Canadiens de Montréal

Le plan pour chaque espoir du CH

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Les ligues de hockey ayant été suspendues, voire annulées, à travers la planète, il est approprié de penser à la prochaine année en ce qui a trait aux espoirs des Canadiens de Montréal.              

Classée au deuxième rang de la Ligue nationale de hockey (LNH) par l'expert de The Athletic Scott Wheeler, la relève du Tricolore présente plusieurs joueurs intrigants qui sont peut-être plus près du grand club qu'il n'y paraît. 

Où joueront les espoirs l'an prochain? Quel semble être le plan de l'organisation pour chacun d'eux? Où en sont-ils dans leur progression? Le TVASports.ca a tenté de répondre à ces questions en effectuant un survol exhaustif.             

A : attaquant, D : défenseur, G : gardien 

Cole Caufield (A) : Université du Wisconsin, Canadiens ensuite?                             

Le franc-tireur de 5 pi 7 po a connu une excellente première saison dans la NCAA, récoltant 36 points, dont 19 buts, en autant de matchs. Le CH a confirmé mardi que l’Américain disputera une saison supplémentaire à l’Université du Wisconsin, mais rien n’exclut qu’il rejoigne le grand club à la fin de la saison comme l’avait fait Ryan Poehling en 2019.                       

Alexander Romanov (D) : Canadiens                          

Au cours des deux dernières années, Romanov a disputé plus de 80 matchs dans ce que plusieurs considèrent comme le meilleur circuit après la LNH, soit la Ligue continentale (KHL).                       

Si son temps de jeu limité avec le CSKA de Moscou vous préoccupe, sachez qu’il n’est pas de coutume en Russie de donner de grandes responsabilités aux jeunes joueurs. Son utilisation dérisoire dernièrement semble davantage liée à des questions politiques...                        

Il ne faut pas se faire d’illusions quant au potentiel offensif de Romanov et le comparer aux Quinn Hughes et Cale Makar de ce monde, mais ne sous-estimez pas ses qualités défensives et son excellent coup de patin. Le Russe a d’excellentes chances d’amorcer la prochaine campagne au sein de la troisième paire du Tricolore et il pourrait dès alors apporter un effet stabilisateur à la brigade. Il est raisonnable de voir en lui, à long terme, une émule de Dmitry Orlov, un membre important du «top 4» des Capitals de Washington.             

Crédit photo : Photo d'archives, Agence QMI

 

Jordan Harris (D) : Université Northeastern (NCAA) ou Rocket de Laval                             

Le directeur général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin, a fait savoir que le CH considérait la possibilité de le faire passer chez les pros. Mais c’était avant les répercussions liées à la COVID-19, et le tournoi de la conférence Hockey East – dans laquelle se trouve l’équipe de Harris – a été annulé.                      

Harris est passé à la vitesse supérieure cette année dans la NCAA, lui qui a récolté 21 points, dont trois buts, en 33 matchs, en plus de jouer les héros lors de la finale du tournoi Beanpot.                       

Comme il demeure un défenseur relativement frêle (5 pi 11 po et 185 lb), une année supplémentaire dans la NCAA pourrait être salutaire afin de lui permettre d’atteindre sa maturité physique. Cela dit, son sens du jeu et son coup de patin pourraient constituer des atouts pour lui dans sa transition chez les professionnels.                       

La NCAA ou le Rocket de Laval pour Harris l’an prochain? À l’heure actuelle, les deux options demeurent sur la table et ont leurs mérites.                       

Jake Evans (A) : Canadiens                           

Le jeu d’Evans dans la LNH a été assez prometteur au cours des 13 matchs qu’il a disputés. Bergevin a même jugé bon d’échanger Nick Cousins, car il estimait que le jeune homme pouvait chausser ses patins.                       

Le droitier pourrait très bien être le joueur de centre de quatrième trio du CH en 2020-2021.                       

Jayden Struble (D) : Université Northeastern (NCAA)                           

«Ce gars-là est un dieu grec», avait mentionné Bergevin au sujet de Struble lors du repêchage de 2019.                       

Les qualités athlétiques de ce pur-sang ont de quoi faire saliver. Au mois de novembre, son entraîneur prédisait déjà qu'il ne resterait pas trop longtemps dans la NCAA.       

Des blessures ont toutefois limité Struble à 21 matchs cette saison (3 buts, 7 aides). Il aura encore besoin d'un peu de millage avant de songer à faire le saut chez les professionnels.       

Crédit photo : Photo d'archives, AFP

 

Ryan Poehling (A) : Rocket ET Canadiens                            

Poehling s’est fait assez timide cette saison, que ce soit dans la Ligue américaine ou la Ligue nationale. Le CH prendra-t-il un pas de recul avec lui?                       

Bien qu’il ne risque pas devenir un joueur offensif de haut niveau, il est important pour l’Américain de jouer avec confiance et de créer des jeux sur la patinoire. Il est difficile de travailler sur ces aspects dans le meilleur circuit au monde.                       

Force est d’admettre que Poehling s’est bien peu exprimé en zone offensive cette année. Il pourrait bien faire la navette entre Montréal et Laval. Cela dit, le CH a beaucoup d’options au centre, donc il n’est pas impossible qu’il dispute toute la saison dans la LAH.                       

Cayden Primeau (G) : Rocket                         

Le Tricolore a trop souvent erré dans le dossier des gardiens auxiliaires. Carey Price a besoin d’être épaulé par un joueur fiable détenant de l’expérience dans le circuit Bettman.                       

Parions que Bergevin travaillera d'arrache-pied pour régler ce problème, que ce soit à l’aide d’une transaction ou par le biais du marché des joueurs autonomes.                       

Cela signifierait donc une année dans la LAH pour Primeau en tant qu’incontestable gardien numéro un. Un choix logique pour son développement.                       

Michael McNiven (G) : Rocket ou ECHL                    

Pauvre McNiven. Le CH a tenté par tous les moyens de lui trouver un endroit où jouer cette saison, mais ce n'était pas facile sachant que l'organisation ne possède pas une filiale de l'ECHL.              

On avait trouvé une solution à la fin de la campagne en prêtant Keith Kinkaid aux Checkers de Charlotte. McNiven était alors devenu l'auxiliaire de Primeau, alors que Charlie Lindgren épaulait Price avec le grand club.              

Mais il serait surprenant que Lindgren soit le deuxième gardien du CH l'an prochain, sachant que l'équipe doit être compétitive et se qualifier pour les séries éliminatoires. Une bagarre entre McNiven et Lindgren est à prévoir au camp d'entraînement du Rocket.              

Mattias Norlinder (D) : SHL                             

Le plan pour Norlinder est de jouer dans la meilleure ligue de son pays l’an prochain, la SHL. Et ce, même si son club actuel en deuxième division suédoise (Allsvenskan), ne parvient pas à graduer.                       

Norlinder détient effectivement une entente verbale avec Frolunda, l’ancien club d’Artturi Lehkonen, dans l’éventualité où Modo ne rejoindrait pas la SHL.                       

Le talentueux défenseur offensif a connu une très belle campagne dans l’Allsvenskan, amassant 18 points, dont sept buts, en 34 matchs, en plus d’être élu meilleur joueur de moins 20 ans du circuit.                      

Après la saison 2020-2021, Norlinder devrait débarquer en Amérique du Nord, que ce soit pour se joindre au Rocket ou au grand club.                       

Crédit photo : PHOTO d'archives, ROBY ST-GELAIS

 

Jesse Ylonen (A) : Rocket de Laval                             

À la conclusion de sa saison dans la SM-liiga, Ylonen avait rejoint le Rocket et devait effectuer ses débuts avec la formation lavalloise, mais il a composé avec une blessure qui l’a tenu sur la touche avant que la pandémie de coronavirus ne provoque la suspension des activités dans la LAH.                      

Dans un monde idéal, Ylonen deviendrait le prochain Kasperi Kapanen, un ailier rapide et talentueux des Maple Leafs de Toronto capable d’inscrire une vingtaine de buts. Selon l’expert de The Athletic Mitch Brown, Ylonen serait déjà l’un des meilleurs patineurs du circuit s’il débarquait immédiatement dans la LNH.                       

Ylonen devrait passer au moins une saison dans la Ligue américaine avant que l’on puisse envisager son arrivée avec le grand club.                       

Josh Brook (D) : Rocket de Laval                             

Brook avait fait écarquiller bien des yeux en empilant 75 points à sa dernière année dans la Ligue junior de l’Ouest, mais il a vite constaté que le niveau de jeu était différent chez les professionnels.                        

À sa décharge, Brook n’a pas été souvent employé au sein de l’avantage numérique, ce qui ne lui a pas permis de faire valoir ses aptitudes offensives, lui qui a été limité à 13 points, dont quatre buts, en 60 matchs.                       

Le droitier devra afficher une progression considérable s’il veut demeurer dans les plans de l’organisation, car pour l’heure, il y a beaucoup de défenseurs devant lui dans la hiérarchie.                       

Rhett Pitlick (A) : Université du Minnesota (NCAA)                           

Pitlick est un joueur dynamique et rapide, mais un projet à très long terme qui évoluait encore dans le circuit junior des États-Unis (USHL) cette saison. Il devrait rejoindre l’Université du Minnesota dans la NCAA l’an prochain, et il sera intéressant de voir de quel bois il se chauffe contre des hommes.                       

Rafaël Harvey-Pinard (A) : Rocket                           

Harvey-Pinard mange les bandes et pourrait rapidement devenir l’un des joueurs favoris de Joël Bouchard. Il possède un bon sens du hockey, mais son coup de patin laisse à désirer, surtout pour un joueur de sa grandeur. Il devra améliorer considérablement cet aspect de son jeu, sans quoi la transition chez les professionnels pourrait être assez ardue.              

Crédit photo : Photo Agence QMI, Martin Chevalier

 

Noah Juulsen (D) : Rocket ET Canadiens                             

Le pauvre Juulsen a encore subi cette saison les contrecoups de la blessure qu’il a subie en 2018-2019 contre les Capitals. L’arrière a été incommodé par des migraines pendant l’essentiel de la campagne, mais il a été en mesure de revenir au jeu le 11 mars, contre les Senators de Belleville.                       

Le droitier de 22 ans aura sans doute besoin de temps pour retrouver son rythme de croisière et il a perdu beaucoup de temps de développement. En bonne forme, il représente toutefois un joueur fiable doté d’une bonne mobilité. Il a prouvé par le passé qu’il pouvait tirer son épingle du jeu dans la LNH.                       

Tout dépendra de son état de santé...                       

Joni Ikonen (A) : Liiga                             

Ikonen a été tenu à l’écart du jeu pendant toute la saison en raison d’une blessure à une jambe et il avait été limité à 13 petits matchs en 2018-2019...                      

Dommage, car ce franc-tireur possède des habiletés offensives intéressantes.                       

On pourrait difficilement demander à Ikonen de faire le saut dans la LAH après avoir disputé si peu de matchs dans les deux dernières années, alors on imagine qu’il sera de retour avec Kalpa dans la Liiga finlandaise.                       

Jacob Olofsson (A) : SHL                            

Il est difficile d'évaluer les performances d'Olofsson dans la meilleure ligue suédoise (2 buts, 7 aides en 24 matchs avec Skelleftea), car il a dû composer avec une blessure à une épaule qui a nécessité une opération et mis fin à sa saison. On dit de lui qu’il est un joueur responsable pouvant être utilisé dans toutes sortes de situations.        

Comme son contrat dans la SHL est valide jusqu'au 1er mai 2021 - merci au correspondant européen du blogue Habs Eyes On The Prize Patrik Bexell de nous avoir fourni l'information -, Olofsson ne pourra traverser tout de suite en Amérique du Nord.        

Joel Teasdale (A) : Rocket                        

L'un des favoris de Joël Bouchard, Teasdale devait faire ses débuts avec le Rocket, mais cela n'a pas été possible en raison d'une opération à un genou.                      

Ce n'est que partie remise pour le Repentignois qui pourrait, qui sait, devenir un joueur de quatrième trio, spécialiste du désavantage numérique, dans la LNH à plus long terme.                     

Jacob Leguerrier (D) : OHL ou Rocket                       

Voici comment Trevor Timmins le décrivait après l'avoir repêché l'été dernier : «Un gros défenseur gaucher qui patine bien, mais qui est surtout bon pour défendre son territoire.»

Leguerrier, vous aurez compris, n'est pas vraiment reconnu pour ses aptitudes offensives, lui qui s'est contenté de 31 points, dont six buts, en 61 matchs avec les Greyhounds de Sault Ste. Marie cette saison.

Il faut toutefois préciser que les Greyhounds formaient l'un des pires clubs au pays (29-31-4). Notre expert Mikaël Lalancette est d'avis qu'il pourrait causer la surprise au camp d'entraînement du Rocket et se tailler un poste. Tiens, tiens...               

Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

Gianni Fairbrother (D) : WHL  

De 2018-2019 à 2019-2020, la moyenne de point par match de Fairbrother est passée de 0,56 à 0,67, ce qui représente une légère amélioration. Rien pour écrire à sa mère, cela dit.                    

On attribue tout de même à Fairbrother des qualités intéressantes, notamment un côté robuste et un puissant tir. Il devrait disputer une dernière saison chez les juniors. On verra ensuite si le CH lui offrira un contrat.                   

Cam Hillis (A) : Rocket                       

Préféré à Samuel Houde, Cole Fonstad et Allan McShane, Hillis a décroché son contrat d'entrée avec le CH au mois de mai.

Il vient de connaître une excellente saison dans la Ligue de l'Ontario, lui qui a amassé 83 points, dont 24 buts, en 62 matchs avec le Storm de Guelph. Lors d'un sondage annuel mené auprès des entraîneurs de la OHL, il a terminé au troisième rang dans trois catégories : meilleur attaquant défensif, meilleur fabricant de jeu et meilleur joueur dans les cercles des mises au jeu.

On aura une très bonne idée de son vrai potentiel lorsqu'il affrontera des adultes dans la Ligue américaine la saison prochaine. Hillis est un espoir fort intéressant qui passe un peu sous le radar.

Brett Stapley (A) : Université de Denver (NCAA)                       

Stapley suit une courbe de progression qui n'est pas si différente de celle d'un certain Jake Evans...                   

À l'instar d'Evans, Stapley est un choix de septième tour qui a pris ses aises à sa deuxième année dans la NCAA. En 35 matchs, le joueur de centre a amassé 30 points, la plupart d'entre eux étant des mentions d'aide (25). Il a aussi compilé un différentiel de +15. Un beau projet.               

Frederik Dichow (G) : OHL              

Avant que la saison ne soit suspendue dans la ligue SuperElit (circuit junior suédois), Dichow n'avait pas joué depuis le 15 février en raison d'une commotion cérébrale.               

Pratiquement personne ne connaissait ce géant Danois de 6 pi 5 po lorsque le CH a prononcé son nom au 5e tour (138e rang au total) en 2019.              

En 24 matchs, Dichow a présenté une moyenne de buts alloués de 2,84 et un taux d'efficacité de ,891 avec la formation des moins de 20 ans de Malmö.

On pourra suivre de plus près la progression de Dichow, puisqu'il évoluera en Ontario avec les Wolves de Sudbury.

Crédit photo : Joël Lemay / Agence QMI

 

Arvid Henrikson (D) : NCAA?    

Même CapFriendly ne sait pas si le CH a conservé ses droits le 1er juin dernier. Mais au final, la question est sans doute futile. Le grand défenseur suédois n'a récolté que deux points en 37 matchs dans la NCAA, à 22 ans. Il n'est pas promis à un avenir dans la Ligue nationale, et ce n'est pas la fin du monde. On parle après tout d'un choix de septième tour (187e tour) en 2016.

Kieran Ruscheinski (D) : NCAA? BCHL?                     

Le géant de 6 pi 6 po a récolté six mentions d'aide en 36 matchs dans la Ligue de la Colombie-Britannique. On ignore s'il peut se tailler un poste avec une équipe de la NCAA l'an prochain. Aux dernières nouvelles, il n'avait jeté son dévolu sur aucune université.                 

Pourquoi le CH l'a-t-il repêché? Eh bien, on parle ici d'un choix de septième tour. L'organisation a probablement croisé les doigts en espérant que son développement suive celui de Colton Parayko. Son ancien entraîneur semble croire que c'est une possibilité.