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F1

F1: du jamais-vu

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Qui aurait cru qu’un jour, les pilotes canadiens représenteraient 10 % de la grille de départ d’un Grand Prix de F1 ?

C’est ce qui va se produire dimanche, lorsque les feux rouges vont s’éteindre à Melbourne à l’occasion du coup d’envoi de la nouvelle saison.

Pour la première fois de l’histoire, ils sont en effet deux représentants de l’unifolié, Lance Stroll et Nicholas Latifi, à détenir un volant à temps plein dans la discipline reine du sport automobile.

En plus d’être tous deux nés à Montréal, ils ont aussi d’autres points en commun, comme celui d’avoir fait leurs classes sur les circuits de karting d’Amérique du Nord et, surtout, celui de compter sur une fortune familiale qui s’est avérée une porte d’entrée privilégiée pour être promus en F1.

Quatre ans en F2

Mais contrairement à Stroll qui, après avoir remporté le Championnat d’Europe de Formule 3 en 2016, a été directement promu à la F1 l’année suivante, Latifi, lui, s’est montré beaucoup plus patient.

C’est au cours de cette même année 2016 que celui qui a grandi à Toronto entreprenait son long parcours à temps plein en F2, qu’il terminera par une deuxième place au classement final l’an dernier.

Si Latifi, âgé de 24 ans, est la seule recrue du plateau en 2020, huit des pilotes qu’il aura à affronter sont plus jeunes que lui, dont son compatriote Stroll, de trois ans son cadet.

«Certains diront que je suis arrivé en F1 à un âge tardif, a expliqué Latifi. Mais je ne regrette pas mon cheminement. Je sens que j’y arrive très bien préparé.»

Une monoplace en progression

S’il vit un premier départ dimanche à Melbourne, Latifi ne sera pourtant pas dépaysé à bord d’une F1. Il a été pilote d’essai pour trois écuries, soit Renault (2016), Force India (2018) et Williams (2019), avant de se voir confier, cette année, le baquet occupé l’an dernier par Robert Kubica. Or, c’est à bord de la pire monoplace qu’il effectuera ses débuts officiels en F1.

«Certes, répond-il, notre voiture est nettement meilleure que celle de l’an passé. Il vaut mieux se fixer des objectifs raisonnables et les surpasser plutôt que de placer la barre trop haut. Mes participations aux séances d’essais libres du vendredi matin, l’an dernier [dont au Grand Prix du Canada], m’ont été bénéfiques. Mon niveau d’excitation monte de jour en jour.»

Sortir de l’ombre

Stroll, lui, est conscient qu’à l’aube de sa quatrième saison à temps plein en F1, il a beaucoup à prouver au volant d’une monoplace qui a fait bonne impression lors des essais hivernaux à Barcelone.

«Mes attentes sont plus élevées cette année. Terminer 15e au classement des pilotes comme en 2019, c’est inacceptable.»

Or, Stroll souffre toujours de la comparaison avec Sergio Pérez, qui a non seulement récolté 31 points (52 à 21) de plus que lui en 2019, mais qui l’a devancé en séances de qualifications à 18 reprises sur 21.