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Éric Lucas : «Un des plus grands regrets de ma carrière»

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Deux mots peuvent décrire la carrière d’Éric Lucas : improbable champion.  

C’est lorsqu’il a décidé de se faire un nom, ne se limitant plus à être un partenaire d’entraînement ou un faire valoir, que l’ex-boxeur a compris ce qu’il avait dans le ventre.   

Voyez l'entrevue avec Éric Lucas à «JiC» dans la vidéo, ci-dessus.  

«Je te dirais que le déclic s’est fait après mon combat contre Roy Jones», a-t-il raconté à «JiC», vendredi, sur TVA Sports.  

«Je savais que mes chances de gagner étaient presque nulles. Que j’avais gagné zéro round. J’étais face au meilleur boxeur livre pour livre de 1996 et j’ai réussi à faire 11 rounds sans (aller au plancher).»  

Ce soir de juin à Jacksonville, Lucas a compris qu’il avait la ténacité nécessaire pour se mesurer aux meilleurs de sa génération.  

«Je me suis dit que si je peux faire ça avec (Jones) à ce stade de ma carrière, je serai champion du monde un jour.»  

«J’y ai cru à partir de ce moment-là. Ç’a pris cinq autres années.»  

La droite qui a tout changé  

Ellipse. Le temps nous transporte au soir du 10 juillet 2001, au Centre Molson. Lucas est chez lui et il a rendez-vous avec Glen «Catman» Catley pour un choc de championnat. Le Britannique l’avait achevé par T.K.-O. dans la même enceinte deux ans plus tôt.  

Pas question de se faire pincer à nouveau. Au septième engagement, avec 58,4 secondes à faire, le favori de la foule assomme l’Anglais d’une droite dévastatrice qui l’expédie au tapis.  

Une droite qui a tout changé pour Lucas, qui décroche le titre WBC des super-moyens.  

«Stéphan Laouche a trouvé une faille chez Catley. On a commencé à travailler avec la droite. Mon partenaire Kevin Pompey, je le frappais continuellement de cette main-là et je trouvais qu’il faisait pitié!»  

«On a répété et répété le mouvement. C’est finalement cette droite qui a fait les dommages qui ont changé ma vie.»  

L’éternel regret  

Soulevé par la gloire du statut de champion, Lucas a goûté à l’amertume de la défaite le 5 avril 2003 à Leipzig. Son pourchasseur : Marcus Beyer.  

Dans un combat présenté sur la chaîne TVA, le représentant de l’unifolié tente de défendre son titre pour la quatrième fois. Bien qu’il soit en contrôle, sa ceinture lui échappe par décision partagée des juges.  

Pourtant, il est en contrôle tout au long du combat.  

«Je n’ai jamais senti que j’étais en arrière au niveau des points. Ce fut pour moi une grosse déception.»  

Mais perdre son titre n’est pas le pire dénouement pour Lucas.  

«La plus grande déception par rapport à ce combat-là, c’est de ne jamais avoir obtenu de revanche. Peu importe ce qu’on a fait, peu importe, les demandes auprès du WBC, les démarches qu’Yvon Michel a faites, on n’a jamais eu de revanche.  

«C’est un des plus grands regrets de ma carrière.»  

Il ne faut pas résumer la carrière de Lucas par cet échec. Bien au contraire.  

«Je pars du gars qui est partenaire d’entraînement et qui termine sa carrière avec 50 combats à sa fiche et huit de championnat, dont quatre victoires. J'en suis fier.»