Canadiens de Montréal

Les derniers adieux au «Pocket Rocket» dans l’intimité

Marc-Antoine Malo

Publié | Mis à jour

LAVAL – À l’image de la personne qu’il était, Henri Richard a eu droit à des funérailles célébrées dans la sobriété. Lundi, famille et amis ont fait leurs derniers adieux au légendaire joueur du Canadien de Montréal, à Laval. 

La date du 16 mars n’est pas étrangère à l’homme, lui qui a porté le numéro 16 pendant toute sa carrière, numéro qui a été retiré par l’organisation en 1975. M. Richard est décédé le 6 mars dernier, à l’âge de 84 ans.  

Fermées au public en raison des menaces liées au coronavirus, les obsèques de celui ayant remporté 11 coupes Stanley ont été tenues devant une cinquantaine de membres de la famille et d’amis proches. Parmi ceux-ci, on retrouvait notamment les anciens du Tricolore Réjean Houle, Mario Tremblay et Chris Nilan. 

«Il y a beaucoup de joueurs qui, en raison de leur âge, ont dû se désister à cause du fameux virus, a rappelé M. Houle, qui a généreusement accepté de donner une entrevue. "La gang" à Henri, c’est beaucoup de gens en haut de 70 ans. La famille a bien fait ça. Il a une famille exceptionnelle.» 

M. Houle se souvient d’Henri Richard comme l’un de ses amis les plus proches, lui qui peut se vanter d’avoir partagé le même vestiaire que le «Pocket Rocket» pendant quatre saisons, au début des années 1970. 

Crédit photo : Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

«Quand je suis arrivé, il avait déjà remporté plusieurs coupes Stanley, mais j’ai eu la chance d’en gagner deux avec lui [1971 et 1973]. Ce sont de très bons souvenirs des années 1970», a-t-il indiqué avec le sourire, se souvenant également du fougueux caractère de son coéquipier, qui ne faisait que 5 pi et 7 po. 

«Il avait du caractère pas mal, il ne fallait pas que tu lui piles sur les pieds, ça, c’est sûr. Il était tellement courageux ; n’importe qui, n’importe quelle grosseur, quand ça ne faisait pas son affaire, il allait au "batte".» 

Un homme droit 

Outre les 1046 points en carrière obtenus par Richard, le troisième plus haut total de l’histoire du CH, M. Houle croit qu’il faut se souvenir de l’homme qu’il était sur la patinoire, mais aussi à l’extérieur de celle-ci. 

«Notre ami Henri était un homme courageux, droit et un vrai exemple, a mentionné l’ancien ailier droit. Il prêchait par l’exemple tout le temps. C’était un gars très présent et près des jeunes qui arrivaient dans l’organisation.» 

Crédit photo : Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

«Lorsqu’un jeune arrivait et qu’on allait au restaurant, si le jeune ne disait pas “merci” ou “s’il-vous-plaît”, il le faisait reprendre, a-t-il poursuivi. Pour Henri, c’était bien important de respecter les gens qui nous servaient et d’être polis avec notre monde. Je vais m’en souvenir toute ma vie.»