Canadiens de Montréal

Dans l’ombre du «Rocket»... vraiment?

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Dans le cœur de beaucoup de partisans des Canadiens de Montréal, jeunes comme vieux, le nom Richard est souvent associé immédiatement au prénom Maurice.  

D’aucuns voient le «Rocket» comme un des plus grands joueurs, voire le plus grand joueur de l’histoire des Canadiens.  

Son frère Henri, décédé vendredi à 84 ans, a joué dans l’ombre de son frère aîné, le premier marqueur de 50 buts de l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH). 

Toutefois, ce serait une erreur de sous-estimer l’importance du «Pocket Rocket» dans le succès du Tricolore lors des années 1950, 1960 et 1970, selon Guy Lafleur. 

«Ils ont beau dire qu’il a joué avec de bons joueurs et de bonnes équipes... Il n’y a un seul joueur qui a gagné 11 coupes Stanley dans l’histoire de la LNH. Ce record ne sera battu», a déclaré Lafleur, en entrevue à l’émission Les Partants sur les ondes de TVA Sports. 

«Henri a toujours joué dans l’ombre de Maurice. Pour lui, c’était une double pression de jouer pour les Canadiens. Mais c’est un gars qui détestait perdre, il haïssait l’adversaire. C’est pour ça qu’Henri a eu autant de succès.» 

Un leader 

Membre du temple de la renommée et capitaine émérite du CH de 1971 à 1975, l’année de sa retraite, Richard a inscrit 358 points et 688 aides pour un total de 1046 points en 1259 matchs dans sa carrière. 

Mais plus que les statistiques, le numéro 16 avait une aura spéciale, aura qu’a sentie Lafleur à son arrivée dans l’organisation en 1971. 

«C’était un peu froid. Henri, ce n’était pas le plus jasant de la gang. Au cours de la première année, je ne jouais pas régulièrement, il m’avait dit : "Si tu veux réussir, arrête d’écouter [l’entraîneur-chef] Scotty Bowman et joue ton propre jeu." C’est là que j’ai commencé à me démarquer.» 

On connaît la suite : «Flower» a connu la plus grande carrière offensive de l’histoire du CH, avec 560 buts et 1353 points en 1126 rencontres. Le numéro 10 n’est pas le seul à avoir bénéficié du leadership de Richard. 

«Quand un gars se pognait le beigne sur la glace, c’était Henri qui allait le voir, ce n’était pas Scotty Bowman.» 

Avec les années, Richard est visiblement devenu un mentor pour Lafleur. Le «Démon blond» a cochambré avec le vétéran. 

«Henri, c’était un ami en plus d’un coéquipier. J’ai toujours éprouvé un grand respect envers cet homme, un homme droit, sincère. C’était un peu comme avoir ton père comme compagnon de chambre», a ri Lafleur, nostalgique.