SPO-SAGUENÉENS DE CHICOUTIMI VS CATARACTES DE SHAWINIGAN

Crédit : ANDRÉANNE LEMIRE/AGENCE QMI

LHJMQ

Scénario apocalyptique dans la LHJMQ

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Après l’annulation des matchs restants au calendrier régulier, il semble de plus en plus évident que les séries éliminatoires de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) sont en péril. Si la coupe du Président n’est pas remise pour la première fois depuis sa création, en 1969, le scénario sera catastrophique pour les équipes qui ont misé gros pour enlever les grands honneurs.

Parlez-en aux Saguenéens de Chicoutimi, aux Wildcats de Moncton, à l’Océanic de Rimouski et aux Eagles du Cap-Breton. Premier au Canada avant la pause forcée, le Phœnix de Sherbrooke pourrait ne jamais voir son boulot aboutir, mais contrairement aux quatre autres formations, la troupe de Stéphane Julien sera encore dangereuse en 2020-2021.

N’empêche que le copropriétaire et directeur général du Phœnix, Jocelyn Thibault, peine actuellement à voir le verre à moitié plein puisque son équipe avait de fortes chances d’atteindre la finale des séries en raison du format éliminatoire. Sherbrooke a compilé un dossier de 51-8-3-1 en saison régulière.

«La réalité n’a pas encore frappé. Je suis vraiment triste et j’ai des sentiments partagés. On veut toujours être en sécurité et on veut protéger tout le monde. Je suis un guerrier et je veux faire ma part comme citoyen et comme citoyen corporatif, mais je suis déchiré», a relaté l’ancien gardien de but dans une entrevue téléphonique au Journal.

Ce dernier doit aussi gérer le Complexe sportif Thibault GM de Sherbrooke, dont il est le grand patron, en ce temps de crise alors que le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les infrastructures sportives.

Chicoutimi se croise les doigts

À Chicoutimi, où le dernier championnat éliminatoire remonte à 1994, l’entraîneur et directeur général Yanick Jean a tout mis en œuvre à la dernière période des échanges pour freiner cette disette en faisant l’acquisition de plusieurs joueurs clés.

La frénésie s’est d’ailleurs emparée du Royaume en deuxième moitié de campagne, alors que l’organisation a enregistré d’importantes hausses d’affluence au Centre Georges-Vézina, et les résultats sur la glace ont été au rendez-vous. Or, Jean et ses hommes pourraient bien se contenter de s’imaginer ce qu’ils auraient pu accomplir sans la crise mondiale. La reconstruction pourrait être longue et pénible.

«Sincèrement, ce n’est pas une situation facile et on ne contrôle pas ce qui se passe. Il n’y a pas de côté positif, mais on essaie de rester optimiste. Si on nous disait qu’on recommence dans un mois, on pourrait se préparer en conséquence, mais le côté le plus difficile est de rester motivé dans tout ça tout en s’entraînant», a reconnu le capitaine des Sags, Rafaël Harvey-Pinard.

Natif d’Arvida, il sait pertinemment que les attentes sont élevées auprès de la population, mais les objectifs fixés en début de saison semblent désormais si loin.

«Ce serait une grosse déception. Au Saguenay, on entend parler et les gens s’ennuient du hockey. On garde espoir», a-t-il ajouté en parlant de l’annulation potentielle du tournoi printanier.

Groulx: dernière occasion loupée?

Acquis des Mooseheads par les Wildcats pour aider la formation du Nouveau-Brunswick à ravir le gros trophée pour la première fois depuis 2010, l’attaquant Benoit-Olivier Groulx pensait bien que son tour de festoyer était venu.

Après avoir vécu les défaites en finale de la Coupe du Président et de la Coupe Memorial, Groulx se disait optimiste quant aux chances de réussite des Wildcats, qui ont notamment remporté 16 matchs de suite. C’était avant la menace de la COVID-19.

«J’étais vraiment excité à propos de notre parcours et on était confiant pour les séries, et paf !, la saison est suspendue [...] Après avoir perdu les deux coupes l’an passé, c’était ma dernière chance, c’est vraiment déchirant [si ça ne recommence pas]», a lâché l’espoir des Ducks d’Anaheim au bout du fil.

Séries éliminatoires: les équipes conservent un mince espoir

Les joueurs et les dirigeants sont prêts à faire preuve d’une grande souplesse pour sauver les séries.

Tournoi à la ronde entre un nombre d’équipes limitées, séries au meilleur de trois ou cinq matchs, finale opposant les deux champions de conférence, les scénarios potentiels sont nombreux. Mais au rythme où évoluent les choses depuis le début de la pandémie, quelles sont les chances réelles que l’un de ceux-ci se concrétise?

«Je ne veux pas présumer ce qui n’est pas effectif. On se rend compte comment le sport est central dans nos vies et comment il est important pour l’équilibre de notre société. En même temps, au moment où on se parle, on n’est pas un service essentiel», a rappelé le pilote et directeur général de l’Océanic, Serge Beausoleil, mercredi.

Tout en rappelant que la sécurité des joueurs est essentielle, Jocelyn Thibault serait le premier à dire oui à une proposition visant à ce que la coupe du Président puisse sortir de son coffre.

«Toute forme de reprise une fois que les risques seront acceptables ou corrects, on va le prendre [...] On garde espoir qu’il se passe quelque chose éventuellement, mais il y a tellement d’impondérables», a dit le grand patron du Phœnix.

«Peu importe la manière, si on peut rejouer, tout le monde va être content et on va être prêt à jouer », a renchéri le capitaine des Sags, Rafaël Harvey-Pinard.

Repêchage en ligne

Par ailleurs, la LHJMQ a annulé ses assises annuelles, dont son repêchage dans la forme s’inspirant de celui de la LNH, qui devaient avoir lieu du 3 au 6 juin, à Sherbrooke. La séance de sélection pour les joueurs midget se tiendra plutôt par conférence téléphonique.

La Ligue de l’Ontario (OHL) et la Ligue de l’Ouest (WHL) ont emboîté le pas à la LHJMQ, mercredi, en annulant le reste de leur saison régulière respective.