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«Ça commence à être un peu inquiétant»

Jonathan Bernier

Publié | Mis à jour

Rester encabané, quand on est dans la grisaille du Québec, fait pratiquement partie de la routine saisonnière. COVID-19 ou pas. Une réalité complètement différente dans les États du Sud américain. 

Depuis quelques jours, des vidéos sur lesquelles on peut voir des centaines d’étudiants envahir les plages de Clearwater, en Floride, circulent sur les médias sociaux. 

Pour eux, aucune raison n’est valable pour annuler leur spring break. Même pas une pandémie. 

En date de mercredi, 195 cas, dont huit décès, avaient été recensés dans l’État d’adoption des snowbirds québécois. 

Tennis et course 

C’est peu comparativement aux États de New York, de Washington et de la Californie, mais les attroupements du genre pourraient avoir des effets plus que néfastes. 

«Oui, ça commence à être un peu inquiétant», a reconnu Cédric Paquette, joint par Le Journal. 

Attaquant du Lightning de Tampa Bay, région située à 30 minutes en voiture à l’est de Clearwater, Paquette a tout de même choisi de demeurer dans son domicile floridien plutôt que de rentrer au Québec. 

«Ce n’est pas vrai que je vais aller me morfondre dans mon sous-sol à Mirabel», a lancé le hockeyeur de 26 ans. 

«Au moins, ici, on peut aller dehors et profiter du soleil.» 

«Je ne sors pas pour rien. Je vais à l’épicerie, je vais jouer au tennis avec ma blonde et je vais courir, a-t-il énuméré. Mais j’évite les endroits où il y a du monde.» 

Le moral à plat 

Puisque le commissaire de la LNH, Gary Bettman, a invité ses joueurs à demeurer en isolement pendant huit semaines, ceux-ci doivent parfois user d’ingéniosité pour parvenir à garder la forme. Paquette, lui, a trouvé la solution. 

«Mark Lambert, notre entraîneur de conditionnement physique, habite pas loin de chez moi. Il a un gym dans son garage. Je m’entraîne le plus possible, mais ce n’est pas évident. On ne sait pas ce qui va arriver, mais on n’a pas l’air d’être sur le point de revenir au jeu. On essaie de ne pas se décourager.» 

Face à l’inconnu, garder le moral est plus facile à dire qu’à faire. Et la situation n’ira pas en s’améliorant. 

«Ça ne regarde pas bien. Plus ça va, moins j’ai de l’espoir [que la saison reprenne]», a-t-il admis. 

Choix de 1er tour sacrifiés 

D’ailleurs, la suspension de la saison de la LNH a laissé un goût amer chez les joueurs du Lightning. 

Installés au deuxième rang de la section Atlantique et de l’Association de l’Est, ils voyaient poindre à l’horizon une autre occasion d’être de sérieux aspirants aux grands honneurs. 

«Si on était dernier au classement, ça ne me dérangerait pas de commencer mon été et profiter du soleil. Avec l’équipe qu’on a, les ajouts qu’on a faits et ce qu’on a dépensé pour obtenir ces joueurs, ce serait vraiment plate de ne pas avoir la chance de jouer pour la coupe Stanley», a déclaré Paquette. 

Celui-ci fait référence à Blake Coleman et Barclay Goodrow, deux joueurs que le Lightning a acquis à l’approche de la date limite des transactions en retour de choix de premier tour. Au moins, dans les deux cas, il restera une saison à écouler à leur contrat. 

«Par contre, présentement, il y a plus important que le sport. Ce qu’on veut, c’est la santé des gens», a pris soin d’ajouter Paquette, avec justesse.