OLY-2020-CHINA-JPN-HEALTH-VIRUS

Crédit : AFP

Sports d'été

La santé avant les médailles

Publié | Mis à jour

«J’aimerais que le sport canadien soit perçu à l’échelle internationale comme une communauté qui prend des décisions ensemble et qui, durant une période de crise, laisse tomber l’objectif de gagner des médailles d’or et priorise plutôt la santé de ses athlètes et de la population de son pays.» 

Davis Shoemaker et le Comité olympique canadien (COC) n’en démordent pas : la décision de garder les athlètes au pays, si les Jeux de Tokyo ont lieu comme prévu en juillet prochain, trouve sa source dans les efforts d’endiguer la pandémie de COVID-19.• À lire aussi: Justin Trudeau appuie le COC 

• À lire aussi: Décision du COC : une voix discordante se fait entendre 

«Le point tournant (vers la décision) est survenu lorsque le gouvernement du Canada a mis l’emphase sur l’importance d’aplanir la courbe (des cas recensés) notamment par la distanciation sociale. Nous avons réalisé que la question n’était plus tellement de savoir si nous pouvions envoyer de façon sécuritaire une équipe d’athlètes, d’entraîneurs, de personnel de la mission et de supporteurs à Tokyo en juillet 2020. La question était plutôt de savoir s’il était équitable et approprié de demander à nos athlètes de s’entraîner pour ces Jeux au risque de mettre eux-mêmes, leurs familles et leurs communautés en danger. La réponse à cette question a été : non», a expliqué lundi midi le chef de la direction du COC lors d’une conférence téléphonique. 

Les athlètes d’abord 

L’influence des athlètes a beaucoup pesé dans ce choix. Le dirigeant de l’institution l’a répété à plusieurs reprises. S’il dit avoir consulté le gouvernement fédéral, les fédérations sportives, le Comité paralympique canadien et l’organisme À nous le podium chargé de redistribuer le financement fédéral, Shoemaker et la direction ont surtout porté une attention aux préoccupations de leur Commission des athlètes. 

La vice-présidente, Rosie MacLennan, a probablement actionné le mouvement définitif vers le refus du pays de voyager vers le Japon en juillet. La spécialiste du trampoline, double championne olympique à Rio et Londres, s’est élevée pour solutionner l’incertitude que vivent les athlètes canadiens confinés chez-eux et incapables de s’entraîner adéquatement. 

«Ça allait à l’encontre de tous les avis que donnaient les autorités au Canada. Rosie MacLennan a pris la parole et dit qu’il fallait arrêter de se concentrer sur l’objectif de gagner des médailles d’or et qu’on pourrait plutôt se comporter comme une organisation modèle pour les Canadiens afin de contribuer à aplanir la courbe», rapporte Shoemaker. 

Le premier ministre Justin Trudeau a salué lundi la décision du COC. L’Australie et la Norvège ont annoncé qu’ils emboîtaient le pas du Canada et qu’ils n’enverront pas d’athlètes à Tokyo si les Jeux ne sont pas reportés d’une année.