Ski et planche

La Coupe du monde FIS de ski de fond 2020 de Québec est annulée

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Le vent de panique entourant la pandémie du coronavirus et le désistement de plusieurs équipes nationales auront finalement eu raison de la Coupe du monde de ski de fond de Québec, qui figurait, jusqu’à jeudi, comme l’un des derniers remparts à résister dans la tempête d’annulations qui frappe cette semaine le monde du sport à l’échelle internationale.

Les organisateurs se sont finalement résignés à annuler, à leur tour, les épreuves de sprint prévues samedi et dimanche sur les Plaines, dans la nuit de jeudi à vendredi, après que plusieurs des 13 pays présents eurent signalé leur intention de rentrer au bercail, dont l’équipe canadienne.    

La Fédération internationale de ski (FIS) a le pouvoir d’annuler un événement pour des raisons sportives, comme une piste qui fait défaut, mais dans le cas présent, la décision revenait à l’organisateur local, en l’occurrence Gestev.

«On y croyait jusqu’au bout. On n’avait aucune indication de la part de la Direction de la santé publique comme quoi notre événement pouvait être un événement à risque. Le risque à Québec et au Québec demeure relativement bas. On avait mis en place des mesures et une communication directe avec la Direction nationale, qui nous a dit qu’on pouvait aller de l’avant.»

«Quand on a su que l’équipe canadienne se désistait et qu’il y avait de plus en plus d’équipes qui rapatriaient leurs athlètes dans leur pays, on a été obligé de prendre acte et de constater que la tenue de l’événement ne pouvait pas se faire avec si peu d’athlètes», a mentionné à regret la productrice déléguée, Marianne Pelchat.

La sécurité d’abord

Selon le directeur de course pour Nordiq Canada, Jeff Ellis, jeudi, il n’y avait plus que 77 athlètes en lice pour prendre le départ, dont 59 provenant du Canada et des États-Unis. Dans ce contexte et constatant que plusieurs fédérations craignaient que leurs athlètes ne puissent rentrer dans leur pays en toute sécurité, Nordiq Canada a choisi de «retirer son support» à la Coupe du monde de Québec, jeudi en fin de journée.

«Les discussions ont évidemment suscité quelques frictions», a concédé Jeff Ellis.

«La situation entourant le virus a commencé à dégénérer à partir de mardi, mais les équipes étaient déjà ici. À la vitesse à laquelle les choses évoluent, c’était la décision à prendre. Je sais que les affaires pour Gestev, c’est l’organisation d’événements et qu’ils subiront des pertes, mais sur le plan humain, c’était la chose à faire. Nous sommes satisfaits de voir que la santé a primé sur les finances», a-t-il ajouté.

La FIS résignée

La vague a commencé à déferler sur Québec avec le désistement de l’équipe norvégienne, grand monarque de la discipline. Puis, le scénario de l’annulation n’a cessé de se dessiner de plus belle avec le forfait des Suédois, des Finlandais et des autres nations de tête.

«Je suis parti de chez moi hier (jeudi) matin en pensant qu’on pourrait tenir ce week-end à Québec, sachant que la situation ici est bien meilleure qu’en Europe. Je croyais vraiment qu’on allait pouvoir le faire», a résumé, dépité, le responsable du ski de fond à la FIS, Pierre Migneray.

«Les gens avaient extrêmement peur de rester coincés ici et de ne pouvoir rentrer, de voir des compagnies aériennes fermer des vols internationaux... Tout ça a créé ce mouvement de panique et au bout d’un moment, c’était devenu intenable de présenter un tel événement avec aussi peu d’athlètes présents», a-t-il continué.

Pour Gestev, la conclusion devenait donc inévitable. «Quand des équipes décident de prioriser la santé et la sécurité de leur monde, on ne peut pas être contre ça», n’a pu que constater Marianne Pelchat.