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Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Olympiques

Un kayakiste québécois quitte la Floride d'urgence

Le sélection olympique de Pierre-Luc Poulin est en suspens.

Richard Boutin

Publié | Mis à jour

En l’espace de 24 heures, les directives ont changé complètement pour les membres de l’équipe canadienne de canoë-kayak basés à Indian Harbour Beach.

«Vendredi dernier, nous avons eu une conférence téléphonique avec le docteur de l’équipe qui nous disait que nous étions plus en sécurité en Floride que partout ailleurs, a raconté le kayakiste Pierre-Luc Poulin que nous avons joint, mercredi, dans son auto dans l’État de New York, à son retour de la Floride. 

«On nous disait que Melbourne est une petite ville, avec peu d’interactions et peu de cas de COVID-19.»

«Le lendemain, nous avons reçu un appel d’urgence qui nous demandait de ramasser nos trucs et de rentrer à la maison le plus tôt possible, poursuit le kayakiste de Lac-Beauport. Il n’y a pas eu de négociations et nous avons plié bagage. 

«Ce fut vraiment difficile de quitter notre camp d’entraînement dans une année olympique, sans compter que je connaissais un camp hors pair, mais c’était la décision à prendre. Il y a de la déception, mais le virus est tellement plus gros que le sport.»

Essais nationaux reportés

Poulin se trouve en bonne position pour gagner son billet pour les Jeux olympiques de Tokyo, si le rendez-vous a toujours lieu. Il est devenu le point d’ancrage dans le K-4 qui s’est qualifié pour les Jeux lors du dernier mondial.

«Tous les pions tombaient en place, a-t-il résumé. Depuis 2015, je suis le seul encore dans le K-4. Je peux plus perdre mon poste que le gagner. Je n’aime pas dire que c’est mon bateau parce qu’il n’y a pas de capitaine et que nous sommes tous des matelots, mais c’est un très bon signe d’être là. J’ai prouvé que j’avais ma place. Il faudra gagner les essais nationaux pour confirmer le tout.»

Prévus à Gainesville en Géorgie, les essais nationaux, qui devaient se dérouler du 16 au 19 avril, ont été repoussés, alors que les sélections continentales au Brésil, du 7 au 10 mai, ont été annulées.

«Ma sélection olympique ne s’est pas envolée en fumée, elle est simplement sur la glace, a illustré celui qui respecte une quarantaine depuis son retour au Québec. Nous aurons une adaptation à faire, mais tout le monde est dans le même bateau. 

«Nous ne sommes pas les seuls au monde. Le climat canadien ne nous aide pas. L’équipe va se réunir quelque part quand la situation va le permettre. Halifax et Welland sont deux options.»

Les essais nationaux pourraient avoir lieu en juin au bassin olympique de l’île Notre-Dame du 26 au 28 juin. Cet événement devait initialement servir de sélection pour le Championnat mondial junior U-23. 

L’Association canadienne de canoë-kayak n’a pas confirmé le tout, mais il s’agit d’une option sérieuse envisagée.