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Crédit : STEVE MADDEN/AGENCE QMI

Fréderic Lord

C’est 20 pensées – Mars 2020 (tome 1)

C’est 20 pensées – Mars 2020 (tome 1)

Fréderic Lord

Publié 10 mars
Mis à jour 10 mars

En marge du match aller contre le CD Olimpia, quelques notes grappillées depuis quelques semaines qui dormaient dans mes calepins. 

Pour la version de février de cette chronique, c’est ici.  

1 - Chez l’Impact, quelques personnes ont grincé des dents quand on a annoncé que le premier match des quarts de finale serait joué mardi. Puisque l’équipe jouait un match à Dallas le samedi précédent, on aurait aimé placer celui-ci mercredi ou même jeudi (sans oublier que le CH joue aussi mardi). 

Coup de sonde du côté de la CONCACAF : «Établir l’horaire de compétition est un processus assez compliqué. Il considère plusieurs éléments comme la disponibilité des différents stades, m’a répondu par écrit un porte-parole de l’organisation. Nous travaillons de concert avec les clubs et leur ligue pour nous assurer de donner aux joueurs un minimum de 48 heures de repos entre deux matchs. 

«L’Impact et le CD Olimpia ont tous deux joué le samedi 7 mars. Il est donc garanti que les deux clubs auront eu les 48 h de repos requis. Pour le match retour, l’Impact bénéficiera d’une semaine de congé en MLS et le CD Olimpia rejoue dans son championnat.» 

Plus de détails cette semaine dans notre balado XI MTL à Qub Radio

2 - Dans les années à venir, la CONCACAF compte-t-elle utiliser l’assistance vidéo (VAR) pour les arbitres en Ligue des champions? Toujours selon le porte-parole de l’organisation (ma traduction) : «Nous travaillons en ce sens. En ce moment, notre attention se porte sur la formation des officiels à travers la région dans le but d’utiliser la technologie dans nombre de compétitions à travers les différents pays de la confédération. Nous continuons d’observer l’implantation de la VAR dans les différents championnats nationaux de la région pour assurer une éventuelle mise en œuvre responsable à travers les compétitions que nous chapeautons.» 

3 - Beaucoup de questions en rapport à la signature de Victor Wanyama. Après celle-ci, le club a publié un communiqué nous informant qu’il avait cédé 150 000$ d’argent d’allocation au Revolution de la Nouvelle-Angleterre puisque le milieu de terrain était sur leur «liste de découverte». 

D’abord, qu’est-ce qu’une «liste de découverte»? Tout simplement, une liste de joueurs hors MLS qui font l’objet d’un processus de recrutement ou d’une éventuelle négociation de contrat. 

Chaque équipe peut placer un maximum de sept joueurs sur cette liste. Aucun des adversaires n’est au courant des noms inscrits sur la liste de chacune des autres formations du circuit Garber. 

En pratique? Si l’Impact a un joueur dans sa mire, il doit le consigner rapidement sur cette liste. Le club appelle alors aux bureaux de la MLS pour inscrire le nom du joueur. À ce moment, les responsables du processus notifient l’Impact de son rang prioritaire. 

Exemple : «Salut, je veux mettre Lionel Messi sur ma liste. Ok, t’es le 8e en ligne.» 

4 - Dans le cas de Wanyama, le Revolution avait été le premier club à l’inscrire à sa liste. L’Impact a donc dû négocier avec eux pour obtenir «ses droits MLS». 

Mais pourquoi était-il encore sur la liste de la N-A s’il n’avait pas l’intention de le signer? 

Mes contacts à la ligue me disent ceci : «La Nouvelle-Angleterre n’avait qu’à faire une offre jugée acceptable (pour que Wanyama reste sur leur liste). Même s’il n’avait plus de place de joueur désigné disponible, ils auraient pu lui faire une offre de joueur TAM ou encore négocier un prêt. C’est la ligue qui détermine si l’offre de l’équipe en 1re position (c.-à-d. la Nouvelle-Angleterre) est raisonnable.» 

5 - Alors pourquoi l’Impact a-t-il déboursé 150 000$ d’allocation pour obtenir les droits de Wanyama tandis que plusieurs autres clubs, dans la même situation, n’ont versé que 50 000$? 

Tout simplement parce que l’Impact avait un «gentleman’s agreement» avec les Revs puisqu’ils avaient aussi Bojan l’an dernier sur la liste de négociation. 

L’Impact ne m’a pas confirmé l’info. 

Probablement que la stature du joueur et le temps de l’année ont eu une influence sur le prix. Cette dernière hypothèse est personnelle. 

6 - Inquiet pour les genoux de Wanyama? Les deux dernières saisons ont été difficiles de ce point de vue pour le joueur du Kenya. Sa signature a été annoncée par l’Impact le mardi, mais il était déjà à Montréal le dimanche précédent pour des tests physiques. Les docteurs montréalais ont assuré qu’il pouvait tenir le coup et ont donné le feu vert au processus. 

7 - J’ai eu l’occasion de discuter quelques minutes avec le sélectionneur américain, Gregg Berhalter. Affable, concis, calme, c’est l’impression que renvoie cet ancien défenseur qui a entre autres joué en Angleterre et en Allemagne. 

J’ai toujours aimé l’entraîneur qu’il a été en MLS. Avec Columbus, il a réussi à maximiser un groupe qui n’était pas nécessairement le plus talentueux, ses communications ont toujours été réfléchies et intéressées et le Crew a – sous sa gouverne – bon an mal an été une des équipes les plus agréables à voir jouer. 

Au cours de notre conversation, je lui ai demandé ce qu’il pensait de l’entrevue que son prédécesseur Bob Bradley avait donnée au Sports Illustrated. Dans celle-ci, l’entraîneur du LAFC suggérait fortement à la MLS de laisser tomber les restrictions géographiques pour les académies de la ligue. 

En somme, si un joueur est né à Portland, il «appartient» aux Timbers. Même chose pour les Québécois avec l’Impact de Montréal. Dans la proposition de Bradley, si un joueur né en Ohio jugeait que l’académie du FC Dallas est mieux outillée pour maximiser son développement, il pourrait s’engager au Texas. 

Berhalter souscrit pleinement à cette idée. D’après lui, cette idée qui créerait automatiquement de la concurrence entre les clubs et forceraient certains à mieux s’occuper de son territoire, son «marché». 

8 - Certes, si la MLS devait décloisonner son système d’académies, plusieurs embûches administratives devraient être gommées. Est-ce que l’Impact pourrait en tirer profit? Est-ce que le virage jeunesse qu’opère Olivier Renard avec l’Impact pourrait séduire un talent de la région de Toronto? 

9 - J’en ai aussi profité pour parler de Federico Higuain avec Berhalter. Quand j’ai mentionné le nom du meneur de jeu argentin qui s’est engagé dernièrement avec DC United, les yeux de ce dernier se sont illuminés. 

Higuain a-t-il encore un peu de soccer en lui? «Assurément! Il a encore beaucoup de ballon (sic) en lui. C’est un des joueurs les plus déterminés que je connaisse. Il est un meneur technique, un meneur par l’exemple. Un gars très cérébral qui est un plaisir à coacher.» 

10 - Avant le match de l’Impact contre la Nouvelle-Angleterre au Stade olympique, j’ai pris quelques minutes avec Charlie Davies, un ancien international américain et analyste des matchs du Revolution à la télévision. Je lui ai demandé de me parler du jeune défenseur Henry Kessler qui a obtenu un premier départ cette journée-là. 

«Il a impressionné au camp. Il est imposant physiquement, une attitude irréprochable. On peut même dire qu’il est plus mature que son âge (21 ans). Les entraîneurs ont aimé sa capacité à trouver avec des passes ses coéquipiers entre les lignes.» 

Je le souligne parce que c’est exactement, presque mot pour mot, ce qu’on me dit à propos de Luis Binks. N’ayez crainte, l’Impact a assurément le meilleur des deux.