval et à Brossard, la Dre Lévesque conserve évidemment une pensée pour la population au grand complet. Après tout, le sport est souvent un reflet de la société.

«Je peux donner des conseils semblables à ceux que je donne aux athlètes: contrôlez ce que pouvez contrôler, allez chercher toute l’aide qui est disponible et capitalisez sur cette période-là pour travailler sur un projet qui va vous faire du bien», a-t-elle énuméré.