Sports d'été

Jean-Luc Brassard agréablement surpris par la décision du Canada

Publié | Mis à jour

Jean-Luc Brassard salue la décision du Canada.   

L’ancien skieur acrobatique se dit agréablement surpris par le leadership démontré par le Comité olympique canadien (COC), qui a annoncé, à la stupeur générale dimanche soir, qu’il n’enverra aucun athlète aux Jeux olympiques de Tokyo s’ils ne sont pas reportés.    

«J’ai été surpris d’apprendre ça. Habituellement, le Comité olympique canadien suit à la lettre les consignes qui émanent du Comité international olympique (CIO), mais il a cette fois décidé de faire volte-face et d’adopter une position de leader à travers le monde», a-t-il indiqué en entrevue à l’émission matinale de TVA, Salut Bonjour, lundi. À voir dans la vidéo ci-dessus.   

«Je pense que la Commission des athlètes du COC y est pour beaucoup dans cette décision. Certains athlètes avaient des doutes quant à leur présence au Japon. Par contre, ça ne fait pas l’unanimité, croyez-moi, a-t-il pris le soin d’ajouter.    

«Le personnel de soutien du COC, qui comprend notamment des médecins et des physiothérapeutes, est content également. Certains d’entre eux seront probablement appelés en première ligne dans les prochains mois et ils n’auraient donc peut-être pas de temps à consacrer aux athlètes olympiques.»  

Le Canada est le premier pays à renoncer ouvertement à l’événement qui doit se dérouler du 24 juillet au 9 août.   

L’ex-athlète québécois précise cependant que «l’Australie a parti le bal lorsque le premier ministre (Scott Morrison) a annoncé qu’aucun vol ne partira du pays au cours des six prochains mois, ce qui compromettait la participation des athlètes australiens aux Jeux de Tokyo».   

Le facteur Wickenheiser   

Selon lui, si le COC a agi ainsi, c’est en grande partie grâce au cri du cœur lancé par l’ancienne hockeyeuse Hayley Wickenheiser, qui représente les athlètes canadiens au sein du CIO.  

La semaine dernière, elle avait fustigé la position «insensible et irresponsable» du CIO face à la pandémie mondiale de coronavirus.  

«Voir le CIO insister avec une telle conviction sur le fait que les choses vont aller de l'avant est insensible et irresponsable étant donné l'état de l'humanité», avait-elle écrit sur Twitter.  

Son message a visiblement trouvé écho auprès du COC, constate Brassard.   

«Dans sa missive, Hayley Wickenheiser a émis de façon tranchante une opinion contraire à celle du CIO. Elle est en première ligne puisqu’elle fait actuellement son internat dans un hôpital et ce qu’elle voyait ne correspondait pas du tout au point de vue du CIO. Le COC a bien entendu son message.»   

Une porte ouverte...   

Jusqu'ici inflexible quant à la tenue des Jeux comme prévus, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a admis lundi qu'«un report pourrait devenir inévitable», à l'instar du CIO dimanche.  

«Le monde peut toujours compter sur le Japon pour accueillir les Jeux cet été, mais si cela devenait difficile, en tenant compte en priorité des athlètes, la décision d'un report pourrait devenir inévitable», a-t-il affirmé devant le Parlement nippon.  

Si le CIO tarde à statuer officiellement sur le sort réservé au grand rendez-vous mondial, c’est principalement pour des raisons financières, soutient Brassard.  

«C’est avant tout une question de gros sous. La grande partie du financement du CIO provient de ses partenaires médiatiques, et la plus grosse partie de cet argent doit être payée seulement dans les dernières semaines avant les Jeux.  

«Le CIO redonne cet argent aux différents comités olympiques nationaux. Si les Jeux sont reportés, le CIO pourrait se retrouver avec certains comités qui devront être pris en charge par la maison mère. C’est aussi une question d’assurances. Comme des milliards de dollars sont en jeu, la prime à payer serait colossale.»  

Différentes options sur la table   

Dimanche, le CIO a fait savoir qu’il s’accorde un délai maximal de quatre semaines avant de prendre une décision finale.  

«Nous avons entamé des discussions avec tous les partenaires pour dresser un état des lieux du développement rapide de la situation sanitaire et de son impact sur les Jeux olympiques, comprenant un scénario de report», a écrit le président du CIO, Thomas Bach, dans une lettre ouverte adressée aux athlètes.  

«Nous sommes confiants dans le fait que nous aurons finalisé ces discussions dans les quatre prochaines semaines. L'annulation n'est toutefois pas à l’agenda.»  

Parmi les différents scénarios envisagés, le CIO devra soit maintenir les Jeux aux dates prévues, soit les repousser.   

Au total, quelque 11 000 sportifs sont attendus à Tokyo cet été.